GABON : Ngoyo Moussavou va-t-il revêtir le manteau de cogneur des Anti-Ali Bongo Ondimba ?

L'ancien patron du quotidien, l'Union, Ngoyo Moussavou, vient d'accorder une longue interview à l'hebdomadaire de l'opposition, l'Aube. Un fait est sûr et certain : son passage au sénat comme président du Groupe PDG l'a rendu sage, mais, pas moins tranchant : il n'est pas différent du journaliste qu'il fut à la direction du quotidien quasi-gouvernemental. Partisan d'Ali Bongo Ondimba (ABO) dont il défend le bilan, à fond, il l'a montré par une certaine forme d'agressivité à l'endroit du journaliste venu l'interviewer, oubliant parfois que ce dernier appartient à l'opposition, et qu'il est loin de penser comme lui.

Si j'étais conseiller d'ABO, je n'hésiterais pas une seconde à lui proposer la collaboration de Ngoyo Moussavou dont l'utilité (parfois nocive) n'est pas à démontrer par les temps qui courent. En effet, on a besoin de temps en temps d'avoir de tels profils dans son camp. Cela rend bien des services. D'autre part, ils ne sont pas très très nombreux, dans le cercle des hiérarques du PDG, à dire du bien d'ABO et de ses dix ans à la tête de l'Etat, en le pensant, réellement, dans leur for intérieur. Ngoyo, lui, est capable de se sacrifier pour son mentor du Palais du Bord de Mer. Sans demander son reste. Pour lui, ABO est la personne qu'il faut à la place indiquée. Son interview le prouve. Morceaux choisis pour montrer l'excellent bilan du président : « Je suis originaire de la Nyanga. Auparavant, il me fallait douze heures, voire plus, pour aller de Libreville à Tchibanga. Aujourd'hui, quand je quitte Libreville à 6 h du matin, j'arrive au village à l'heure du déjeuner ». Ce n'est qu'un des multiples exemples en matière de modernisation des routes à l'intérieur du pays : « On a bitumé près de 900 kilomètres de route. Des centres hospitalo-universitaires (CHU) ont été construits, avec des plateaux techniques dignes d'hôpitaux des pays très avancés, à Owendo, Angondjé. A quoi il faut ajouter le Centre hospitalier-universitaire Mère et Enfant Jeanne Ebori (du nom de la grand-mère paternelle du président), et le Centre hospitalo-universitaire de Libreville (CHUL) dont les bâtiments, datant de l'entre-deux-guerres, ont été, entièrement, rénovés et équipés... ». « Le revenu minimum mensuel qui était de 80.000 F CFA est désormais de 150.000 F CFA pour tous les salariés. La liste est loin d'être exhaustive », soutient l'ancien membre du Mouvement des Rénovateurs du PDG, cornaqué dans les années 90 par ABO avec qui le compagnonnage politique n'a, jamais, été rompu.

Fidèle parmi les plus fidèles d'ABO, Ngoyo Moussavou est outré que les Gabonais aient du mal à percevoir la vision que le chef de l'Etat a du Gabon. Pour y remédier, il souhaite que le président devienne accessible aux Gabonais qu'il ne l'est actuellement : « Un chef de l'Etat, on ne l'enferme pas, on ne l'isole pas, on ne le coupe pas de son peuple. Un chef dans nos traditions doit écouter les bruits du village, tous les bruits du village. Un chef de l'Etat doit être informé en permanence de toutes les critiques, suggestions et autres avis, qui lui permettent de se forger une opinion sur la température réelle du pays et d'initier des politiques en adéquation avec les aspirations des populations ».

« Un chef de l'Etat doit avoir en permanence avec lui la base populaire, qui constitue la majorité des suffrages. Le soutien des élites est à géométrie variable. Dire que les cadres trahissent plus facilement en politique est une lapalissade. Les rapports politiques avec les élites sont toujours marchands. Je suis de ceux qui pensent qu'il faut faciliter la proximité du chef avec les populations dans une osmose totale », recommande l'ancien rénovateur du PDG.

A la question de savoir, comment va ABO, sa capacité à diriger le Gabon, suite à ses problèmes de santé, faisant débat, Ngoyo Moussavou répond de façon tranchée : « Il va bien. Il poursuit de façon satisfaisante sa rééducation. Il remplit chaque jour ses obligations étatiques. Il est bel et bien aux commandes du pays ».

Ngoyo profite de cette question pour remercier, sincèrement, l'épouse du chef de l'Etat, Sylvia Bongo Ondimba, dont le rôle aux côtés du président est, souvent, minimisé, comme si les choses allaient toutes seules alors que, sans elle à ses côtés, le Gabon aurait pu frôler la catastrophe.

En effet, les Gabonais sont contents d'avoir récupéré leur président. Mais, ils ignorent, parfois, que pour le revoir entier et plein de vigueur de cette manière, il a fallu une présence constante et très affective de la première dame à ses côtés. Ngoyo Moussavou a le mérite de le leur rappeler. Et c'est bien ainsi.

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