GAMBIE : Le président Yahya Jammeh accuse l'Occident de soutenir le terrorisme international

L'Occident, c'est l'axe du Mal qui pourrit le monde avec le terrorisme. Clairs, limpides, les propos du président de Gambie, Yahya Jammeh, ne font pas dans la nuance. Dans un discours musclé de deux heures, prononcé, jeudi, 31 mars, il a, en même temps, montré les muscles et bombé le torse, en déclarant la « Gambie zone interdite ». Traduction : « Parce que nous n'avons pas foi au terrorisme. Ils ne viendront pas, ici, car ils savent que nous allons les renvoyer dans leur pays d'origine où ils sont les plus recherchés ». C'est tout, aussi, sans nuance qu'il avait affiché son anti-homosexualité, l'année dernière, et interdit cette race de personnes de fouler le sol de Gambie. Du Yahya tout cru !

Devenue, toujours l'année dernière, un « Etat islamique, la Gambie est le seul pays où se pratique le vrai Islam », confie son président (sur notre photo brandissant le coran en décembre 2015 après avoir proclamé la Gambie, Etat islamique). Et pour cause : « La Gambie est une république islamique et un projet de loi sera bientôt déposé devant l'Assemblée nationale pour commencer le processus de son application. Mais, cette déclaration ne signifie pas que les autres religions seront supprimées car il n'y a pas de contrainte en religion tel qu'il est indiqué dans le Saint Coran. Cependant, pour nous musulmans, nous serons gouvernés par la loi éclairée par la « charia », basée sur le Coran, a t-il souligné.

Cela dit, l'Etat islamique (version la Gambie de Yahya Jammeh) est, radicalement, différent des coupeurs de têtes de l'Etat islamique tel que pratiqué en Syrie, en Irak et en Libye. En Gambie, l'Etat islamique se veut comme un lieu où les musulmans adorent Allah comme le seul véritable Dieu et les chrétiens, ainsi que, les autres communautés religieuses, sont, également, libres de pratiquer leur religion comme ils l'entendent.

« Nous ne dirons pas aux chrétiens de ne pas aller à l'église puisque cela ne nous regarde pas, mais, nous nous attendons à ce que tous les Gambiens respectent notre religion comme l'Islam et le fait que nous n'adorons qu'un seul Dieu. Nous n'interdisons pas les autres religions puisque l'islam est tolérant et la religion est une affaire privée », a-t-il affirmé.

Ce sont des paroles de bon sens qui sont étonnantes, venant de la bouche du président, Yahya Jammeh, généralement, dépeint comme un petit dictateur, qui fait la pluie et le beau temps, dans son pays. Et si c'étaient les Occidentaux qui cherchaient à noircir, volontairement, son tableau ? Peut-être vrai, peut-être faux ! Toujours est-il que c'est à Yahya Jammeh de se défendre comme il sait, d'ailleurs, le faire. La preuve : bientôt 22 ans au pouvoir, ce qui, forcément, n'est pas quelque chose qu'on encourage. La règle (non écrite) est, désormais, de deux mandats. Certains annoncent même en faire un seul. Exemple : Patrice Talon, nouvellement, élu, au Bénin, voudrait faire un seul mandat de 5 ans. Il va inscrire cette modification dans la constitution.

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