GIGA-MEETING D'ABIDJAN : Henri Konan Bédié appelle le SG de l'ONU Antonio Guterres à s'auto-saisir du dossier ivoirien

Le giga-meeting du 10 octobre d'Abidjan a connu un succès éclatant. Au point où les participants qui venaient de l'intérieur du pays et qui ont été bloqués dans les faubourgs d'Abidjan pour réduire le nombre de participants au meeting (les organisateurs voulaient atteindre le million de personnes), étaient aussi nombreux que ceux qui avaient rempli le stade (gradins et gazon) ainsi que les alentours du stade. Au lieu d'accompagner cette vague, les responsables des forces de défense et de sécurité ont plutôt demandé à leurs troupes de stopper les militants de l'opposition par la force et parfois par le mensonge : en prétextant par exemple que le stade était déjà archi-plein, alors que ses abords étaient aménagés pour contenir plus de 500.000 personnes.

Comme un seul homme, tous les leaders de l'opposition ont décidé de s'unir pour obtenir le départ d'Alassane Ouattara et l'organisation d'une élection présidentielle transparente et inclusive. Après avoir effectué ses deux mandats, l'opposition refuse catégoriquement que Ouattara se présente pour un troisième mandat. Si tel est le cas, elle soutient qu'il n'y aura pas d'élection en Côte d'Ivoire. Devant la tribune, chaque leader y est allé de son commentaire. D'abord, le doyen de tous, le président, Henri Konan Bédié, a demandé que le secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, puisse s'auto-saisir du dossier ivoirien. Le PDCI demande qu'un médiateur puisse être désigné pour s'occuper du problème ivoirien.

Marcel Amon Tanoh : ancien directeur de cabinet du président Alassane Ouattara et ancien ministre des Affaires étrangères (démissionnaire pour se porter candidat à la présidentielle). Il a dit :
« De 2011 à 2019, j'ai été celui qui a effectué les va et vient entre Alassane Ouattara et le président Bédié. Je sais de qui vient le problème. Celui qui n'a pas tenu ses engagements, je le connais. Le temps de parler viendra. Aujourd'hui, on est là pour dire que le 3e mandat est anticonstitutionnel. Il nous a dit en 2016 que cette constitution ne lui permettait pas de se représenter pour un 3e mandat. Pour l'avoir côtoyé de très près, je puis dire que Ouattara a peur de cette Côte d'Ivoire que nous représentons, qui est plurielle, et qui, aujourd'hui, appelle à la désobéissance civile.
Aucun Ivoirien ne ferait à d'autres Ivoiriens ce que Ouattara nous fait. A l'heure où je vous parle, une centaine de cars remplis de militants partis d'Aboisso, qui venaient participer au giga-meeting sont actuellement bloqués par la police à l'entrée d'Abidjan. Mais, nous ne reculerons plus devant rien. Nous en avons marre. Dites lui de libérer notre pays et de nous le rendre ».

Mamadou Koulibaly, ancien ministre de l'Economie et des Finances, ancien président de l'Assemblée nationale (sous Laurent Gbagbo) et fondateur du parti Lider.
« Qd Ouattara est devenu le président de la République, il s'est mis à diviser tous les partis politiques. C'est son art, diviser pour régner. Aujourd'hui, il veut diviser le peuple ivoirien. Il a instauré de nouvelles règles anticonstitutionnelles pour nous diviser. Heureusement que le président Bédié, le président Affi N'Guessan ont accepté de refuser cette division en se retirant du processus électoral. Un peuple uni jamais il ne sera vaincu ».

Danièle Boni-Claverie, ancienne ministre de la Communication (sous Henri Konan Bédié) et fondatrice du parti l'Union républicaine pour la démocratie.
« Vous avez bravé la dictature, les microbes. Nous sommes satisfaits de cette mobilisation qui montre qu'il y a un peuple en Côte d'Ivoire qui a décidé de se faire entendre face à un régime autoritaire. Nous disons Non au bracage électoral de Dramane Ouattara. Je demande aux femmes de se faire entendre tout de suite, de crier fort, de dire Non. Nous sommes fatigués de Ouattara. Gbagbo doit rentrer en Côte d'Ivoire. L'exil est interdit par notre constitution. Le temps des présidents à vie en Afrique est révolu. Il appartient au peuple souverain de prendre son destin en main. C'est pourquoi nous disons que le 31 octobre doit être annulé. Les élections n'auront pas lieu. Ouattara doit retirer sa candidature. Le 1er novembre, nous ouvrirons une transition démocratique. Tant que toutes les données ne seront pas réunies, il n'y aura pas d'élection ».

Le SG du Cojep Patrice Saraka
« Chrles Blé Goudé me charge de saluer votre mobilisation exceptionnelle. Votre discipline malgré les agressions. Charles Blé Goudé salue l'opposition ivoirienne qui montre un très beau visage. Le changement c'est ici et maintenant. La Côte d'Ivoire sous Ouattara ce n'est pas la Côte d'Ivoire que nous avions connue. La Côte d'Ivoire qui ne regardait pas l'ethnie ni la religion, mais une Côte d'Ivoire qui recevait tous les enfants. Charles Blé Goudé pense que cette gouvernance de la terreur, de l'oppression, des agressions, nous allons la changer. La volonté d'opposer les Ivoiriens et les ethnies. Nous allons mettre fin à cela. Nous sommes ici pour dire Non au 3e mandat. Nous sommes là parce que nous avons besoin de Laurent Gbagbo. Nous sommes là parce que nous avons besoin de Charles Blé Goudé. Nous sommes là parce que nous avons besoin de Soro Guillaume. Nous sommes là parce que nous avons besoin de tous les exilés. Mobilisez vous parce que le président Bédié aura besoin de vous. Mobilisez vous parce que le président Gbagbo aura besoin de vous ».

Albert Mabri Toikeusse, ancien ministre de l'Enseignement supérieur et président de l'UDPCI :
« Nous sommes venus dire à Ouattara que nos problèmes se règlent dans le dialogue. Ce pays est le nôtre, celui de nos enfants, de nos petits enfants. Nous devons montrer à Ouattara qu'il n'est pas indispensable ».

Pascal Affi N'Guessan, ancien premier ministre, Président du FPI :
« Nous sommes là. Nous sommes tous là. Car Ouattara a dépassé les bornes. Les bornes du mensonge, de la division, de la manipulation des institutions, de la violation des droits de l'homme, des textes fondamentaux, de l'ingratitude. C'est pourquoi vous êtes là. C'est parce que Ouattara a divisé la Côte d'Ivoire. C'est parce que nous devons rassembler, reconstruire la Côte d'Ivoire que nous sommes là ».

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