ITALIE : Vers la naturalisation de tous les collégiens otages du bus scolaire incendié (décision du gouvernement)

A quelque chose malheur est bon. Le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini (extrême droite), annonce que tous les étrangers parmi les collégiens pris en otage par leur chauffeur près de Milan, seront naturalisés. Il met, ainsi, fin à une semaine de vive polémique. Si l'acte, en lui-même, est condamnable et abominable, le problème de son mobile reste une question de fond. Et sur ce plan, le gouvernement italien a pris, ces dernières semaines, des positions courageuses, notamment, sur le rôle néfaste du F CFA (monnaie française utilisée dans 14 pays africains de l'Ouest et du Centre) en Afrique, positions qui ont été reprises dans les nombreux milieux anti-F CFA qui pullulent, désormais, en Afrique et au sein des diasporas africaines.

Le 20 mars, un chauffeur italien d'origine sénégalaise voulant protester contre les migrants morts en Méditerranée a barricadé et attaché la cinquantaine d'enfants et aspergé le bus d'essence. Il y a, ensuite, mis le feu juste au moment où les carabiniers parvenaient à faire sortir tout le monde.

"S'il y a des enfants qui ne sont pas italiens, nous avons examiné et nous sommes en train d'achever la procédure pour qu'ils puissent le devenir", a déclaré le ministre italien de l'Intérieur, Salvini, après avoir reçu cinq collégiens et 11 des carabiniers qui les ont sauvés.

Mais cela se fera "sans modifier en rien la loi", a-t-il précisé, alors que de nombreuses voix à gauche avaient tenté de relancer le débat sur l'introduction d'une part de droit du sol en Italie.

Selon M. Salvini, "99% des Italiens pensent que la loi fonctionne très bien en l'état, il n'y a pas de débat".

Les enfants étrangers nés sur le sol italien et scolarisés sans interruption en Italie doivent attendre d'avoir 18 ans pour demander à devenir italiens.

C'était le cas de Ramy, Egyptien de 14 ans, et Adam, Marocain de 13 ans, qui ont sauvé leurs camarades en parvenant à prévenir les secours malgré les menaces du chauffeur.

Dénonçant une "utilisation politique de ces enfants", M. Salvini les a reçus en même temps que trois de leurs camarades : Aurora, qui a "maintenu le calme", Fabio, qui a cherché à "dissuader et tranquilliser le terroriste" et Nicolo, "qui s'est proposé comme otage", selon le ministère.

"Il y a ceux qui ont téléphoné en cachette dans le fond, en général, ceux qui sont dans le fond sont les plus roublards (...), mais un jeune de 13 ans, qui voit ses copains en panique, qui pleuraient et qui priaient, et qui a dit à ce criminel qui conduisait +si tu as besoin d'un otage, prends-moi+ (...). Chapeau !", a salué le ministre.

"Et c'est un jeune Italien, donc je ne peux même pas lui donner la nationalité italienne une deuxième fois", a-t-il plaisanté.

Salvini a remis une médaille aux cinq enfants et les a accompagnés le temps d'une balade dans Rome et au centre de coordination des pompiers et de la police.

Cela dit, la question de fond demeure : pourquoi ne s'attaque-t-on pas au problème de l'exploitation des pays africains concernés, exploitation qui jette dans les routes de l'exil, des milliers d'Africains ? Et c'est à ce niveau que le débat en Afrique de l'abandon du F CFA, monnaie coloniale par excellence, imposée par la France à des pays moyennement indépendants, se pose, car les peuples africains qui ont compris son rôle néfaste dans le fonctionnement de leurs économies, ne le veulent plus. Mais, encore faudrait-il que les présidents en place (souvent qualifiés de préfets de la France) considèrent leurs avis.

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