LEGISLATIVES ET MUNICIPALES AU CAMEROUN : Plus de peur que de mal

Les élections législatives et municipales se sont déroulées, dimanche, 9 février, au Cameroun, sur l'ensemble du territoire national. Contrairement aux appréhensions, tout s'est, globalement, bien passé et ce lundi, 10 février, veille de la fête de la jeunesse, la journée a été décrétée fériée chômée et payée dans les dix provinces du Cameroun. On peut dire que c'est la victoire de la paix et de la responsabilité pour tous les Camerounais qui ne souhaitaient pas que leur pays sombre dans des lendemains incertains suite à des menaces de boycott.

Si certains candidats (de l'opposition et du pouvoir) crient, déjà, victoire, en attendant l'officialisation par Elecam (Elections du Cameroun) des résultats y compris ceux de l'abstention, c'est un Ouf de soulagement que les Camerounais poussent ce lundi matin car certains observateurs s'attendaient au pire. La manière dont la situation socio-politique, notamment, dans l'Extrême-Nord et les provinces anglophones du NOSO, est, parfois, décrite à l'international, ne poussait pas à l'optimisme. Pour beaucoup, le Cameroun, ce 10 février, allait se réveiller, pratiquement, en état de guerre, avec des urnes et des bureaux de vote saccagés, sinon, brûlés, la veille, dans les zones de conflit où on devait compter de nombreux morts parmi des Camerounais ayant décidé contre l'avis des Ambazoniens d'effectuer leur devoir de citoyen, en allant voter. Mais, rien de tout cela n'est arrivé. Plus de peur que de mal. Comme dirait le professeur, Augustin Kontchou, on a enregistré « zéro mort » et « zéro blessé » pendant ces élections. On peut même dire que les élections ont été tenues comme si le Cameroun n'était pas ce pays qui, dit-on, est en "profonde" crise. Les « petits partis », comme Paul Biya, au sortir du bureau de vote, les a qualifiés, dimanche, pour avoir vendu l'idée du boycott de ces élections au Cameroun et à l'international, ne vont pas se réjouir qu'aucun incident (sérieux) ne se soit produit, même pas, dans le NOSO où ils prédisaient la sécession qu'entérineraient ces élections (sur notre photo Chantal et Paul Biya votent à l'école bilingue de Bastos dimanche 9 février).

Désormais, le Cameroun va s'atteler, sereinement, à la préparation du CHAN prévu, en avril, dans les villes de Yaoundé, Douala, et surtout, Limbe, une ville du Sud-Ouest anglophone où on annonçait des pleurs et grincements de dents post-électoraux. Ce CHAN sera un avant-goût de la grande CAN de janvier et février 2021, qui elle, se tiendra, à Garoua (Nord), Yaoundé (Centre), Douala (Littoral), Bafoussam (Ouest) et Limbe (Sud-Ouest).

Bien qu'il ne soit pas très aimé dans l'opposition, le ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, avait pourtant prévenu, que les élections se dérouleraient dans l'ordre et la discipline sur tout le territoire, notamment, dans les provinces du Nord et du Sud-Ouest dont il est, lui-même, issu. Il a eu raison. Le dispositif sécuritaire (BIR, gendarmerie, police) était, tellement, dissuasif qu'aucun Ambazonien ne s'est aventuré pour troubler les élections. En dehors de quelques coups de feu tirés à la sauvette dans le but d'effrayer les électeurs.

Maintenant, les 360 communes du Cameroun vont bientôt élire, démocratiquement, leurs conseils municipaux ainsi que leurs maires, et se mettre, rapidement, au travail. C'est le mal qu'on leur souhaite.

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