LIBYE : Alors que le pays s'enfonce dans la crise, l'Occident responsable de ce chaos est fortement interpellé

Afrique Education (version papier et site quotidien) a, à plusieurs reprises, tiré la sonnette d'alarme sur la Libye. Si l'affaire de l'esclavage des Négro-Africains, dans ce pays, a ému la terre entière (situation que les Négro-Mauritaniens sous la présidence du distingué général, Mohamed Ould Abdel Aziz, vivent tous les jours que Dieu fait), la Libye, jadis terre de paix et de prospérité sous la direction du Frère Guide Kadhadi, est devenue, aujourd'hui, à cause de l'action néfaste de l'ancien président français, Nicolas Sarkozy, et de l'OTAN, un nid de djihadistes qui fuient la Syrie et l'Irak, qui à pied, qui en avion, qui en voiture, qui en chameau, etc. Hier, pays que voulait visiter tout dirigeant africain, la Libye représente, actuellement, un caillou dans la chaussure de l'Occident. Et ce n'est pas demain la veille que la stabilité reviendra dans ce pays que les Africains considéraient (avec raison) comme un modèle à suivre dans beaucoup de domaines.

Question à 1 F CFA : que fait Nicolas Sarkozy (sur notre photo en train de recevoir Kadhafi en grande pompe à l'Elysée en décembre 2007. Trois ans après, c'est une pluie de bombes qu'il déversait sur la Libye) pendant cette fin d'année 2017 ? Réponse : Il n'a aucun égard à l'endroit de la Libye qu'il a, totalement, entièrement, détruite. Conséquence, c'est un non-pays qui donne du fil à retordre à son successeur à l'Elysée, car au nom de la continuité de l'Etat, il doit bien réparer ce qu'il avait, activement, et sans raison valable, contribué à détruire.

Deuxième question : Pourquoi la CPI (Cour pénale internationale) s'intéresse, uniquement, à l'extradition du Fils du Frère Guide (Saïd al Islam) et non au guerrier de l'Elysée (2007-2012) par lequel tout ce malheur est arrivé ? Réponse : Parce que la CPI pratique une justice de deux poids deux mesures ! Voilà pourquoi l'Union africaine a demandé aux pays africains qui en sont membres de ne plus la reconnaître.

A mesure que les Nations-Unies (qui ont hérité de ce dossier) annoncent avoir trouvé la solution à travers l'organisation des élections en 2018, le pays, lui, répond à un autre instinct, celui de la descente aux enfers. Car la Libye reste engluée dans une interminable crise de transition sans solution crédible en vue, en dépit de la signature, il y a deux ans, d'un accord politique censé mettre fin au chaos et aux profondes divisions entre camps rivaux.

Dernier témoignage en date de ce chaos persistant, l'enlèvement et le meurtre, dimanche, 17 décembre, de Mohamad Esthewi, le maire de Misrata, troisième ville de Libye.

Parallèlement, cette crise continue d'alimenter le drame de centaines de milliers de migrants, qui vivent pour beaucoup, un enfer aux portes de l'Europe.

En décembre 2015, la signature d'un accord à Skhirat (Maroc), sous l'égide de l'ONU, avait, pourtant, débouché sur la formation d'un gouvernement d'union nationale (GNA) et ravivé l'espoir d'un retour progressif à la stabilité.

Mais, selon des experts, cet accord, dont les tentatives d'amendement ont, toutes, échoué, a, au contraire, renforcé les divisions.

Depuis son installation à Tripoli, en mars 2016, le GNA n'a, jamais, fait l'unanimité, et il ne parvient, toujours pas, à asseoir son autorité sur des pans entiers du pays qui reste sous la coupe de dizaines de milices.
Sa légitimité a été contestée d'emblée par ses rivaux, arguant qu'il avait pris ses fonctions sans obtenir la confiance du Parlement élu en 2014 --basé dans l'Est (Tobrouk)--, comme le prévoyait l'Accord de Skhirat.
Le GNA dirigé par Fayez al-Sarraj fait, ainsi, face à l'hostilité persistante de cette assemblée et d'un gouvernement parallèle appuyés par les forces du maréchal controversé, Khalifa Haftar, également, installé dans l'Est libyen (Al-Bayda).

Et la position de ce "gouvernement d'union" risque d'être encore davantage fragilisé avec l'expiration de son mandat, le 17 décembre. L'accord de Skhirat prévoyait, en effet, la formation de cet exécutif pour un mandat d'un an renouvelable une seule fois.

Cette semaine, le maréchal Haftar a estimé que cette date du 17 décembre marquait "un tournant historique et dangereux" avec "l'expiration de l'accord politique libyen".
"Tous les corps issus de cet accord perdent automatiquement leur légitimité", a-t-il argué.

En réalité, la fin du mandat du GNA ne change pas grand-chose car le GNA n'a jamais été un vrai acteur politique en Libye.
Le maréchal Haftar voulait-il profiter de la fin du mandat du GNA pour tenter un coup de force ?

La communauté internationale l'en a dissuadé.

Le maréchal Haftar l'a d'ailleurs lui-même suggéré dimanche en affirmant avoir été "menacé de mesures internationales fermes" s'il osait prendre des initiatives hors du cadre mis en place par la communauté internationale et l'ONU.

Aux Nations-Unies, le Conseil de sécurité a, de son côté, indiqué que l'Accord de Skhirat demeurait pour lui "le seul cadre viable pour mettre fin à la crise politique en Libye", dans l'attente d'élections prévues en 2018.

Le nouvel envoyé spécial de l'ONU, le Libanais, Ghassan Salamé, œuvre pour la tenue des élections en 2018, conformément, au plan d'action qu'il a présenté, en septembre, à New York. Le scrutin est "la meilleure solution pour départager les (groupes) rivaux", a-t-il dit récemment.

Des analystes se disent, néanmoins, sceptiques sur le succès de ces élections. Elles risquent d'aggraver les divisions entre (camps) rivaux. Sans une amélioration de la relation entre Haftar et l'Ouest, en particulier, Misrata (qui vient de perdre son maire par assassinat), il sera difficile de tenir des élections crédibles.

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