LIBYE : Echec du Sommet sur la Libye à Brazzaville à cause de l'absence du maréchal Haftar

Faisons vite le décompte : l'un des deux protagonistes du conflit libyen, le maréchal Haftar, a, une nouvelle fois, répondu absent au Sommet de Brazzaville. C'est la deuxième fois qu'il se comporte de la sorte devant Sassou-Nguesso. Une fois de plus, le premier ministre, al-Sarraj, s'est retrouvé seul, face aux présidents d'Afrique du Sud, Jacob Zuma, et du Niger, Mahamadou Issoufou, et du représentant des Nations-Unies en Libye. La montagne a donc accouché d'une souris. Aucune solution de paix n'est viable en Libye sans l'accord du maréchal Haftar. Absent au Sommet de Brazzaville.

Pour sauver la face, le dictateur a proposé l'organisation d'un autre Sommet sur la Libye, cette fois-ci, à Addis Abeba, siège des institutions de l'UA, en décembre prochain. Peut-être qu'en terrain neutre, Haftar aura-t-il plus de bienveillance.

Autre signe de dédain à l'endroit du président congolais pas inutile à signaler : un seul pays a envoyé son chef de la diplomatie à ce Sommet. Il s'agit de la Tunisie. L'Egypte, elle, s'est contentée d'y expédier son sous-ministre des Affaires étrangères. Ce dernier s'est beaucoup plus intéressé au Mémorial Savorgnan De Brazza qu'au Sommet pour lequel il était supposé être à Brazzaville. Bref, pas grand-chose au niveau de la représentativité. En réalité, pouvait-on espérer mieux avec l'absence (connue d'avance) du super-puissant maréchal Haftar ? Commencé en fin de matinée, le Sommet lui-même a pris fin en début d'après-midi, après quelques deux petites heures de salamalecs. On a besoin de dire : tout ça pour ça ?

Zuma et Issoufou ne sont venus que pour changer d'air, et pas parce qu'ils attendaient quelque chose de consistant du Sommet de Brazzaville. Déjà que les Français avaient réussi à réunir les deux principaux protagonistes (al-Sarraj et Haftar), à Versailles, le 25 juillet dernier, en oubliant (respectueusement) d'y inviter le président (congolais) du Haut Comité de l'Union africaine pour la Libye (voir la photo prise par Macron à cette occasion avec les deux belligérants que rêvait aussi de prendre le dictateur de Brazzaville). On commence à se demander, sérieusement, si le mieux ne serait-il pas que Moussa Faki Mahamat, le président (tchadien) de la Commission de l'Union africaine retire purement et simplement la présidence du Haut Comité de l'Union africaine sur la Libye au président congolais afin qu'elle soit confiée à un Etat voisin de la Libye, à savoir, l'Egypte ou l'Algérie par exemple ?

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