LIBYE : L'ONU cherche son 7e envoyé spécial en Libye (en 9 ans) après la démission de Ghassan Salamé

Cela a été très facile de détruire la Libye en 2011 et d'assassiner son dirigeant, le colonel, Mu'ammar al Kadhafi, parce qu'on voulait, nous dit-on, y installer la démocratie (occidentale). Aujourd'hui, les assassins du colonel et destructeurs de cet Etat jadis très riche et très prospère, peinent à le remettre sur les rails. Comme quoi, si la CPI (Cour pénale internationale) faisait un travail impartial et digne d'intérêt, elle aurait beaucoup à faire dans ce dossier. Côté occidental bien sûr !

Antonio Guterres, le patron des Nations-Unies, devra s'atteler à trouver l'homme qu'il faut pour la Libye, après la démission-surprise de son envoyé spécial. En effet, le Libanais, Ghassan Salamé, a indiqué, lundi, 2 mars, sur Twitter, qu'il démissionnait pour des raisons de santé. Un motif classique, imparable, qui permet d'éviter toute pression à son endroit venant de qui que ce soit, pour qu'il reste à son poste.

"Pendant plus de deux ans, j'ai cherché à réunir les Libyens, à freiner l'ingérence étrangère et à préserver l'unité du pays. Je reconnais que ma santé ne me permet plus ce niveau de stress. J'ai donc demandé au secrétaire général de me libérer de mes fonctions, en espérant que la Libye jouira de la paix et de la stabilité", a tweeté M. Salamé.

Depuis deux mois, Ghassan Salamé dirigeait les négociations entamées à Genève en vue d'un cessez-le-feu durable entre les forces fidèles au gouvernement d'entente nationale, reconnu par la communauté internationale, et l'Armée nationale libyenne du maréchal, Khalifa Haftar, qui tient l'Est du pays et cherche à s'emparer de Tripoli depuis le printemps dernier. Sans succès pour le moment. Le problème rencontré par Salamé est le double langage des puissances qui interviennent en Libye. D'un côté, elles disent soutenir son action. Mais, de l'autre, elles apportent l'appui nécessaire au désordre du maréchal Khalifa Haftar. Cela complique la donne quand un pays fait ce double-jeu alors qu'il est aussi membre permanent du Conseil de sécurité.

Ghassan Salamé avait remplacé le diplomate allemand, Martin Kobler, à la mi-2017, en tant que représentant spécial du secrétaire général des Nations-Unies en Libye et chef de la Mission de soutien des Nations-Unies en Libye.

Depuis lors, il s'était efforcé d'amener les différentes parties libyennes à la table des négociations et de trouver une solution politique à la crise libyenne.

La Libye connaît une escalade de la violence et de l'instabilité politique depuis la chute du régime du défunt leader Mu'ammar al Kadhafi en 2011. Pour une raison toute simple : ceux en Occidentaux qui l'ont fait tomber, se montrent, aujourd'hui, totalement incapables, pas du tout à la hauteur, pour y ramener un semblant de paix. Certains ne sont d'ailleurs plus en poste mais, au nom de la continuité de l'Etat, leurs successeurs doivent corriger leurs basses besognes. Mais, force est de constater qu'ils n'y parviennent pas. Comme quoi, détruire c'est facile. Construire ou reconstruire est un casse-tête.

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