LIBYE : Qui s'occupe du « Dossier libyen » : l'Egypte ou le Congo-Brazzaville ?

Le chef de la diplomatie égyptienne, Sameh Choukri (notre photo avec ses homologues de la sous-région), a indiqué, samedi, 21 janvier, que son pays œuvrait pour "une solution politique" en Libye voisine, à l'issue de rencontres avec les principaux dirigeants des institutions libyennes se disputant le pouvoir.

M. Choukri s'exprimait à l'ouverture, au Caire, d'une nouvelle réunion diplomatique des pays voisins de la Libye, plongée dans le chaos et déchirée par les rivalités opposant ses différentes milices et tribus depuis la chute en 2011 de Mu'ammar al Kadhafi.

Deux autorités politiques se disputent le pouvoir : d'un côté, le Gouvernement d'union nationale (GNA) basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale, de l'autre, une autorité rivale qui contrôle une grande partie de l'Est libyen et s'appuie sur le parlement élu de Tobrouk.

Ce parlement a apporté son soutien à l'Armée nationale libyenne (ANL), auto-proclamée par le maréchal (général pour certains), Khalifa Haftar, qui conteste le GNA, mais, est soutenu par plusieurs pays arabes, comme l'Egypte, les Emirats arabes-unis ou, encore, la Jordanie.

Les autorités égyptiennes ont, récemment, reçu les représentants de ces autorités rivales : le chef du Gouvernement d'union nationale, Fayez al-Sarraj, le président du parlement de Tobrouk, Aguila Saleh, ainsi que, le maréchal, Khalifa Haftar.

Le Caire cherche à trouver "un terrain d'entente, des positions de consensus, qui permettent de dépasser le tournant actuel dans la crise libyenne", a souligné M. Choukri.
"Une solution politique est la seule voie pour résoudre la crise en Libye", a précisé le ministre des Affaires étrangères égyptien, en présence, notamment, de ses homologues d'Algérie, de Tunisie de Libye et du Niger, mais aussi, de l'envoyé spécial de l'ONU pour la Libye, Martin Kobler.

Le responsable égyptien a réitéré son refus de "toute ingérence étrangère dans les affaires libyennes".

Sur le terrain en Libye, deux forces militaires principales se distinguent, chacune liée aux autorités politiques rivales : les groupes armés de Misrata, dans l'Ouest, qui formaient l'essentiel des forces ayant chassé le groupe Etat islamique (EI) de Syrte au nom du GNA. Et l'Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar, qui mène, depuis plus de deux ans, des combats contre les groupes djihadistes dans la partie orientale du pays, notamment, à Benghazi.

Mais, les alliances politico-militaires peuvent être très fluctuantes dans ce pays riche en hydrocarbures.
"Malgré les victoires remportées récemment dans la lutte contre le terrorisme, à Benghazi ou encore à Syrte, le terrorisme ne sera éradiqué de manière définitive en Libye qu'avec une solution politique", a averti M. Choukri.

C'est dans ce remue-ménage politico-diplomatique que le Congo-Brazzaville a, de son côté, annoncé, il y a quelques jours, par le canal de son chef de la diplomatie, Jean-Claude Gakosso, la tenue d'un Sommet sur la Libye, le 25 janvier, à Brazzaville. Résultat, la Libye dispose aujourd'hui de deux réconciliateurs pour le compte de l'Afrique : lequel sera de trop ?

Les plus populaires