LIMOGEAGE DU « GABONAIS » LACCRUCHE FARGEON : Les langues commencent à se délier sur son pillage des biens de l'Etat

« Je les tiens tous, j'ai leurs dossiers... Julien Nkoghe Bekale a détourné des milliards quand il était au pétrole, Ali Onanga a piqué l'argent de la Banque islamique de développement, Anicet Mboumbou Miyakou avait volé l'argent à Gabon Télécom. Pacôme Moubelet, Régis Immongault et Bilié-By-Nzé traînent d'énormes casseroles. Quant à Mborantsuo, elle est plongée jusqu'au cou dans l'histoire du marché sans appel d'offres offert à son beau-frère pour la construction du siège de la Cour constitutionnelle... Ce sont tous des voleurs ». Voilà comment Brice Laccruche Alihanga, l'ancien directeur de cabinet du président, Ali Bongo Ondimba (ABO), pensait tenir en respect, certains collaborateurs stratégiques du chef de l'Etat. Au même moment, il organisait un pillage systématique des deniers de l'Etat. Les enquêtes diligentées depuis son limogeage, le 7 novembre, commencent à donner une idée de l'ampleur des dégâts.

Les Gabonais devraient (quand même) remercier leur président et se rendre compte que malgré tout ce que certains disent de lui, généralement en termes d'insultes, il tient, encore, bien, la Barque Gabon. Car qui eut crû que, dans son état actuel, il aurait eu la force nécessaire pour limoger, aussi brutalement, son tout puissant directeur de Cabinet ? Ce dernier était devenu la terreur de tout un pays, et, au fil des mois, avait fini par prendre l'ascendant sur lui-même, le président de la République, au point de devenir calife à la place du calife ? La tournée républicaine de Laccruche, dans les provinces, a montré même aux Gabonais myopes, que celle-ci n'était pas à l'avantage du chef de l'Etat, comme on voulait le lui faire croire (notre photo).

Heureusement que le président a très vite compris ce qui se tramait. Non seulement, Laccruche Alihanga a été mis hors-jeu, en un temps trois mouvements, mais, pire, il va encore dégringoler, sa place actuelle de ministre, empêchant les enquêteurs et autres vérificateurs de comptes publics, de correctement faire leur travail.

ABO doit bien se rendre compte, aujourd'hui, que quand on est président de la République du Gabon, on est un homme seul. Les entourages présidentiels ne travaillent pas, forcément, pour l'intérêt des Gabonais.

Sans être « Madame Soleil », sa réélection en 2023 va se jouer dans la façon dont il va gérer, sous les yeux des Gabonais, les multiples scandales financiers de son ancien directeur de cabinet. L'opposition, qui emmagasine les arguments dans ce domaine, est à l'affût.

Après les interpellations de l’ancien directeur général de la CNAMGS, Renaud Allogho Akoue, et de la Société équatoriale des mines, Ismael Ondias Souna, les directeurs généraux-adjoints de Gabon Oil Marketing, Jeremy Ayong, et de Gabon Oil Company, Léandre Anoue Kiki, sont, aussi, sous les verrous. Ce n'est qu'un petit début du commencement car le vers est profondément dans le fruit. D'autres interpellations vont suivre.

Ceux des Gabonais, qui ne donnaient plus crédit à ABO d'être, encore, à la hauteur des enjeux, vont-ils réviser leur position ? La balle est, incontestablement, dans le camp du président de la République. Il faut qu'il prouve, par des actes forts, qu'il n'a pas été réélu en 2016 pour couvrir les pilleurs des caisses de l'Etat du Gabon. Au contraire, qu'il est là pour les traquer. Le chiffre de 500 milliards de F CFA (un milliard de dollars) est avancé dans certains milieux pour évaluer les détournements de fonds de l'ère Laccruche, et ce en deux ans seulement. Comme quoi, ABO n'avait pas un enfant de choeur à ses côtés. On peut se poser la question de savoir si le Gabon est, finalement, un pays maudit ?

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