MALI : La ligne dure de Ouattara (le fourbe) contre le CNSP contestée et refusée par ses pairs de la CEDEAO

Alassane Ouattara est désormais « surveillé » par ses homologues de la CEDEAO, qui refusent son jusqu'au boutisme au Mali. Ils ont fini par comprendre que sa position au Mali était définie par rapport aux questions de politique intérieure en Côte d'Ivoire. Ses propositions ne passent donc plus comme une lettre à la poste. Il commence même à être vertement combattu.

Lors du Sommet du jeudi, 20 août, organisé en visioconférence, il a prêché pour un embargo pur et dur au Mali, avec le blocus total des frontières, l'absence de tout ravitaillement et la mise en état d'alerte de la force d'intervention rapide de la CEDEAO. Objectif : (re)installer IBK (Ibrahim Boubacar Keïta) à la tête du Mali alors que sa chute est saluée jusqu'à l'intérieur des mosquées et des casernes.

Mais, contrairement, à il y a peu de temps encore, Ouattara ne manipule plus la CEDEAO comme il veut. Il se trouve, maintenant, des chefs d'Etat qui contrecarrent ses positions. D'abord, le président du Sénégal, Macky Sall, (qui se souvient que Ouattara lui avait dit à lui et à Jean-Yves Le Drian en marge des obsèques officielles d'Amadou Gon Coulibaly, à Abidjan, mi-juillet, qu'il ne briguerait pas un 3e mandat avant de changer d'avis quelques jours plus tard) a refusé la position radicale du président de Côte d'Ivoire. Il a demandé et obtenu l'exclusion des produits de première nécessite de l'embargo (produits pétroliers, médicaments, alimentation, etc). Il a réussi aussi à faire admettre un couloir humanitaire pour ne pas asphyxier les populations maliennes les plus vulnérables. Ouattara a encaissé là son premier échec.

Cela dit, Macky Sall n'a pas agi seul pour faire reculer Ouattara. Le nouveau président de Guinée Bissau, le général, Umaru Cissoko Emballo, a, carrément, mis les pieds dans le plat en faisant comprendre à Alassane Ouattara (mais aussi à Alpha Condé qui brigue aussi un 3e mandat anticonstitutionnel) qu'ils ne peuvent pas condamner le coup d'état du CNSP au moment où eux-mêmes organisent, en ce moment, un coup d'état contre la constitution de leur pays, en cherchant à s'octroyer un 3e mandat. Après avoir lâché cette bombe, il y eut un silence dans la salle. Ouattara a compris qu'il avait perdu la partie. Car il faut ajouter qu'avant ce Sommet, il s'était partagé le travail avec Alpha Condé. Membre de l'Internationale socialiste, ce dernier était censé convaincre les chefs d'Etat de sa mouvance idéologique, à savoir, le Nigérien et président en exercice de la CEDEAO, Mahamadou Issoufou, le Burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré, et le Nigérian, Muhammadu Buhari.

Membre de l'Internationale libérale, Alassane Ouattara s'était chargé, lui, de « travailler au corps » le Ghanéen, Nana Akufo-Addo, le Sénégal, Macky Sall et le Togolais, Faure Gnassingbé. Les deux candidats à un 3e mandat espéraient qu'en cas de vote, ils remporteraient la partie car ils auront au préalable réussi à faire imposer leur ligne dure. Mais, ils ne s'attendaient pas à la sortie des présidents du Sénégal et de Guinée Bissau.

Roch Marc Christian Kaboré a, d'ailleurs, porté le coup de grâce à Ouattara en lui indiquant qu'il était, totalement, contreproductif d'adopter une ligne aussi dure dans le contexte malien actuel. Qu'il fallait plutôt faire pression sur le CNSP (qui est réellement soutenu par le peuple malien) pour définir une feuille de route visant à aller aux élections le plus vite possible, grâce à une équipe de transition consensuelle. Autrement dit, oublier IBK dont le sort sera défini par la justice malienne.

C'est la queue entre les jambes que Ouattara a terminé le Sommet en visioconférence, convaincu que son 3e mandat était une issue de plus en plus intenable y compris au sein de la CEDEAO. Alpha Condé, qui n'a pas encore, officiellement, annoncé sa candidature à un 3e mandat, observe la façon dont Ouattara va s'en sortir, avant de prendre une décision. Ouattara est, donc, seul dans la nasse et devra apprendre à faire face à l'hostilité progressive et croissante de sa population et de ses forces de défense et de sécurité, maintenant, que son visage d'homme fourbe n'est plus à démontrer.

Ce samedi, 22 août, il va se faire investir comme candidat du RHDP à l'élection présidentielle. Mais, lui-même sait dans son for intérieur qu'il lui sera impossible d'aller jusqu'au bout. Les Ivoiriens dans leur écrasante majorité disent NIET à son 3e mandat. S'il continue son forcing actuel, il n'est pas exclu qu'il y laisse tout simplement sa peau.

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