MALI : Le colonel Assimi Goïta ne succédera pas au président de transition en cas de vacance du pouvoir

La pression était à son maximum, exercée, spécialement, par le chef de l'Etat de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, qui, à travers une telle fermeté entend décourager toute possibilité de coup d'état dans son propre pays. Mais, faut-il être absolument le président de transition au Mali pour peser sur la transition ? Que non ! Les militaires reconnaissent d'ailleurs le colonel Bah N'Daw comme l'un des leurs. Le Mali sera un pays dirigé sous une forme collégiale avec comme principale force d'inspiration, le CNSP (Comité national pour le salut du peuple) qui a permis sa libération.

Les militaires ont, donc, renoncé à ce que leur chef, le colonel, Assimi Goïta, puisse remplacer le président dans la transition censée ramener les civils à la tête du pays, selon un document officiel publié jeudi, 1er octobre, et organisant cette période transitoire.

Les colonels se sont engagés à rendre le pouvoir aux civils à l'issue d'une période transitoire de 18 mois. Ils ont élaboré une Charte, document fondamental, qui organise la transition et qui complète la Constitution existante, sur laquelle elle prévaut en cas de contradiction.

Cette disposition alarmait la CEDEAO, inquiète que la junte ne s'en serve pour refaire main basse sur une transition dans laquelle elle joue déjà un rôle prééminent. Elle en exigeait la suppression et réclamait la publication de la version officielle de la Charte. Celle-ci a finalement été publiée, jeudi, 1er octobre, au journal officiel. «Le vice-président est chargé des questions de défense et de sécurité», dit son article 7, sans mention d'une prérogative de remplacement du président (sur notre photo le président et le vice-président lors de l'investiture).

Cela dit, même sans la mention qui apeurait la CEDEAO, le véritable pouvoir militaire, psychologique et même politique, sera, incontestablement, détenu par le CNSP et son chef, le colonel Goïta.

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