MARIAGES FORCES AU TCHAD : Emmanuel Macron sait-il que le mauvais exemple vient d'Idriss Déby Itno lui-même ?

Le jeune président français vient de passer deux jours au Tchad pour parler entre autres sujets d'importance de la présence russe (de plus en plus inquiétante pour les intérêts français) en Centrafrique et dans la sous-région. Parlant des questions ayant trait à la vie des Tchadiens et des Tchadiennes, après avoir soigneusement évité les questions qui fâchent comme la catastrophique gestion de la démocratie et des droits de l'homme d'Idriss Déby Itno surnommé le sultan, et la très mauvaise gouvernance des fonds publics qui a mis le pays à genoux, il a égrainé quelques mesurettes pendant la rencontre avec 400 Tchadiennes sur les problèmes du genre.

Afriqueeducation.com n'est pas sectaire : le jeune président français a promis que la France poursuivrait sa contribution aux programmes de bourses pour les jeunes filles démunies, aiderait le gouvernement tchadien à ouvrir des écoles et former les maîtres, financerait des programmes pour les sage-femmes et infirmières et soutiendrait des campagnes contre les violences faites aux femmes. Un véritable catalogue de la Redoute. Ce n'est pas tout.

Pour développer l'entrepreneuriat féminin, qui lui tient très à coeur, le jeune président a suggéré de créer une "banque pour les entrepreneuses africaines" pour laquelle il veut mobiliser l'Agence française de développement (AFD), les banques françaises et les pays du G7 dont la France accueille le Sommet en 2019.

Il a, aussi, promis 10 millions d'euros supplémentaires pour soutenir la Maison de la petite entreprise, incubateur qui soutient des projets dont les deux-tiers sont menés par des femmes.

Sans être un oiseau de mauvais augure, Emmanuel Macron fait de la communication pure et simple.

Mais, parlons du Tchad où il est venu améliorer son image après avoir "choqué" la femme africaine en la comparant à une « poule pondeuse ». Il a dénoncé les mariages forcés au Tchad et en Afrique. Mais, sait-il que son grand ami avec qui il est à tu et à toi (le sultan du Tchad Idriss Déby Itno) est le champion toutes catégories des mariages forcés ?

Sa quatorzième épouse, Wazi Wazina, avait été arrachée à ses parents alors qu'elle préparait le baccalauréat. Elle a dû abandonner le lycée sur insistance du sultan Déby Itno pour devenir la nouvelle première dame du Tchad.

Sa quinzième épouse, l'actuelle première dame, Hinda, a tout simplement été arrachée à son propre... fils. En effet, Hinda était la fiancée de Brahim Déby Itno. On n'en dira pas plus car il n'est plus de ce monde.

La seizième épouse du président-sultan tchadien, Amani Moussa, est une jeune Soudanaise dotée à 16 ans pour ...trentaine-deux millions de dollars (notre photo du mariage en 2012 à Khartoum en l'absence du président tchadien qui est ici remplacé par le frère de la jeune mariée). Elle est la fille d'un chef djandjawid dont les milices faisaient la pluie et le beau temps sur la frontière tchado-soudanaise. Pour assurer la paix dans ses multiples ménages, Déby a consenti à lui acheter une villa à Khartoum où elle continue de résider la plupart du temps quand elle n'est pas à N'Djamena où elle est surveillée par Hinda comme du lait sur le feu. Place de la première dame oblige !

Après cette épopée, Déby a épousé d'autres très jeunes filles de nationalité tchadienne. Les Tchadiens savent que leur sultan (en bon musulman) adore l'alcool, le tabac et les petites filles...de très bas âge.

Emmanuel Macron devrait, donc, en premier lieu, faire la leçon à son ami, qui donne un (très très très) mauvais exemple à la jeunesse du Tchad.

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