MORT DE GEORGE FLOYD : Vers une vice-présidence noire si Joe Biden était élu en novembre

L’adversaire de Donald Trump à la présidentielle du 3 novembre a, déjà, annoncé qu’il choisirait une femme pour figurer à ses côtés sur le ticket démocrate. Avec l'arrivée en force de l'ancienne first lady, Hillary Clinton, qui a annoncé qu'elle ferait campagne de façon active pour battre Trump, d'aucuns la voyaient déjà à la vice-présidence au cas où Biden était élu. Ce dernier ne tarit pas d'éloges à l'endroit de l'ancienne secrétaire d'Etat de Barack Obama quand il affirme que sa place à la Maison Blanche a été usurpée par l'imposteur Trump en 2016 et qu'elle réunit tous les attributs d'une bonne présidente des Etats-Unis. Sauf que la mort de George Floyd est venu chambouler toutes ces belles prévisions, forçant la hiérarchie du parti démocrate à se poser la question du vote noir. D'autre part, les leaders africains-américains pressent le candidat démocrate, plus que jamais, à choisir une femme africaine-américaine pour faire ticket en novembre. Les prétendantes ne manquent pas. Le parti démocrate est rempli de femmes noires de talents, qui feraient la fierté de l'Amérique à la vice-présidence de la République. Malheureusement, une telle éventualité exclurait Hillary (la maudite) qui pensait tenir le bon bout, cette fois, aux côtés de son vieux complice, Joe Biden.

Moribond au début des primaires, ressuscité par sa victoire en Caroline du Sud (29 février), Joe Biden doit celle-ci au soutien du représentant Jim Clyburn, la grande figure démocrate (et noire) de Caroline du Sud, qui catalysa son incroyable come-back.

La communauté noire, entre colère et désarroi, guette un signal. Biden a exprimé sa « fureur » après la bavure de Minneapolis, mais pas sûr que cela suffise à des jeunes, hérissés par sa tendance à prendre l’électorat noir pour acquis.

S’il veut une colistière africaine-américaine, il ne manque pas d’options. Bonne oratrice, énergique, Stacey Abrams, 46 ans, offre ses services. Elle a pour elle sa brillante campagne de 2018 pour le poste de gouverneur de Georgie (en 2018), où elle échoua d’un cheveu face au républicain Brian Kemp. Et contre elle, son inexpérience. Or Biden, à 77 ans, veut une doublure prête  dès le premier jour.

Kamala Harris, 55 ans, sénatrice de Californie depuis 2017, a du métier (sur notre photo avec Joe Biden lors d'un débat en juillet 2019 avant de retirer sa candidature). Elle a été huit ans ministre de la Justice de la Californie, l’Etat le plus peuplé des Etats-Unis. Mais, elle résistait alors aux caméras piétons pour lutter contre les violences policières et à la réouverture d’enquêtes sur les bavures. Pour se rattraper, elle s’est affichée, samedi, 30 mai, à la manif de Washington.

D’autres noms circulent. Susan Rice, 55 ans, conseillère pour la sécurité nationale sous Obama. C'est une candidature très crédible et très sérieuse.

Val Demings, 63 ans, représentante de Floride au Congrès. Keisha Lance Bottoms, 50 ans, maire d’Atlanta. Vendredi, 29 mai, elle a sommé Trump de  se taire  et partagé l’indignation des manifestants, tout en les mettant en garde contre l’émeute :  Nous méritons mieux que cela, a-t-elle dit, avec un accent très Obama.

Justement, qu'en est-il de Michelle Obama ? Très populaire. Mais, apparemment pas intéressée. Il y a  très, très peu de chances qu'une telle hypothèse se réalise. A moins que la situation l’impose.

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