MUNICIPALES EN FRANCE : Le gouvernement des médiocres

Les ministres battus, lors des municipales des 15 et 22 mars, resteront en place et ne devront pas démissionner. Emmanuel Macron et Edouard Philippe refusent de tirer des leçons nationales d'un scrutin local, en s'appliquant la Doctrine Balladur, qui veut qu'un ministre qui se présente aux élections et qui les rate, démissionne, ipso facto du gouvernement. Depuis le premier ministre (cohabitationniste) Edouard Balladur, en 1993-1995, tous les gouvernements ont appliqué cette règle non écrite. Aujourd'hui, elle est refusée par Macron et Philippe pour ne pas voir leur gouvernement vidé de la quasi-moitié de son effectif. C'est un signe qui ne trompe pas et qui montre que le pouvoir actuel devient impopulaire.

En 2017, c'est-à-dire, sous Macron, la règle était claire. Elle était d'ailleurs identique à celle de 2007. Les ministres fraîchement nommés par Emmanuel Macron étaient prévenus : ils seraient contraints de quitter le gouvernement s'ils étaient battus aux législatives. A l'époque, les six concernés avaient réussi un sans-faute, ce qui leur avait permis de conserver leur portefeuille et d'éviter un remaniement.

Pourtant, contrairement à ce qui avait été décidé au début du quinquennat, les municipales des 15 et 22 mars n'obéiront pas à la même logique. Comme l'a révélé la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, aucun des quelque dix ministres qui se présentent au scrutin du mois prochain n'aura à quitter le gouvernement s'il venait à être battu. Et ce, qu'il soit tête de liste ou simple colistier. Voilà donc les futurs battus qui se frottent les mains, à l'idée de rester au gouvernement quelle que soit leur déconfiture électorale. De la médiocrité pure et simple !

Par contre, quant aux ministres-têtes de liste qui seraient élus, l'exécutif n'a laissé place à aucune ambiguïté. Comme cela était, déjà, le cas sous François Hollande, la règle du non-cumul s'appliquera. En clair, les concernés devront choisir entre le gouvernement et leur ville. Edouard Philippe a fait savoir qu'il resterait à Matignon au lieu de (re)devenir le maire du Havre. Mais, en ce qui concerne le ministre du Budget et des Comptes publics, Gérald Darmanin, il quitterait Bercy.

De manière générale, la décision du chef de l'Etat et de son premier ministre, montre que ça ne tourne plus bien pour eux, et que l'impopularité à cause des réformes qu'ils essaient de mettre en place, leur coûte en suffrages. Finalement, on se rend compte que le courage dont Macron faisait preuve au début de son quinquennat est devenu relatif aujourd'hui, ce qui ne fait pas de mécontents au parti socialiste.

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