NIGER : Décès de l'ancien président Mamadou Tandja, promoteur de l'excellent « Programme Spécial Mamadou Tandja » aujourd'hui mort-né

A la tête du Niger entre 1999 et 2010, le colonel, Mamadou Tandja, figure très populaire dans le pays, est décédé, mardi, 24 novembre, à Niamey, à l'âge de 82 ans. Un deuil national de trois jours a été décrété par les autorités. Le Niger a eu plusieurs présidents, mais, Mamadou Tandja était, sans doute, le plus apprécié de tous, peut-être, avec feu le colonel, Seyni Kountché. D'où sa popularité, jusqu'à sa mort, au sein de la population qui sait voir qui est qui parmi les dirigeants et surtout qui fait bien pour réduire sa souffrance.

Pendant ses dix ans passés à la tête de l'Etat, le colonel, MamadouTandja, avait pu mettre en place un programme de développement afin de répondre aux besoins les plus aigus de la population. Les besoins les plus importants de cette dernière sont l'eau (qui est une denrée rare dans ce pays du Sahel), la promotion des cultures vivrières qui aide à améliorer l'autosuffisance alimentaire, sans oublier, l'édification des écoles, des centres de santé, nécessaires pour éduquer et soigner la population. Ce programme s'appelait « Le Programme Spécial Mamadou Tandja » dont Afrique Education avait parlé dans plusieurs de ses numéros, allant même jusqu'à inviter certains chefs d'Etat africains à s'approprier ce modèle nigérien. Car « Le Programme Mamadou Tandja » était financé, uniquement, sur fonds propres du Niger, qui est l'un des trois pays les plus pauvres du monde. En effet, pour le mettre en œuvre, le colonel ne demandait rien, absolument rien, aux bailleurs de fonds et partenaires au développement. Mais que de réalisations ! Le succès de ce Programme était la preuve par neuf que le développement dans nos pays est beaucoup plus une affaire de volonté politique qu'autre chose. Car là où il fallait trois fois rien pour creuser, par exemple, un étang d'eau pour le bétail et pour irriguer les cultures, les bailleurs de fonds alignent souvent d'inutiles études qui font que le prix de réalisation final prend l'ascenseur, et ainsi s'enchaînent les dettes.

 

« Le Programme Spécial Mamadou Tandja », lui, était financé par le budget annuel national.

 

Cette initiative unique en son genre en Afrique avait connu un grand succès dans le pays au point où tous les Nigériens du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest en demandaient. Malheureusement, le budget national n'étant pas extensible à l'infini, le colonel était obligé de planifier les réalisations : le Niger est un pays très vaste. On a ici une explication (solide) sur la volonté du président d'allonger ses deux mandats constitutionnels, une initiative qui entraîna le coup d'état militaire, qui l'évinça du pouvoir. Ceci entraînant cela, « le Programme Spécial Mamadou Tandja » disparut progressivement et on n'en parla plus.

 

Sur cette photo, une grande rencontre entre les deux colonels à Niamey en mars 2003 : le colonel Kadhafi (venu participer au Sommet de la Censad) et le colonel Tandja.

 

Ceux comme nous à Afrique Education qui avons eu la chance de rencontrer le président, Mamadou Tandja, et d'échanger, longuement, avec lui sur sa vision socio-économique et politique, gardons un très bon souvenir de son passage à la tête de l'Etat. Il est l'un des chefs d'Etat à s'être attaqué aux racines profondes du sous-développement de son pays sans demander l'aide étrangère. Le peuple n'étant jamais bête (même s'il est souvent silencieux), le fait que l'ancien président soit resté très populaire, est la preuve que le peuple, jusqu'à sa mort, reconnaissait ses mérites.

 

Militaire méthodique, le colonel avait deux épouses dont la première (Laraba) s'occupait du sida, notamment, au sein de l'ONG panafricaine, Synergies Africaines, fondée par la première dame du Cameroun, Chantal Biya, tandis que la deuxième épouse du colonel oeuvrait contre le paludisme au Niger.

 

En cette triste occasion, la rédaction d'Afrique Education fait part de ses condoléances très attristées au président démocratiquement élu du Niger, Ingénieur Mahamadou Issoufou, qui s'apprête à abandonner volontairement le pouvoir après avoir effectué ses deux mandats à la tête de l'Etat. La rédaction partage aussi la peine avec sa famille biologique et politique du grand parti national MNSD (Mouvement national pour la société du développement).

 

Un exemple de projet financé par le budget national qui répond aux besoins de la population et qui ne demande pas de milliards de F CFA.

 

 

 

 

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