NIGERIA : Pour freiner les attaques de Boko Haram, l'Université de Maiduguri s'entoure d'une tranchée de 27 km

Le gouverneur de l'Etat du Borno a pris une décision radicale qui montre son ras-le-bol à l'endroit de la secte Boko Haram. Malgré les coûts de l'opération, il a décidé de creuser une tranchée de 27 kilomètres tout autour du campus de l'Université de Maiduguri (notre photo). Objectif : empêcher les attaques de Boko Haram qui se font à l'aide des véhicules 4x4 (tout terrain) ou avec des motos. Même à pied, les combattants de Boko Haram auront, désormais, du mal à pénétrer à l'intérieur du campus universitaire.

Pour maximiser l'efficacité de cette mesure qui risque d'être copiée ailleurs (Boko Haram ayant montré qu'il est là pour longtemps), les 27 km seront surveillés par des patrouilles de la police et d’un groupe de vigilance dont la particularité est de repérer les porteurs de ceintures explosives et les empêcher de faire des carnages. C'est une technique bien huilée dans l'Extrême-Nord du Cameroun où Boko Haram n'a, jamais, réussi à s'implanter.

Cela dit, la lutte contre Boko Haram donne l'impression de marquer le pas : pendant que le président tchadien, Idriss Déby Itno, menace de retirer ses soldats du Mali, du Niger et du Burkina Faso (pour cause de faillite économique interne), la secte terroriste donne l'impression d'avoir repris des forces au regard de la multiplication de ses attentats-suicide, aussi bien, au Nigeria, au Cameroun qu'au Tchad. On explique ce relatif passage à vide de la Force multinationale par l'absence prolongée du président du Nigeria, Muhammadu Buhari, de la scène politique nationale. Il suit des soins médicaux, à Londres, depuis bientôt quatre mois, ce qui ne favorise pas la coordination des actions au front ni le bon moral des troupes nigérianes dont une partie du territoire reste occupée malgré d'incontestables victoires qui ont signé le repli de Boko Haram sur plus de 90% du « califat » qu'il occupait en 2015.

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