PAIX DANS LA REGION DES GRANDS LACS : Comment Washington entend coincer Sassou-Nguesso

Les Américains veulent-ils utiliser le dictateur comme un kleenex avant de le jeter quand il sera hors d'usage ? La question mérite d'être posée car les relations entre Brazzaville et Washington sont, toujours et encore, exécrables au point où, l'année dernière, le dictateur avait tenté (essayé) de déclarer l'ambassadrice des Etats-Unis au Congo, Stéphanie S. Sullivan, persona non grata, avant de très vite se raviser, après avoir constaté qu'il n'était pas dans son intérêt (d'homme tout court) de défier John Kerry. Après son maintien au forceps à la tête de l'Etat, Sassou se sait en danger (permanent), et n'est guère à l'abri d'une (désagréable) surprise, qui peut, aussi, être une révolution du palais. En recevant Thomas Perello, lundi, 1er août, le dictateur a pu revoir sa bête noire, l'ambassadrice Sullivan, qui était bien présente dans la délégation qui accompagnait son compatriote. Mais, manquait, curieusement, à l'appel, le ministre congolais des Affaires étrangères, Jean Claude Gakosso, celui-là même qui avait voulu se mesurer à plus fort que lui : Gakosso avait, finalement, ramassé, coup sur coup, deux gamelles (diplomatiques) en demandant (sans succès) le rappel des deux femmes les plus puissantes du Congo : l'ambassadrice des Etats-Unis et sa consoeur de l'Union européenne, Saskia de Lang. Depuis cette déconfiture, le bien piètre chef de la diplomatie congolaise a disparu de l'espace visuel de ces deux diplomates occidentales. Il lui appartient, maintenant, de reprendre son courage à deux mains, pour normaliser leurs relations. Mais pour le moment, son (petit) ego ne le lui permet pas encore.

Envoyé spécial de Barack Obama dans la Région des Grands Lacs, Thomas Perello aurait été mandaté auprès du dictateur, par le gouvernement américain pour solliciter ses bons offices dans les crises, qui secouent la région des Grands Lacs. Mais pourquoi solliciter Sassou quand les Américains savent, pertinemment, qu'il fait partie de ceux qui ont pesé pour que le président du Burundi, Pierre Nkurunziza, s'octroie un troisième mandat (anticonstitutionnel), et qu'il est en train de prodiguer le même type de conseils à Joseph Kabila ? Selon nos informations, la réponse se trouve dans la question. C'est justement parce que Sassou constitue le facteur bloquant (dans la sous-région) que Washington entend l'associer au processus en le responsabilisant. Au regard de sa très fragile position actuelle sur le plan international où sa réélection avait été fortement condamnée par le département d'Etat, il appartiendra au dictateur de bien manoeuvrer, sachant que le dossier RDC qui fait faire un deuxième voyage à Thomas Perello, auprès de Sassou, après celui du 11 juillet dernier, est, directement, piloté par John Kerry lui-même. Ce dernier avait, d'ailleurs, effectué le déplacement de Kinshasa, le 4 mai 2014, pour rencontrer Joseph Kabila (notre photo), et lui demander, publiquement, de respecter la constitution.

Contrairement à ce que dit un communiqué de Mpila, qui grandit, énormément, le rôle de Sassou dans la sous-région, alors qu'il n'en est rien de tout cela, le dictateur est, toujours, aussi mal aimé par Oncle Sam qu'avant. Pour être complet dans l'état de leurs relations, il faut préciser que Washington attend de lui qu'il favorise, rapidement, l'organisation d'un dialogue inclusif, franc et sincère avec l'opposition et la société civile.

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