PRESIDENCE GABONAISE : La Cour constitutionnelle valide la candidature du « Biafrais »

« On va encore faire comment » ? C'est la très défaitiste question qui est sur la bouche des leaders de l'opposition gabonaise, qui ne devront s'en prendre qu'à eux-mêmes. Au Gabon comme, ailleurs, en Afrique, le pouvoir est au bout du fusil (force militaire et policière) et, pas encore, au bout de l'urne, ni de la justice qui est loin d'être indépendante. Des exemples du Bénin, du Faso, du Sénégal, de l'Ile Maurice, des Comores, du Mali, et de quelques autres pays (on ne peut les citer tous), ne sont que des exceptions qui confirment cette règle.

Trois des principaux candidats de l'opposition (Nzouba, Ping et Maganga) à la présidentielle avaient saisi la Cour constitutionnelle, le 18 juillet, afin de faire invalider la candidature du président sortant, Bongo Ondimba Ali (BOA), accusé d'avoir, à des occasions différentes, produit 5 actes de naissance différents. Incontestablement, qu'on soit dans n'importe quel pays du monde, il y a problème. Sauf pour la présidente de la Cour constitutionnelle du Gabon. Mais, dans un amateurisme que décriront les historiens, aucun des trois opposants n'a pu relever le défi que leur a opposé BOA de prouver qu'il est un véritable faussaire. Au lieu d'utiliser les moyens à la hauteur de ceux du faussaire, ils ont, tous, misé sur la Cenap (Commission électorale nationale autonome et permanente), dont le président, René Aboghé Ella, prend, directement, ses ordres chez Maixent Accrombessi, le directeur de cabinet de BOA, véritable président du Gabon. Après avoir échoué auprès de la Cenap, ils ont reposé leurs espoirs sur la Cour constitutionnelle, qui n'avait pas eu le courage (ni la volonté) de s'auto-saisir quand BOA avait affirmé, sur RFI, qu'il avait produit un faux acte de naissance, pendant la campagne de 2009. Si le Gabon était un Etat de droit, la présidente de la Cour constitutionnelle aurait, immédiatement, ouvert une enquête, pour en savoir plus. Mais à sa décharge, peut-être, aucun opposant n'a voulu la confondre, non plus, alors que BOA venait, par sa déclaration maladroite, de se livrer corps et âme à l'opposition en disant ce qui s'était passé, en 2009.

Dans une décision datée du 25 juillet, mais rendue publique, seulement, aujourd'hui, on ne sait pour quelle raison, la Cour constitutionnelle, comme on le pronostiquait, a déclaré "irrecevables" les recours de l'ancien président de la Commission de l'Union africaine, Jean Ping, l'ex-président de l'Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama et de l'ancien ministre, Pierre-Claver Maganga Moussavou. Les audiences publiques avaient, déjà, montré que la décision ne pencherait pas de leur côté.

"Non seulement l'acte de naissance incriminé n'a pas été produit au dossier soumis à l'examen de la Cour" mais, en outre, "celle-ci ne peut pas se prononcer sur la validité des actes d'état civil" qui relève de la compétence des juridictions de droit commun, s'est-elle justifiée. A écouter une telle argumentation, on se dit que l'état de droit a, encore, bien du chemin à parcourir au Gabon. Car si elle avait voulu connaître la vérité, la présidente de la Cour constitutionnelle aurait exigé du président de la Cenap qu'il mette à sa disposition, le dossier de BOA de 2009 afin qu'elle puisse statuer, en connaissance de cause. Elle a refusé se trouvant toujours des raisons. L'histoire la jugera très mal.

Elu en 2009, à la mort de son père, BOA est un enfant nigérian (biafrais) adopté, arrivé au Gabon à trois ans. Il ne peut, donc, pas être président en vertu de l'article 10 de la Constitution, qui impose d'être né gabonais. BOA qui sait d'où il vient, a, logiquement, refusé (contrairement à Barack Obama qui a prouvé son américanité en montrant en direct à la télévision ses papiers d'état civil) de se soumettre à un test ADN, tout comme sa prétendue mère, Marie-Joséphine. L'amateurisme de l'opposition gabonaise s'est vérifié par son incapacité à manoeuvrer pour sortir le BOA de ses mensonges.

La Cour constitutionnelle représentait l'ultime recours légal possible, et une fois rendues, ses décisions sont sans appel. Il appartient, donc, aux candidats à la présidentielle de s'unir sous la bannière du meilleur d'entre eux ou d'accepter de se faire « avaler », comme c'est prévu, par le BOA suprême. Au lieu d'élaborer une stratégie pour capturer ce dernier, ils préféraient défiler, à Paris, pour réclamer des « soutiens » comme si ce sont les Français, qui voteront le 27 août prochain au Gabon. Que c'est triste pour les populations gabonaises qui sont farouchement (le mot est faible) opposés à la candidature de BOA !

Pauvre Gabon ! La légion étrangère sable le champagne. La victoire (de son prisonnier) est à portée de main. Vivement sept années supplémentaires de pillage organisé depuis le Palais du Bord de Mer

« A nous les milliards ! », criait Accrombessi, après la victoire de 2009. En 2016, ce ne sera plus une victoire, mais, un triomphe.

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