PRESIDENTIELLE AMERICAINE : Ce sera l'Africaine-Américaine, Kamala Harris, la future très probable vice-présidente des Etats-Unis 

L'ensemble de la hiérarchie du parti démocrate était d'accord avec la (très) forte demande de la communauté noire d'envoyer un message en prenant comme colistière de Joe Biden, une Africaine-Américaine. Les Noirs souffrent tellement que les 8 ans de Barack Obama à la Maison Blanche, ont certes fait avancer certaines causes, mais beaucoup reste à faire. Joe Biden avait plusieurs cordes à son arc. On ne citera que les deux feux-follets que sont Elisabeth Warren, et la revenante mais toujours en place, Hillary Clinton, qui auraient été de très bonnes colistières pour celui que Donald Trump a cessé d'appeler « Joe le dormeur », sans doute parce qu'il a senti le vent tourner en sa défaveur. Restait maintenant à Joe Biden de choisir parmi la multitude d'Africaines-Américaines, les unes plus intéressantes que les autres, que lui proposait la direction du parti. La gamme était tellement large que même Michelle Obama (qu'on disait partante sans qu'on ait entendu aucune déclaration de sa part sur une telle intention) devenait une candidate quelconque, surtout, qu'elle aurait pu être la cible privilégiée des attaques d'un Donald Trump qui accuse son mari d'être à l'origine de tous les maux qui accablent l'Amérique aujourd'hui. Finalement, ce sera la sénatrice Kamala Harris.

Ex-procureure à la réputation « dure », la sénatrice de 55 ans, qui rêvait de devenir la première présidente africaine-américaine des Etats-Unis, tentera, finalement, en novembre, de devenir la première femme vice-présidente (sur notre photo à côté de Joe Biden).

Mais avec toujours, sans doute, un œil sur la présidentielle de 2024 et l’espoir de briser, alors, l’ultime plafond de verre. Car Joe a bien dit et redit qu'il ne ferait qu'un seul mandat de 4 ans à la Maison Blanche. Ici, c'est l'Amérique où la parole d'un dirigeant politique compte et non l'Afrique où on change de parole comme le vent du désert change de direction.

« Ma mère me disait souvent : Kamala, tu seras peut-être la première à accomplir de nombreuses choses. Assure-toi de ne pas être la dernière », aimait à répéter Kamala Harris lors de sa campagne pour l’investiture démocrate.

Depuis les débuts de sa carrière, cette fille d’un père africain-jamaïcain et d’une mère indienne accumule les titres de pionnière.

Après deux mandats de procureure à San Francisco (2004-2011), elle a été élue, deux fois, procureure générale de Californie (2011-2017), devenant alors la première femme, mais aussi, la première personne noire, à diriger les services judiciaires de l’Etat le plus peuplé du pays.

Puis, en janvier 2017, elle a prêté serment au Sénat à Washington, s’inscrivant comme la première femme originaire d’Asie du Sud et seulement la deuxième sénatrice noire dans l’histoire américaine.

Kamala Harris a grandi à Oakland, dans la Californie progressiste des années 1960, fière de la lutte pour les droits civiques de ses parents immigrés : un père professeur d’économie, et une mère, aujourd’hui, décédée, chercheuse spécialiste du cancer du sein.

Elle a fait ses études à l’Université Howard, fondée à Washington pour accueillir les étudiants africains-américains en pleine ségrégation, et rappelle régulièrement son appartenance à l’association d’étudiantes noires « Alpha Kappa Alpha ».

Mariée depuis août 2014 à un avocat père de deux enfants, Kamala Harris met en avant sa famille : elle avait choisi sa sœur Maya pour diriger sa candidature à la primaire.

D’ordinaire plus acerbe envers ses opposants, Donald Trump avait dit d’elle en juillet qu’elle ferait « un bon choix » pour Joe Biden. Un très bon conseil qu'a suivi « Joe le dormeur ». Mais, mal lui en a pris de constater que sa plaisanterie n'était pas de mauvais goût. Du coup, le futur retraité du Bureau Ovale a sorti son artillerie lourde. « Méchante », « insolente », voilà la réaction de Donald Trump après la nomination de Kamala Harris. Il a complètement changé de discours.

J’étais plus surpris qu’autre chose parce qu’elle a été très médiocre pendant la campagne des primaires démocrates, remportée par Joe Biden, a déclaré Donald Trump lors de sa conférence de presse quotidienne à la Maison Blanche. Elle a eu de très mauvais résultats aux primaires. Et ça, c’est comme un sondage.

Le milliardaire républicain, qui est candidat à sa réélection, a aussi noté que lors de l’audition du candidat conservateur controversé à la Cour suprême, Brett Kavanaugh, en 2018, Kamala Harris avait été la plus méchante, la plus horrible, la plus insolente de tout le Sénat.

Elle a, aussi, manqué de respect à Joe Biden, a ajouté Donald Trump, en référence au premier débat des primaires démocrates, en 2019, où la sénatrice de Californie avait attaqué l’ancien vice-président avec virulence sur ses positions passées concernant les politiques de déségrégation raciale dans les années 1970.

Par contraste, Donald Trump a chanté les louanges de son vice-président, Mike Pence, solide comme un roc et respecté de tous les groupes religieux.

La désignation de la colistière, Kamala Harris (contrairement aux craintes formulées ici et là) s'étant plutôt très bien passée pour Joe Biden au point de rendre les attaques de Trump ridicules, insignifiantes et enfantines, on peut dès lors lancer le compte à rebours de cet homme qui n'aurait jamais dû devenir le président de la superpuissance mondiale, s'il ne s'était pas trouvé sur le chemin de Hillary Clinton, les services secrets russes qu'on avait outrageusement négligés du côté de Washington, actant, avant le temps, la large victoire de la candidate démocrate.

Les plus populaires