PRESIDENTIELLE AMERICAINE : Hillary Clinton bien partie pour succéder à Barack Obama

Donald Trump a laissé entendre qu'il pourrait ne pas reconnaître le résultat de l'élection présidentielle, le 8 novembre. Le candidat républicain a déclaré qu'il attendrait avant de juger si le scrutin lui semblait légitime. Depuis plusieurs jours, le magnat de l’immobilier dénonce "une élection truquée". Il estime que "des millions de personnes qui ne devraient pas voter" mettront leur bulletin dans l’urne, et ce, en faveur de son adversaire démocrate.

Il assure, par ailleurs, que les médias participent à ce climat de "triche", en soutenant, massivement, Hillary Clinton. Or, jeter, ainsi, le discrédit sur le fonctionnement démocratique peut s’avérer très dangereux, estiment les commentateurs américains.

La réponse d'Hillary Clinton ne s'est pas fait attendre. Elle a accusé son rival d'être l'homme le plus dangereux à jamais s'être présenté à la présidence américaine. "Il dénigre, il minore notre démocratie et je suis horrifiée que quelqu'un qui est le candidat de l'un de nos deux grands partis adopte cette position", a-t-elle réagi quand le milliardaire a évoqué la possibilité de ne pas reconnaître le résultat de l'élection.

La candidate démocrate a, également, estimé que l'attitude de l'homme d'affaires envers les femmes rappelle celle qu'il a, à l'égard des minorités, en général. "C'est un trait caractéristique. Un trait de division, de vision très sombre et par de nombreux aspects, dangereuse de notre pays par lequel il incite à la violence", a-t-elle martelé.

Hillary Clinton est, une nouvelle fois, arrivée bien préparée au débat. La candidate démocrate a profité des questions du journaliste Chris Wallace pour égratigner Donald Trump. Elle a, notamment, retracé son parcours politique, en le comparant à celui de son adversaire. "Dans les années 1970, (...) j'ai lutté contre la discrimination des enfants noirs à l'école, pendant que [Donald Trump] était poursuivi pour discrimination raciale", a lancé Hillary Clinton.

Au même moment, une série de messages reprenaient ses accusations sur Twitter. "Je suis très contente de pouvoir comparer mes 30 années d'expérience avec ce qu'il a fait, a ajouté la candidate démocrate. J'ai essayé d'aider mon pays."

Face à elle, Donald Trump s'est, d'abord, montré calme et modéré dans ses propos, présentant ses idées avec clarté. Mais, les habitudes du candidat républicain ont ressurgi après une demi-heure d'échanges. Il a, alors, multiplié les attaques contre son adversaire, affirmant, d'abord, que "Poutine est plus malin qu'elle". Il a, ensuite, insinué qu'elle "avait incité" des femmes à l'accuser d'agressions sexuelles et que la situation à Alep, en Syrie, était de "la faute d'Hillary Clinton". Il a même été jusqu'à interrompre la candidate démocrate pour la traiter de "sale femme".

Donald Trump a, d'ailleurs, multiplié les interruptions durant le débat. "Laissez-moi traduire ce qu'il vous dit", a tenté de répondre Hillary Clinton lors d'un échange avec son adversaire. "Vous ne pouvez pas !", a alors lancé le candidat républicain. Au total, Donald Trump a coupé la parole à son adversaire, à 37 reprises, contre 5 fois pour Hillary Clinton, selon Politico (en anglais). Même le modérateur de la soirée, le journaliste, Chris Wallace, a eu du mal à s'exprimer. "Laissez-moi finir ma question", a-t-il fini par demander, passablement, agacé.

Pendant la première demi-heure du débat, les deux candidats se sont montrés, particulièrement, studieux. Interrogés sur leur vision de la Cour suprême, sur la question du port d’arme, ou encore, à propos de l’immigration, ils sont restés dans les clous, respectant les règles du débat.

Mais, lorsque Hillary Clinton a lancé son adversaire sur ses affinités supposées avec Vladimir Poutine, le candidat républicain a réagi au quart de tour, reprenant ses vieilles habitudes. Interrompre la parole, passer du coq à l’âne (ou plutôt des questions d’espionnage à l’Etat islamique), ou encore, user d’attaques personnelles : il a "fait du Trump", quitte à se faire recadrer, à plusieurs reprises, par le modérateur du débat.

De son côté, l’ancienne secrétaire d’Etat est parvenue, globalement, à garder son calme. Archi-préparée, Hillary Clinton est apparue plus crédible, notamment, sur les questions de fond. Les Américains ont, visiblement, été convaincus par sa prestation. Selon CNN, ils sont 52% à estimer que la démocrate a remporté le débat, contre 39% pour Donald Trump. Elle était sortie gagnante des deux précédentes confrontations. Ce qui fait, donc, un 3-0 pour l’ancienne secrétaire d’Etat à l’issue de ce troisième et ultime débat. Reste, désormais, à savoir ce que diront les urnes le 8 novembre.
Hillary Clinton (notre photo pendant ce troisième débat), successeur probable de Barack Obama à la Maison Blanche ?

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