PRESIDENTIELLE AU BURUNDI : Les (petits) yeux d'Ahmad Alam-Mi et de la CEEAC n'ont vu aucune fraude

On comprend pourquoi la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale) est à des années lumière de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), sur tous les plans. Si la CEDEAO peut obtenir, à peu près, une note de 20/20, cette organisation sous-régionale essayant de fonctionner selon les standards internationaux de démocratie et de droits de l'homme, en Afrique centrale, on en est encore à l'ère des républiques bananières d'Amérique latine. Dès lors, devrait-on s'étonner du satisfecit donné par le secrétaire général de cette institution à la mascarade électorale qui vient d'avoir lieu au Burundi ? Commençons par dire que la CEEAC n'a pas obtenu du pouvoir de Pierre Nkurunziza (le petit despote de Bujumubura) qu'elle observe cette présidentielle pas plus qu'elle n'a autorisé aucune autre organisation internationale à le faire. Seule l'église catholique locale a déployé plus de 2.700 agents électoraux sur le terrain. Ceux-ci n'ont vu que des fraudes majeures. Ces fraudes ont été dénoncées par les candidats de l'opposition comme Agathon Rwasa et la société civile, et continuent à l'être même au sein des églises. Mais, Nkurunziza a déjà signé le décret de sa succession. Ce sera son général et personne d'autre. C'est dans cet élan de désapprobation mondiale et de contestation nationale de ce scrutin que la CEEAC et son secrétaire général, le Tchadien,Ahmad Alam Mi, ont choisi de sortir de leur mutisme habituel pour dire du bien de cette élection qui n'aura été ni vue ni observée. Veut-on que l'Afrique centrale suive le mouvement derrière d'autres organisations comme la CEDEAO ou la SADC quand trônent encore à la tête de telles instances, des individus comme l'ambassadeur Ahmad Alam-Mi ?

Le Secrétariat général de la CEEAC, se réjouit, donc, officiellement, du processus électoral au Burundi. Un communiqué qui fait honte y compris à son fameux chargé de la communication au point qu'au lieu de l'envoyer à la presse, il l'a gardé par devers ses tiroirs. Une attitude qui se passe de commentaire !

"Le Secrétariat général de la CEEAC suit avec une attention soutenue, le processus électoral en cours en République du Burundi, marqué par l'organisation le 20 mai 2020 d'un triple scrutin présidentiel, législatif et municipal", indique le communiqué.

Le Secrétariat général de la CEEAC rappelle qu'il a déployé au mois de mars 2020, une mission d'information et d'évaluation de la situation pré-électorale dans ce pays et "se réjouit du déroulement pacifique de ces élections dans le respect du calendrier électoral préalablement arrêté et publié".

"Le Secrétariat général de la CEEAC invite par conséquent tous les acteurs politiques burundais à la plus grande retenue, à s'abstenir de tout acte de violence ou de haine, et à privilégier le dialogue et les voies légales dans toutes les revendications liées aux résultats de ces élections", selon le document.

Par ailleurs, le secrétariat général de la CEEAC réitère son soutien au gouvernement et au peuple burundais, et renouvelle sa disponibilité à travailler davantage en vue de consolider la paix, la démocratie et le développement durable en République du Burundi.

Les pays membres de la CEEAC sont la République démocratique du Congo, le Burundi, le Rwanda, l'Angola, le Cameroun, République du Congo, le Gabon, la République centrafricaine, la Guinée équatoriale, le Tchad et Sao Tomé-et-Principe.

Le Tchadien, Ahmad Alam-Mi (sur notre photo penché dans son fauteuil à l'instar de la politique menée par son organisation), a été placé à la tête de la CEEAC par le dictateur, Idriss Déby Itno, dont on ne présente plus les états de service contre la démocratie et les droits de l'homme, au Tchad et dans la sous-région.

Après le footballeur et non moins pasteur, Pierre Nkurunziza, le Burundi aura, désormais, à la tête du pays un militaire, le général, Evariste Ndayishimiye. C'est bonnet blanc blanc bonnet pour les Burundais qui voient, malheureusement, avec cette élection, la poursuite de leurs énormes souffrances au quotidien.

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