PRESIDENTIELLE AU TOGO : Victoire assurée de Faure Gnassingbé (en toute logique)

Sur l'ensemble du territoire, le vote a pris fin à 16h00 GMT (Heure du Togo). Nous avons assisté à la fermeture du Bureau N° 3 de l'Ecole primaire évangélique Dangbuipe, à Bè-Lagune (Lomé), en plein fief de l'opposition pure et dure. Au départ fief de l'UFC de Gilchrist Olympio, cette zone avait basculé en faveur de l'ANC de Jean-Pierre Fabre, après le rapprochement politique entre l'UFC et l'UNIR de Faure Gnassingbé. En attendant la confirmation de la CENI, seule habilitée à énoncer des résultats, la donne, serait-elle en train de changer, avec le basculement de ce fief en faveur de la Coalition des forces démocratiques d'Agbéyomé Messan Kodjo ? Ce dernier aurait fait de bons scores à Bè plus que Fabre, le patron politique des lieux. En effet, il a profité du fait que les militants de Jean-Pierre Fabre ne disposent pas de cartes d'électeurs, leur leader les ayant appelés à ne pas aller s'inscrire sur les listes, avant de se raviser plus tard. Malheureusement, son changement de position n'a pas fait modifier la donne en sa faveur et c'est Agbéyomé qui en profite aujourd'hui. Cela dit, UNIR a beaucoup progressé dans Grand-Lomé au point où son candidat n'a pas trouvé utile d'y consacrer ses forces. Pour preuve, il a laissé la bataille de cette ville à ses lieutenants car Lomé n'est plus la citadelle imprenable comme avant. Alors qu'en 2015, il avait tenu son dernier meeting à Agoè-Nyivé (banlieue de Lomé), cette fois, il a préféré mobiliser à Kara, où il a réuni 40.000 personnes jeudi après-midi lors du meeting de clôture.

Le vote a démarré à 7h00, ce qui n'a posé aucun problème, les Togolais étant, de nature, des lève-tôt. Les responsables de bureaux de vote que nous avons visités, parlaient, tous, d'affluence des électeurs à la première heure du vote tandis que nous constations un tassement à la mi-journée. Ce qui explique que les 7 bureaux du Camp de gendarmerie de Lomé (environ 4.400 électeurs inscrits), avaient enregistré les trois-quarts des votants vers 12h00. Discipline militaire oblige ! Le même comportement a, d'ailleurs, été constaté dans les 13 bureaux de vote de l'école du Camp Général Gnassingbé Eyadèma. Il n'est pas exagéré qu'on y ait atteint les 100% de votants vers 14h00. C'est dans ce célèbre camp militaire que le prédécesseur de Faure Gnassingbé, passait ses nuits. Y résider reste un énorme privilège pour tout militaire togolais qui se respecte.

Qu'on soit militaire ou pas, l'élection présidentielle a mobilisé au Togo où l'opposition n'a pas appelé au boycott, consciente que les absents ont toujours tort. Pour ne pas avoir à affronter Faure Gnassingbé, Jean-Pierre Fabre avait essayé de le disqualifier auprès de la Cour constitutionnelle, qui ne l'a pas entendu de cette oreille. Fabre avait raison de tenter une telle démarche : en 2010 et en 2015, Faure Gnassingbé l'avait, correctement, défait à la présidentielle. Jamais deux sans trois, dit-on. Ce n'est pas, non plus, pendant cette présidentielle que le leader de l'ANC pourra battre le candidat d'UNIR. Il n'a pas les électeurs en nombre suffisant, ce qui va le handicaper sérieusement. Quant à Agbéyomé, il n'a plus grand-monde une fois sorti de Lomé. On aurait pu penser qu'il bénéficierait des électeurs de Tikpi Atchadam dans la zone de Sokodé, électeurs qui n'aiment pas Fabre. Malheureusement pour lui, les musulmans ont refusé de le soutenir parce que sa candidature est portée par un évêque. Ils considèrent même sa demande de soutien comme une moquerie. Parti tard dans la course, il ne peut guère espérer plus de voix en dehors de ses électeurs de Lomé : en dehors de la zone de la lagune de Bè, pas de salut électoral pour lui.

On a observé une mobilisation importante dans tous les bureaux de vote visités dans Lomé-Ville et même dans Grand-Lomé comme à Agoè-Nyivé. A l'Ecole publique d'Agoè-Nyivé, par exemple, les six bureaux de vote vers 12h15 affichaient environ 40% des électeurs inscrits qui avaient déjà voté. Il en était de même au Lycée d'Agoè-Nyivé où les 10 bureaux affichaient exactement la même tendance.

Au Collège protestant de Tokoin, les 12 bureaux de vote affichaient un taux de votants de plus de 50% vers 13 h 00 GMT. La même tendance était observée, une demi-heure plus tard dans les six bureaux de vote du Lycée Kodjoviakopé.

Fief par excellence de l'opposition, l'Ecole de Bè-Gare, qui abritait 10 bureaux de vote, avait vu défiler plus de 55% de votants vingt minutes avant la fermeture du vote.

A 16h00, nous avons choisi d'assister au dépouillement du vote dans le Bureau N° 3 de l'Ecole primaire évangélique Dangbuipe (Bè-Lagune), en plein fief de l'opposition, où on dénombrait 9 bureaux de vote.

Dans ce Bureau N°3, on a compté 276 votants sur 462 inscrits. Dans ce centre de vote comme dans les autres centres de la Lagune de Bè, le leadership, en attendant la confirmation de la CENI, n'est plus porté par le chef de l'ANC (à cause de son appel à ne pas aller s'inscrire sur les listes électorales) mais par le candidat soutenu par Mgr Kpodzro.

Cela dit, sur les 9.389 bureaux de vote que compte le Togo, le candidat du pouvoir, qui est le seul à avoir une assise réellement nationale, ne rencontrera aucun problème pour s'imposer facilement pendant cette présidentielle (sur notre photo il est en train de voter au Lycée de Pya, dans le Nord du Togo, ce 22 février). C'est à ce niveau que la CENI devra rapidement fixer les Togolais et les Togolaises ainsi que les amis du Togo : à savoir, jusqu'à quel niveau la machine UNIR a-t-elle été puissante pour assurer la victoire de son candidat dès le premier tour ? C'est le seul vrai questionnement de ce scrutin.

D'un de nos envoyés spéciaux à Lomé.

Les plus populaires