PRESIDENTIELLE AUX ETATS-UNIS : Joe Biden, Kamala Harris et le parti démocrate en ordre de marche pour déloger le clown de la Maison Blanche

Malgré une grand-messe virtuelle, épidémie de Covid-19 oblige, les démocrates ont réussi à afficher un large rassemblement autour de leur candidat, Joe Biden, qui peut, aussi, compter sur les voix de plusieurs ténors républicains à l'instar de l'ancien président républicain, George Walker Bush, et de son chef de la diplomatie, le général, Colin Powell. Même si Hillary Clinton invite à travailler, encore, activement, à un vote « massif » en faveur de Joe Biden et de ne pas compter sur son actuelle avance de « trois millions de voix », comme ce fut son cas, il y a 4 ans, avant d'être battue, à la surprise générale, par Donald Trump, on peut, légitimement, penser qu'avec la vigilance, cette fois, des services secrets américains, qui entendent ne plus se faire surprendre par les services (ennemis) russes (comme il y a 4 ans), les dés sont, d'ores et déjà, jetés en défaveur de Donald Trump. A moins d'un miracle pour le républicain, Melania Trump, l'actuelle First Lady, devrait, bientôt, faire les valises pour rejoindre leurs appartements privés du Trump Tower.

Les démocrates sont en ordre de bataille. Incontestablement. Jeudi, 20 août, leur candidat à l'élection présidentielle, Joe Biden, a clôturé la convention d'investiture du parti, qui sonne le début officiel du duel avec le président des Etats-Unis sortant, Donald Trump. "Trop de colère, trop de peur, trop de divisions ! L'heure est venue de nous rassembler", a-t-il lancé en accceptant d'être désigné candidat. Malgré l'absence de supporters, pour cause de Covid-19, les démocrates ont aligné un nombre impressionnant de personnalités et ce, en rassemblant toute la gauche, des socialistes aux centristes. Tous ont un même objectif : battre Trump. Correctement. Pour qu'il la ferme pendant longtemps.

« Je serai un allié de la lumière, pas des ténèbres." L'ancien vice-président des Etats-Unis Joe Biden a officiellement accepté sa désignation comme candidat du Parti démocrate, jeudi 20 août, en clôture de la convention nationale de celui-ci. En des termes très tranchés, il a présenté l'élection présidentielle du 3 novembre prochain comme une lutte pour l'avenir de l'Amérique, appelant les électeurs à "surmonter cette période sombre" en ne réélisant pas Donald Trump pour un second mandat. "C'est avec beaucoup d'honneur et d'humilité que j'accepte cette investiture au poste de président des Etats-Unis d'Amérique. Mais si je suis un candidat démocrate, je serai un président américain", a-t-il déclaré. Sans jamais prononcer le nom du président républicain, son adversaire à la présidentielle, il a appelé à se "rassembler".
Michelle Obama a donné le ton. L'ancienne First Lady, qui jouit toujours d'une grande popularité aux Etats-Unis, a ouvert la convention démocrate avec un discours très personnel. "Si vous pensez que les choses ne peuvent pas être pires qu'aujourd'hui, croyez-moi, elles peuvent et le seront, si nous ne faisons pas bouger les choses à cette élection. Si nous avons le moindre espoir d'en finir avec ce chaos, nous devons voter pour Joe Biden comme si notre vie en dépendait", a-t-elle lancé.

Après un match parfois tendu lors des primaires démocrates, le principal opposant de Joe Biden, le socialiste, Bernie Sanders, a eu un message très clair lors de son discours : votez Biden, car "l’avenir de notre démocratie est en jeu".
Les démocrates voulaient, aussi, donner toute leur place aux représentants de l'autre bout du spectre politique visé par Joe Biden, les républicains modérés. C'est ainsi que John Kasich, ancien gouverneur républicain de l'Ohio, a fait son apparition lors de la convention. "Je suis un républicain de longue date, mais, cet attachement occupe une place secondaire par rapport à ma responsabilité envers mon pays”, a-t-il lancé avant d'appeler à voter pour Joe Biden.
D'autres personnalités issues du Grand Old Party ont, aussi, marqué leur soutien au candidat démocrate, à l'image de Colin Powell, l'ancien chef d'état major des armées américaines et ancien chef de la diplomatie américaine, et de Cindy McCain, la veuve du sénateur John McCain, décédé en 2018 et farouche opposant à Donald Trump. L'ancien président républicain, Georges Bush, ne votera pas non plus Trump tout comme son ancienne conseillère à la sécurité nationale et ancienne cheffe de la diplomatie, Condoleezza Rice. Même s'ils ne sont pas encore très nombreux, il s'agit quand même de figures représentatives du parti républicain.

Elle était très attendue. La sénatrice Kamala Harris a été officiellement investie candidate à la vice-présidence, mercredi 19 août, soit, quelques jours après le choix de Joe Biden. Autant dire que son discours était scruté de près, face aux autres personnalités, déjà, bien installées sur la scène nationale. "Il n'y a pas de vaccin contre le racisme. Il faut qu'on se mette au travail", a, notamment, lancé l'ancienne procureure générale de Californie.

Mais c'est son histoire familiale qui a pris le devant lors de ce grand oral. Kamala Harris, première femme noire et d'origine indienne à briguer ce poste, a, longuement, évoqué la mémoire de sa mère, Shyamala Gopalan, chercheuse indienne spécialisée dans la lutte contre le cancer, arrivée à l'université de Berkley, en Californie, à l'âge de 19 ans, ainsi que, de son père, Donald Harris, étudiant en économie venu de Jamaïque. Sa sœur, sa nièce et la fille de son époux se sont, aussi, succédé en vidéo.

Alors qu'il se retenait, habituellement, de nommer Donald Trump lors de ses interventions publiques, l'ancien président américain, Barack Obama, a, cette fois-ci, abandonné sa réserve pour lâcher les coups en direct. "J'espérais, pour le bien de notre pays, que Donald Trump montrerait un certain intérêt à prendre ce poste au sérieux. Qu'il en vienne à ressentir le poids de la fonction et qu'il fasse preuve d'un certain respect pour la démocratie qui avait été mise entre ses mains. Mais, il ne l'a jamais fait", a-t-il lancé.

Et les tacles ce sont multipliés tout au long de son discours : "Donald Trump n'est pas à la hauteur de sa tâche parce qu'il n'en est pas capable", a-t-il encore accusé. Une virulence qui a surpris les spécialistes de la politique américaine. "On peut noter qu'une telle charge de la part d'un ancien président envers un autre est très rare", expliquait, ainsi, Jean-Eric Branaa, maître de conférence en politique américaine à l'université Panthéon-Assas. "Aucun ancien président n'avait jamais attaqué son successeur en poste à une convention comme Barack Obama ce soir", a abondé Michael Beschloss, auteur et spécialiste des présidents américains.

Forte de son expérience malheureuse à la présidentielle face à Donald Trump en 2016, Hillary Clinton a mis en garde les candidats de 2020. Il faut dire qu'elle s'était retrouvée dans une situation similaire à celle de Joe Biden dans les sondages. A quelques mois de l'élection, une large avance lui était promise par tous les instituts d'opinion du pays.

Mais patatras, la candidate démocrate avait, finalement, perdu l'élection, malgré une avance au vote populaire de plus de deux millions de voix. "Joe et Kamala peuvent gagner avec trois millions de voix d'avance, mais, tout de même perdre. Croyez-moi, a rappelé Hillary Clinton. Donc nous devons avoir une victoire écrasante" (sur notre photo Joe Biden et Kamala Harris).

Les plus populaires