PRESIDENTIELLE EN COTE D'IVOIRE : Le PDCI boycotte la mise en place des CEI locales (aux ordres)

Ce mardi, 15 septembre, on nous signale de grosses tensions dans Guiglo. Les axes Man-Bangolo et Duékoué-Guessabo sont coupés dans les deux sens. Ca bouge, aussi, du côté de la ville de Bonoua où une marche est en cours. Du côté de l'axe Gagnoa-Garahio, des manifestants ont tenté d'occuper la voie publique, mais, ils ont été dispersés par les forces de l'ordre.
Côté politique, le verdict du Conseil constitutionnel risque d'être la goutte d'eau qui va faire déborder le vase. Tous les partis d'opposition sont en train de s'organiser pour faire cesser l'infantilisation (extrême) dont le peuple ivoirien fait l'objet, depuis 20 ans, de la part de celui que les Ivoiriens ont surnommé le « menteur d'Abidjan ». Le PDCI qui a vu son candidat, Henri Konan Bédié, être retenu, est plus que jamais dans l'offensive. Lundi, 14 septembre, son secrétaire exécutif en chef, le professeur agrégé de cardiologie, Maurice Kakou Guikahué, a annoncé que « la grande dame » ne participera plus à la mise en place des CEI locales. En effet, le parti du président Bédié exige un changement préalable au niveau de la CEI centrale, conformément à l'arrêt du 15 juillet 2020 de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples. Pour mémoire, on rappelle que les deux principales institutions du pays qui organisent les élections, la Commission électorale indépendante et le Conseil constitutionnel, sont dirigées par des amis très proches du « menteur d'Abidjan ». D'autre part, leurs présidents sont tous de confession musulmane comme le "menteur" lui-même. Voici le communiqué du PDCI-RDA sur cette importante question.

« La Direction du PDCI-RDA porte à la connaissance de l’opinion nationale et internationale que l’Arrêt de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples(CADHP) du 15 juillet 2020, relatif à la recomposition de la Commission Centrale et des commissions électorales locales de la CEI n’a pas été exécuté par le Gouvernement.

Dans son Arrêt, la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples a estimé que le pouvoir RHDP-Unifié a piloté lui-même la procédure de désignation des représentants des partis d’opposition ainsi que ceux des organisations de la société civile. En conséquence, la Cour a ordonné à l’Etat de Côte d’Ivoire :

● « de prendre les mesures nécessaires avant toute élection pour garantir que le processus de nomination des membres de l’organe électoral proposés par les partis politiques, notamment, les partis d'opposition, ainsi que, les OSC, soit piloté par ces entités, sur la base de critères prédéterminés, avec le pouvoir de s'organiser, de se consulter, de tenir des élections, si nécessaire et de présenter les candidats nominés appropriés »;
● et prendre des mesures nécessaires avant toute élection pour garantir que de nouvelles élections du bureau fondées sur la nouvelle composition de l’organe électoral soient organisées aux niveaux locaux.

Au demeurant, la CADHP avait imparti dans son Arrêt, un délai au Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire de lui servir des rapports sur l’exécution de sa décision jusqu’à ce qu’elle juge satisfaisante l’exécution de son Arrêt, avant toute élection.

A l’aune de ces ordonnances, les partis politiques de l’opposition ont choisi des personnalités susceptibles de rentrer à la Commission Centrale de la CEI. Le Gouvernement a rejeté ces propositions.

Or, ce sont ces partis politiques de l’opposition admis à désigner les personnalités dans la Commission Centrale qui sont éligibles à proposer des personnalités dans les Commissions locales.

Par ailleurs, le PDCI- RDA, tient à informer l’opinion nationale et internationale, qu’à la date du 1er septembre 2020, le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire a adressé à la Cour un rapport dit rapport d’étape. En respect du principe du contradictoire, ledit rapport a été communiqué aux partis politiques de l’opposition pour recueillir leurs observations.

Les partis politiques de l’opposition ont fait savoir, par correspondance en date du 12 septembre 2020, que le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire n’a à ce jour posé aucun acte pouvant être regardé comme un commencement d’exécution de l’Arrêt du 15 juillet 2020.

Par conséquent, le PDCI- RDA décide de ne pas participer aux élections des bureaux des Commissions électorales locales du 15 septembre 2020.

Fait à Abidjan, le 14 septembre 2020

P. Le Président du PDCI- RDA
P.O. Le Secrétaire Exécutif du PDCI- RDA

Pr Maurice KAKOU GUIKAHUE ».

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