PRESIDENTIELLE EN COTE D'IVOIRE : Ouattara a donné 100 millions de F CFA à chaque général de l'armée pour s'assurer de son soutien

Avant même qu'il n'accède au pouvoir, Alassane Ouattara disposait déjà d'un savoir-faire incontesté en matière de déstabilisation politique : coup d'état militaire de fin décembre 1999 qui a chassé Henri Konan Bédié du pouvoir, attaque massive des Forces nouvelles à partir du Nord du pays pour prendre Abidjan en septembre 2002 (cette attaque avait été stoppée dans la zone de Bouaké consacrant la partition en deux de la Côte d'Ivoire pendant plusieurs années). Le financier de toutes ces coûteuses opérations militaires, était Alassane Ouattara. Cette fois, et en connaissance de cause, il a entrepris de mettre les officiers supérieurs de son côté pour éviter tout coup d'état militaire, qui n'est plus une hypothèse d'école, aujourd'hui.

C'est ainsi qu'il y a quelques jours (30, 31 juillet et 1er août), il a réuni des officiers supérieurs de l'armée, de la gendarmerie et de la police, pour leur remettre de fortes sommes d'argent afin qu'ils coopèrent en faveur de son troisième mandat (notre photo). Ou s'ils ne coopèrent pas, qu'ils ne se mettent pas en travers de cet objectif. Selon plusieurs sources concordantes, il a remis la somme de 100 millions de F CFA (1,5 million d'euros) à chaque officier général et 50 millions de F CFA (750 mille euros) aux autres officiers supérieurs ainsi qu'aux EX-COMZONES (des Forces Nouvelles), qui ont accepté, pour le moment, de jouer son jeu.

C'est de cette façon que Ouattara pense obtenir le soutien de l'armée qui, disons-le tout net, est en ébullition en ce moment. L'argent a été distribué mais rien n'indique que les hauts gradés accepteront de donner l'ordre de tirer sur la foule pour valider la fraude en préparation de Ouattara. Tous, sans exception, ont peur de la CPI (Cour pénale internationale), qui a accueilli Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé pendant 10 ans. Ouattara minimiserait une telle appréhension des hauts gradés. Bref, il a donné l'argent mais c'est pas joué encore.

Autre élément qu'il sous-évalue : les casernes risquent de donner de la voix car Ouattara a, complètement, ignoré leurs revendications. Il a, aussi, menti aux Forces Nouvelles à qui il avait promis une villa, à chaque ancien rebelle, au moment où il arrivait au pouvoir. En lieu et place d'une villa, ce sont les officiers supérieurs qui reçoivent, aujourd'hui, des dizaines de millions de F CFA du président, pour le sale boulot en préparation. Comme quoi, Ouattara a menti à tout le monde, y compris à ceux qui l'ont aidé à accéder au pouvoir.

La situation risque, cependant, de se compliquer : les Ivoiriens n'acceptent pas son troisième mandat. Dans les casernes, le mot d'ordre est à la désobéissance de tout ordre donné par un supérieur qui va à l'encontre des valeurs républicaines enseignées dans les écoles militaires. Les vidéos dans ce sens circulent même, librement, sur internet. En langage clair : on ne suivra pas Ouattara dans sa dérive autocratique.

Quand on regarde son visage d'homme fourbe (d'une fausseté sans pareille), on a de la peine à croire que c'est cet homme qui avait mis la Côte d'Ivoire à feu et à sang, dès décembre 1999 (alors qu'il est Burkinabé de naissance et Ivoirien seulement d'adoption), transformant l'armée de ce pays en une armée de mutineries et de tentatives de coup d'état. C'est lui qui finançait cette activité déstabilisatrice alors qu'il n'était pas encore arrivé au pouvoir. Maintenant qu'il l'exerce, sans partage, depuis dix ans ans, nul doute qu'il dispose d'un véritable trésor de guerre. Mais, pour la première fois : les Ivoiriens jurent que son 3e mandat ne passera pas. Car trop c'est trop. Les troubles ne font que commencer en Côte d'Ivoire.

Les plus populaires