PRESIDENTIELLE EN FRANCE : Après avoir plombé la gauche en 2017, François Hollande veut aider à reconquérir le pouvoir perdu

Après avoir produit un bilan tel qu'il ne se voyait pas en mesure de le défendre, en 2017, laissant du coup les Socialistes être défendus par le candidat, Benoit Hamon, sans réelle envergure nationale, l'ancien chef de l'Etat, qui semble s'être remis de cette déculottée, regrette que le PS ne soit pas dans «la situation la plus brillante qu'il soit» alors qu'il devrait, selon lui, jouer un rôle «pivot» pour faire gagner la gauche en 2022.

Interrogé, mercredi, 9 septembre, sur BFMTV et RMC, l'ancien président socialiste a indiqué qu'il allait, «dans les prochains mois», «travailler sur le projet» présidentiel de la gauche dans la perspective de 2022. Un projet qu'il pourrait incarner ? Dans un récent entretien à Ouest-France, fin août, il n'avait pas totalement fermé la porte, affirmant simplement qu'il ne cherchait «rien pour lui-même», mais, qu'il pouvait «être utile par ses idées, son expérience». Cela dit, on note qu'aucun ancien chef d'Etat français n'a, jusque-là, réussi son come back, bien que presque tous s'y essaient souvent, en dehors de François Mitterrand et Jacques Chirac, qui quittèrent le pouvoir, bien gagnés par la maladie.

Nicolas Sarkozy, qui voulait revenir, a subi une cuisante défaite lors des primaires en 2016, laissant la place à son ancien premier ministre, François Fillon. Bien avant lui, Valérie Giscard d'Estaing avait fini par jeter l'éponge, après avoir essayé un retour en 1988 que personne ne voulait dans le camp politique de la droite. Mitterrand qui visait un deuxième mandat n'eut aucune difficulté à terrasser Chirac, son ancien premier ministre de cohabitation. Giscard prit ainsi sa retraite en restant membre du Conseil constitutionnel. Plus proche de nous, François Hollande, ce fossoyeur du parti socialiste, qui, à cause d'une gouvernance alambiquée aussi bien de l'Etat que de sa propre vie privée, a réussi, à totalement, démolir le PS (qui avait réussi à gagner la présidentielle en 2012) en le faisant tomber à 6% en 2017. Une contreperformance qui devrait le pousser à quitter la politique. Mais, il semble conserver une volonté de vengeance à l'endroit de son ancien protégé, Emmanuel Macron, devenu son successeur inattendu, qui l'a bien eu comme s'il était un novice en politique. De là à penser à un réel retour de Hollande, il n'y a qu'un pas qu'on ne franchira pas à Afrique Education. Cela dit, il peut, utilement, participer à l'élaboration d'un programme de gauche élargi, à condition que ce ne soit pas pour son profit direct.

Pour le moment, l'ancien chef de l'Etat semble surtout regretter que le Parti socialiste (dont il a été aux commandes de 1997 à 2008), ne soit plus à la hauteur. «Il est aujourd'hui dans une situation qui n'est pas la plus brillante qui soit», a-t-il déploré. «Néanmoins, il reste une force qui doit être capable d'être le pivot. C'est ainsi que toutes les alternances ont pu se constituer. Celle de 1981 (avec l'élection de François Mitterrand, NDLR), Lionel Jospin en 1997 et moi-même en 2012», a-t-il voulu rappeler. Pour François Hollande, le camp de la gauche serait même «incapable» de l'emporter s'il ne se regroupe pas autour du Parti socialiste, seule force capable, selon lui, «de faire une synthèse et un projet».

Il a pris pour exemple son parcours personnel : «Si j'ai pu devenir président, c'est parce que je représentais une solution possible. Le projet que porte Jean-Luc Mélenchon, ou que porterait une femme, un homme de cette sensibilité-là, ne peut pas rassembler une majorité de Français. C'est dur de devenir président de la République. Il faut rassembler 51% des Français sur un projet», a souligné François Hollande. Il a raillé - prenant le soin de ne citer aucun nom : «Vouloir [être président] ne suffit pas, sinon vous auriez beaucoup de présidents de la République virtuels».

De quoi faire grincer des dents au PS. La ligne défendue par l'ancien président entre en totale opposition avec celle du premier secrétaire actuel. Loin de réclamer l'hégémonie des socialistes, Olivier Faure souhaite, lui, parler de «candidat commun» pour toute la gauche et propose que les différentes formations se mettent d'accord autour d'un «projet de gouvernement».

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