PRESIDENTIELLE SUD AFRICAINE : Cyril Ramaphosa à la recherche des alliés pour gagner

L'actuel président sud-africain n'a guère le choix. Dans le creux de la vague où Jacob Zuma a laissé l'ANC (Congrès national africain) avant de quitter le pouvoir contraint et forcé, il ne faut pas chercher de midi à quatorze heures pour appeler à l'union, seule et unique stratégie qui pourrait faire la force, et permettre la victoire à la présidentielle de 2019 de Cyril Ramaphosa. Ce dernier ne s'y est, d'ailleurs, pas trompé, en lançant, dès maintenant, l'offensive de charme en direction de toutes les organisations qui démultiplient, souvent, la puissance de l'ANC. La question est, cependant, de savoir si cette opération de charme sera couronnée de succès ?

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a, donc, engagé, mardi, 22 mai, une offensive politique de charme pour tenter de rabibocher l'ANC, avec ses partenaires historiques en vue des élections générales de 2019. Le Parti communiste sud-africain (SACP) et la puissante centrale syndicale Cosatu ont, nettement, pris leurs distances avec l'ANC depuis les derniers mois du règne du très controversé Jacob Zuma.

Ces deux alliés inséparables du parti de feu Nelson Mandela depuis l'avènement de l'Afrique du Sud démocratique en 1994 reprochaient, entre autres, à Jacob Zuma son implication dans de multiples scandales de corruption.

En octobre dernier, l'ex-chef de l'Etat avait limogé, sans ménagement, l'un des dirigeants du SACP, Blade Nzimande, très critique à son endroit. Le parti avait, en retour, menacé de faire bande à part lors des prochains scrutins.

Quelques mois plus tôt, Jacob Zuma avait dû quitter un rassemblement du 1er mai organisé par la Cosatu et renoncer à y prendre la parole, copieusement, hué par la foule.

Ancien syndicaliste reconverti dans les affaires, Cyril Ramaphosa a tenté de recoller les morceaux avec la centrale syndicale.

"Les élections à venir nous imposent d'être unis. Nous devons, ensemble, jouer un rôle important pour concrétiser, au nom du peuple, les objectifs de notre révolution démocratique nationale", a lancé le chef de l'Etat à ses alliés.

L'ANC a subi un cuisant revers lors des élections locales de 2016, cédant à l'opposition le contrôle de municipalités emblématiques telles que Johannesburg, Pretoria ou Port-Elizabeth.

Cyril Ramaphosa a succédé, ces derniers mois, à Jacob Zuma à la tête de l'ANC puis du pays, avec l'ambition de conserver la majorité absolue lors des élections de l'an prochain.

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