RACISME EN FRANCE : Les maires disent NIET aux rues portant les noms des combattants africains

Les Français ont-ils la mémoire courte ? A voir comment ils traitent les Africains dans leur pays, il y a lieu de se poser cette question. Les deux guerres mondiales ne sont pourtant pas loin des souvenirs. Qui ne se rappelle que les deux victoires françaises furent préparées en Afrique et que les combattants africains y prirent une part notable ? Aujourd'hui où la France a consacré son amitié avec le pays qui la dominait hier, l'Allemagne, elle a oublié ceux qui étaient là pour l'aider à ne pas se coucher : les combattants africains. Cherchez les noms de combattants africains morts pour la France. Vous ne trouverez (à peu près) rien. Quelle ingratitude !

Le président, Emmanuel Macron, a essayé de corriger le tir. Mais, un an après son discours en ce sens, rien n'a bougé. C'est pourquoi la présidente de l'Association pour la mémoire des tirailleurs sénégalais, Aïssata Seck, a lancé, vendredi, 14 août, un appel aux maires de France pour qu’ils donnent à des rues les noms de combattants des anciennes colonies, conformément, aux souhaits du président de la République. Mais, il faut dire que cela n'est pas du tout une préoccupation dans les mairies où on dit avoir d'autres chats à fouetter. Est-ce une réponse à donner à ceux qui sont morts pour la survie de la France en tant qu'Etat moderne et indépendant ?

« Les noms de nos rues de France ne doivent pas nous diviser, mais nous rassembler, et nous ressembler », a-t-elle écrit dans cette lettre adressée à François Baroin, le président de l’Association des maires de France (AMF) et possible candidat Les Républicains à l'élection présidentielle de 2022. Une question qui n'est pas vraiment à l'ordre du jour qui se dessine selon l'épaisseur du nombre de votants qu'on escompte à la future présidentielle.

Il faudra donc beaucoup plus qu'une simple lettre d'Aïssata Seck, conseillère municipale à Bondy (93) de Génération.s, pour intéresser, vraiment, l'AMF et son président.

« Vous pouvez faire en sorte que nos rues mettent à l’honneur ces héros oubliés, et faire de cet engagement une priorité auprès des maires nouvellement élu-es », a-t-elle ajouté, soulignant qu’une pétition sur le site Change.org avait, déjà, recueilli près de 17 000 signatures pour exhorter les élus à donner aux rues les noms de ces combattants.

Ils s’appelaient Sei Koné, Addi Bâ, Mohamed Bel Hadj, Valentin Béhélo, ou encore, Philippe Bernardino. Ces soldats venus d’Afrique, du Pacifique ou des Antilles, ont, tous, contribué à faire de la France d’aujourd’hui une nation libre, a-t-elle rappelé.

Contactée pour justifier son refus de favoriser l'application de cette demande présidentielle, l’AMF a répondu aux abonnés absents. Pour dire la vérité, elle a, carrément, botté en touche.

Aïssata Seck a diffusé cette lettre une année après le discours d’Emmanuel Macron lors des commémorations du 75e débarquement en Provence, à la nécropole nationale de Boulouris, à Saint-Raphaël (Sud-Est), où reposent 464 combattants de l’armée française.

Le président avait alors appelé les maires à honorer les combattants africains, qui se sacrifièrent pour défendre une terre lointaine lors de la seconde guerre mondiale.

Mais, comme on le constate, amèrement, cette volonté présidentielle est restée lettre morte. Au stade de simple discours.

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