RDC : Kinshasa sous haute surveillance ce 31 décembre 2017

Faut-il avoir peur pour la capitale de la République démocratique du Congo (RDC) ce dimanche, 31 décembre ? Depuis que le président, Joseph Kabila, a décidé de jouer les prolongations à la tête de l'Etat, et ce contre la volonté populaire, le pays court un danger certain. A tout moment. Même une petite étincelle négligeable est susceptible d'embraser la capitale. Rien n'est donc à négliger et les autorités, pour préserver leur pouvoir, sont obligées de rester, tout le temps, sur le qui-vive. C'est le cas, ce dimanche, 31 décembre, où le pays s'apprête à vivre une Saint-Sylvestre à hauts risques avec des marches, après la messe, à l’appel des catholiques contre le prolongement du pouvoir du président Joseph Kabila.

Ces "marches pacifiques" ont, d’ores et déjà, été interdites par les autorités qui laissent planer la menace d’une riposte implacable, sous le regard inquiet des chancelleries.
Dans la nuit de samedi à dimanche, des soldats avaient pris position devant certaines églises de Kinshasa.
Ces marches ont été convoquées par les catholiques d’un "comité laïc de coordination".

Les organisateurs demandent au président Kabila de déclarer, publiquement, qu'il ne sera pas candidat à sa propre succession. Kabila reste silencieux et ne dit rien de ses intentions.
Ils souhaitent, aussi, un "calendrier électoral consensuel" à la place de l’actuel, qui prévoit des élections le 23 décembre 2018 pour remplacer le président Kabila, dont le dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016.

A Kinshasa, la capitale au plus de 10 millions d’habitants, les fidèles sont invités à sortir dans la rue, bibles, crucifix et chapelets à la main, après la messe qui a commencé dès l’aube, vers 06h00 du matin (05h00 GMT).

"Il n’y aura pas de marche. Toute personne qui tentera de marcher va trouver la police sur son chemin", a, cependant, prévenu le chef de la police de Kinshasa, Sylvano Kasongo.
Il s’appuie sur la décision du gouverneur de Kinshasa, André Kimbuta, qui a interdit ces marches. Le gouverneur estime que les organisateurs ne lui ont pas communiqué d’itinéraires précis et qu’il ne dispose pas d’effectif policier suffisant pour encadrer les marcheurs.

"Nous marcherons parce que c’est un droit constitutionnel", a répondu un porte-parole des organisateurs, affirmant que la "hiérarchie catholique a soutenu la marche".
La très puissante conférence épiscopale (Cenco) tout comme le représentant du Vatican en RDC n’ont pas soutenu, officiellement, ces marches mais ne les ont pas rejetées non plus. "Aucun évêque ne condamne cette marche", aurait fait savoir l’épiscopat d’après le site d’information Diacenco.

Cette marche est suivie de près par la Mission des Nations-Unies au Congo (Monusco) et par les chancelleries qui demandent, en vain, au régime de Kinshasa de respecter la liberté de réunion et de manifestation pacifique.

"L’UE, les Etats membres, la Monusco et les collègues de la communauté internationale observeront, attentivement, les événements de ce dimanche en RDC", a tweeté le délégué de l’Union européenne à Kinshasa, Bart Ouvry.

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