RETOUR DU MAROC DANS L'UNION AFRICAINE : Macky Sall n'a pas tout dit

Voici ce que le président sénégalais, Macky Sall, a déclaré au sortir d'un Conseil des ministres tenu, hier, à Pikine, une banlieue proche de Dakar : "Le retour du Maroc (au sein de l'Union africaine) est une chose complètement naturelle. Le Maroc fait partie de l'Afrique".
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"Aujourd'hui, le Maroc a décidé de revenir et de demander que la légalité constitutionnelle internationale soit respectée, conformément, à ce qui se passe à l'ONU où le Sahara n'est pas représenté comme Etat indépendant", et "le Sénégal est totalement en phase avec le Maroc et le soutient totalement sur cette question", a, encore, déclaré le président sénégalais (fin de citation). Sauf que le Maroc n'est jamais sorti de l'ONU comme cela a été le cas à l'OUA.

L'Etat du Sénégal et son président sont libres de soutenir le royaume du Maroc. Ce n'est pas nouveau. Alors qu'il était président du Sénégal, Me Abdoulaye Wade en avait fait un sujet de préoccupation majeure de sa diplomatie, sans grand succès. Macky Sall, à l'époque, était premier ministre. Cette fois, la donne change car c'est le Maroc, lui-même, qui, ayant constaté qu'il avait beaucoup plus à perdre à rester hors de l'Union africaine (UA) que d'y être, demande à la réintégrer. Mieux vaut tard que jamais.

Toutefois, il ne sera pas aisé pour le royaume et les 28 pays qui le soutiennent, actuellement, au sein de l'UA, d'obtenir la suspension de la République arabe saharouie démocratique (RASD) de l'organisation car elle bénéficie, aussi, de soutiens de taille comme l'Algérie, l'Afrique du Sud, le Nigeria, l'Angola, et beaucoup d'autres pays. La règle des 2/3 sera, difficilement, applicable sauf à revenir au fâcheux clivage que connaissait l'organisation panafricaine, dans les années 80. Une période à (vite) oublier.

Cela dit, ce que Macky Sall n'a pas dit aux journalistes qui l'interrogeaient, c'est qu'il a dealé avec le Maroc. En effet, suite à l'appel formulé par Hissène Habré contre son verdict, un deuxième procès (en vue) lui sera, nettement, plus favorable : un vice de procédure ou un non-lieu, permettra à l'ancien dictateur tchadien de recouvrer sa liberté. Il irait, alors, séjourner au Maroc où une résidence est, d'ores et déjà, en train d'être retapée, pour l'accueillir, ses trois épouses et ses enfants.

Le président, Macky Sall, on peut le comprendre, voudrait, sans doute, se débarrasser de ce colis encombrant, si possible, avant la fin de cette année, de telle sorte que le ciel avant la présidentielle de 2019, soit dégagé, de ce côté.

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