SOMMET SUR LE MALI : La CEDEAO spécialiste de la politique de deux poids deux mesures

Ce n'est pas à chaque sommet que la Côte d'Ivoire et la Guinée recevront les leçons de démocratie des autres pays membres. Le président, Umaro Embalo, de Guinée Bissau avait, le premier, en visioconférence, invité le « menteur d'Abidjan » à mettre la pédale douce dans sa façon de condamner le putsch militaire qui avait eu raison du fragile pouvoir d'Ibrahim Boubacar Keita du Mali. Le culot du nouveau président bissau-guinéen en avait surpris plus d'un. Quelques jours après, à Niamey, c'est le grand Muhammadu Buhari du Nigeria, qui mettait les pieds dans le plat en demandant à ses homologues de respecter la limitation des mandats prônée par leur constitution (sur notre photo du Sommet d'Accra pas de Buhari ni d'Embalo. Ouattara et Condé par contre sont présents). Une fois de plus, « le menteur d'Abidjan » encaissa le coup, tout seul, parce que pressentant la leçon, Alpha Condé avait, lui, préféré se faire représenter à ce sommet par son ministre des Affaires étrangères. A Accra, le 15 septembre, le très effacé président du Ghana, Nana Akufo-Addo, qui ne veut fâcher personne, n'a pas été digne de la réputation du Ghana, pays qui compte des baroudeurs comme son prédécesseur, Jerry Rawlings.Toutefois, l'utilité de la CEDEAO est posée au moment où cette institution s'éloigne des attentes des peuples d'Afrique de l'Ouest, en n'en faisant qu'à la tête des chefs d'Etat dont beaucoup affichent un comportement réprimandable.

Les dirigeants ouest-africains de la CEDEAO espèrent la mise en place d'une autorité civile de transition dans les prochains «jours» au Mali, après des entretiens avec la junte qui y a pris le pouvoir le mois dernier, a déclaré le président ghanéen. Un président sous l'influence de Ouattara.

Le président, Nana Akufo-Addo, a déclaré que le bloc régional de la CEDEAO lèverait les sanctions «dès que» les civils seraient en place pour prendre le relais, ajoutant : «Nous espérons que nous parlons de jours et non de semaines».

Il faut dire que la CEDEAO dans le dossier malien ne représente que les seuls intérêts des chefs d'Etat et non ceux des peuples de l'Afrique de l'Ouest. Si tel n'était pas le cas, la CEDEAO aurait, déjà, intimé l'ordre à Alpha Condé et à Alassane Ouattara ne pas contourner la règle de deux mandats. La CEDEAO deviendrait crédible aux yeux des Africains de l'Ouest si elle prenait une telle position. Comment le CNSP malien et le peuple du Mali vont-ils obtempérer aux injonctions de la CEDEAO alors que cette organisation pratique une politique de deux poids deux mesures ? Autant elle est muette quand il s'agit de 3e mandat (le « menteur d'Abidjan » et Alpha Condé), autant elle devient virulente et exigeante quand il s'agit des militaires (libérateurs) du Mali. A ce rythme, la CEDEAO est vouée à une disparition pas lointaine. Car elle ne sert (strictement) à rien.

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