TCHAD : Le « maréchal » de pacotille (correctement) vaincu par la secte Boko Haram

On est fait maréchal pour honorer une carrière militaire remplie de victoires et symbolisée par de multiples décorations, à la façon des maréchaux de l'ex-armée rouge. Mais, au Tchad où Idriss Déby Itno est l'alpha et l'oméga, il s'est bombardé maréchal pour assouvir son ego personnel. Et se comparer à Khalifa Haftar. L'autre maréchal d'opérette. Car Déby est un militaire qui ne méritait même pas les 5 étoiles de général d'armée, et qui maintenant, va se pavaner avec des épaulettes de 7 étoiles. Un maréchal (de pacotille) qui doit son existence actuelle à plusieurs sauvetages de l'armée française dont la plus rocambolesque fut celle de 2008 quand il refusa l'exfiltration que lui proposait le président français, Nicolas Sarkozy, affirmant vouloir mourir, dans son palais, aux côtés de ses soldats. Ceux-ci étaient assaillis par les hommes de Nouri, qui étaient à 300 mètres du Palais. C'est finalement le patriarche Ondimba qui réussit à convaincre, et Sarkozy, et Déby d'accepter l'exfiltration dans la Base aérienne (française) de N'Djamena, et ce sans perte de son pouvoir auquel il tient tant. Arborer aujourd'hui la tenue de maréchal, c'est faire injure aux véritables militaires tchadiens morts pendant cette bataille.

On vous fait grâce des histoires de marchandage de Déby sur ses soldats. Indigne d'un véritable maréchal ! Le roi d'Arabie Saoudite lui a donné plusieurs dizaines de milliards de F CFA pour qu'il envoie près de 10.000 soldats combattre au Yémen. En Libye, il est dans de sordides combines avec le maréchal Haftar. Un autre général qui s'est donné le grade de maréchal, du jour au lendemain, sans qu'on sache quelle bataille il avait remportée ? La prise par la force de Tripoli ne l'a-t-il dépassé ? Depuis avril 2019 que ses soldats stationnaient à une cinquantaine de kilomètres de la capitale libyenne, il a été incapable de lancer l'assaut, jusqu'à ce que les soldats proches du gouvernement légal de Sarraj lui donnent une raclée militaire comparable à celle qu'Hisseine Habré infligea à un certain Mu'ammar al Kadhafi sur la Bande d'Aouzou.

Décidément, les maréchaux du Sahel collectionnent les défaites militaires.

On a compris que Déby ne supportait pas que Khalifa Haftar soit le seul maréchal de la bande sahélo-sahélienne. Il s'est fait, à son tour, bombarder maréchal par parallélisme des formes (sur notre photo Déby Itno en train de flotter dans sa nouvelle tenue de maréchal le 11 août à Ndjaména).

Autre preuve qui montre que Déby ne mérite pas la distinction de maréchal des armées : lors de sa dernière interview sur RFI dans Débat africain, il a reconnu que Boko Haram était encore là pour longtemps. Il y a deux ans, il avait déclaré exactement le contraire en affirmant que Boko Haram était vaincu et ne représentait plus aucun danger. Quelle contradiction ! Surtout, quel aveu d'échec après le massacre par Boko Haram, en mars dernier, de 567 militaires tchadiens lors de la bataille de Boma dans les pourtours du Lac Tchad (Déby reconnaît seulement la mort de 97 soldats). Une véritable déconfiture militaire qui, dans d'autres pays, aurait poussé au suicide. Mais, Déby Itno étant né avant la honte (comme on dit chez les Bantou), il n'a pas hésité, lui, à se faire bombader maréchal trois mois plus tard. Un tel décalage comportemental ne relève-t-il pas de la psychiatrie ?

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