TCHAD : Pour faire face à la crise, « le sultan » réduit son gouvernement d'un tiers de membres

Le président du Tchad, Idriss Déby Itno, est comme une grenouille qui voulait ressembler à l'éléphant. Mécontente de sa petite corpulence, et sans tenir compte des données du créateur suprême, elle s'était mise à boire, boire, boire, jusqu'à l'éclatement de son ventre, parce qu'elle ambitionnait de grossir comme l'éléphant. Le sultan du Tchad, heureusement, n'en est, pas encore, à l'éclatement de son pouvoir (que tôt ou tard Paris n'arrivera plus à sécuriser), mais, il doit, sérieusement, remettre en question sa catastrophique gouvernance. Après avoir contenu, pendant quelques années, les multiples rébellions qui l'assaillaient de toutes parts, il a voulu, grâce à l'argent du pétrole, faire aussi bien, sinon, mieux, que certains de ses voisins de la CEMAC : investissements dans tous les secteurs à grands frais et parfois sans études préalables de marché, enrichissement illicite immédiat et sans cause du clan présidentiel et de sa famille, corruption généralisée, exportation de façon démesurée de son armée sur plusieurs terrains militaires étrangers, parfois, aux frais du (seul) trésor public tchadien, etc. Bref, le pétrole peut faire des miracles, comme on le voit, parfois, dans les pays comme la Guinée équatoriale, mais, au Tchad, le pétrole, mauvaise gestion à l'appui, ne pouvait pas tout faire. La baisse des cours est venue ébranler le fragile édifice. Voilà le sultan (grenouille) qui risque d'éclater pour avoir voulu ressembler à l'éléphant (notre photo montrant le sultan sur son trône).

Le président tchadien, Idriss Déby Itno, a remanié son gouvernement, dimanche, 24 décembre, soir, réduisant le nombre de ministres de 37 à 24 pour des raisons d'économie et changeant les titulaires de plusieurs ministères clés, comme la Sécurité publique, les Affaires étrangères, la Justice et les Finances.

La réduction, dimanche soir, du nombre de portefeuilles ministériels "se justifie par les mesures d'austérité que prône le gouvernement", indique-t-on à la primature.

"Par cette restriction, les plus hautes autorités veulent réduire les dépenses de l'Etat face à la situation de crise financière que connaît le pays", ajoute-t-on.

La nouvelle équipe gouvernementale est marquée par le départ de 18 ministres tandis que 8 nouvelles personnalités y font leur entrée.

Les ministres des Affaires étrangères, Hissein Brahim Taha, et de la Sécurité publique, Ahamat Bachir, cèdent, notamment, leur portefeuille.

Le portefeuille des Affaires étrangères et de la Coopération est confié à Mahamat Zen Cherif, actuel ambassadeur du Tchad en Ethiopie.

Le ministère de la Sécurité publique devient le ministère de l'Administration, de la Sécurité publique et de la bonne Gouvernance. A sa tête est nommé Ahmadaye Abdelkerim Bhakit, ancien gouverneur de la région du Logone (Sud).

Enfin, le secrétaire général de la présidence, Djimet Arabi, devient ministre de la Justice et garde des Sceaux.

Par décret N°2353/PR/PM/2017 il a été porté remaniement du gouvernement ce dimanche 24 décembre 2017 :

1. Ministre des Infrastructures, du Désenclavement et de l’Aviation Civile : Adoum Younousmi
2. Ministre des Finances et du Budget : Abdoulaye Sabre-Fadoul
3. Ministre de l’Agriculture, de l’Irrigation et des Equipements Agricoles : Asséïd Gamar Assileck
4. Ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale : Mahamat Zène Chérif
5. Ministre de la Fonction Publique, du Travail et du Dialogue social : Mahamat Allahou Taher
6. Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation : Beyom Malo Adrien
7. Ministre de l’Administration du Territoire, de la Sécurité Publique et de la Gouvernance locale : Ahmadaye Abdelkérim Bokit
8. Ministre des Postes et des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, Porte-parole du Gouvernement : Mme Madeleine Aligué
9. Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits Humains : Djimet Arabi
10. Ministre Délégué à la Présidence de la République chargé de la Défense nationale, des Anciens Combattants et victimes de Guerre : Bichara Issa Djadallah
11. Ministre de la Jeunesse, du Tourisme, de la Culture, des Sports et de l’Artisanat : Mahamat Saleh Haroun
12. Ministre de l’Education nationale et de la Promotion civique : Ahmat Khazali Acyl
13. Ministre de l’Economie, de la Planification du Développement : Issa Doubragué
14. Ministre du Pétrole et de l’Energie : Bechir Madet
15. Ministre des Mines, du Développement industriel, Commercial et de la Promotion du Secteur privé : Youssouf Abassala
16. Ministre de l’Environnement de l’Eau, de la Pêche : Sidick Abdelkérim Haggar
17. Ministre de la Santé Publique : Aziz Mahamat Saleh
18. Ministre de la Femme, de la Famille et de la Solidarité nationale : Mme Amina Kodiyana
19. Ministre de l’Aménagement du Territoire, du Développement de l’Habitat et de l’Urbanisme : Sing-Yabé Barnabas
20. Ministre de l’Elevage et des Productions animales : Mahamat Annadif Youssouf
21. Ministre de la Formation professionnelle et des Petits Métiers : Adoum Dangaï Nokour Guet
22. Secrétaire Général du Gouvernement, chargé des Réformes et des Relations avec l’Assemblée nationale : Mme Assia Abbo
23. Secrétaire d’Etat à l’Education nationale et à la Promotion civique : Mme Nguesse Ndoubahidi Félicité
24. Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, à l’Intégration africaine et à la Coopération internationale : Mme Kadé Ndilguem Elizabeth
Pour l'opposition dont le député fédéraliste, NgarlejyYorongar, est l'un des principaux ténors, c'est, tout simplement, un « non-événement ».

Les plus populaires