TOGO : Le poste de premier ministre sera-t-il (enfin) conjugué au féminin ?

La vie a repris son cours normal, à Lomé, après la proclamation des résultats, la nuit de la veille, par le président de la CENI, Tchambakou Ayassor, qui donnaient vainqueur, Faure Gnassingbé, avec une très large avance sur le second, Agbéyomé Kodjo. Ce dernier (on s'y attendait un peu) a, vigoureusement, protesté, allant même jusqu'à inviter les Togolais « à refuser qu'on vole leur victoire ». Pourtant, la ville de Lomé, depuis ce lundi, 24 février, a repris son train-train quotidien où on voit chacun et chacune vaquer à ses occupations. La parenthèse de l'élection présidentielle s'est refermée hier avec le verdict provisoire de la CENI que ne renversera pas la Cour constitutionnelle.

De 10h30 à 13h00 GMT (heure du Togo), nous avons sillonné la ville de Lomé, de long en large, du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest, bravant, parfois, de gros embouteillages, pour évaluer la situation, dans la capitale togolaise, au lendemain de la proclamation de la victoire du président-candidat Faure Gnassingbé : Akodessewa, Atiebou, Tokoin Aéroport, Bè, Hedzranawoé, Kelegougan, Echangeur de Zongo, Agoè, Avedji, Totsi, Didjolé, Akossombo, Todman, Tokoin-Casablanca, Nyekonakpoè, Aflao (Frontière du Ghana), et bien entendu, le Contournement (Boulevard circulaire). Notre constat est unanime : au lendemain de la présidentielle du samedi, 22 février, et de la proclamation des résultats provisoires, dimanche, 23 février, les Togolais et les Togolaises se sont remis au travail, comme avant l'entrée du pays en campagne électorale.

Ils sont, maintenant, passés à autre chose. En fait, cette présidentielle n'était qu'une formalité dans la vie publique nationale, car beaucoup de Togolais savaient qui allait la gagner. Faure Gnassingbé restera leur président, pendant les cinq prochaines années, en attendant la confirmation de son écrasante victoire par la Cour constitutionnelle.

La réelle attente des Togolais et des Togolaises, est la composition du futur gouvernement dont le rôle sera de poursuivre le gros chantier du PND (Plan national de développement). A cet égard, une question de taille : sa mise en œuvre sera-t-elle poursuivie par une première ministre ? Les Togolaises l'avaient espéré lors du précédent quinquennat de Faure. Mais, malgré leur forte attente, elles n'ont rien obtenu sinon, la prestigieuse et honorifique présidence de l'Assemblée nationale que dirige, depuis le 23 janvier 2019, la très habile et compétente, Yawa Djigbodi Tségan (sur notre photo recevant la patronne de l'Organisation internationale de la Francophonie Louise Mushikiwabo le 18 décembre dernier à Lomé).

Si le président accédait à ce grand désir des militantes de UNIR, mais aussi, des autres femmes du Togo, il resterait égal à son image, c'est-à-dire, un dirigeant moderne et attentionné qui sait déplacer les montagnes en silence, sans bouleverser les grands équilibres du pays. Le Togo deviendrait, ainsi, ce pays africain de progrès et d'égalité-genre, où le gouvernement et le parlement seraient contrôlés par des femmes. Une situation inédite ! Qui dit mieux en Afrique de l'Ouest ? Qui fait autant en Afrique et même dans le monde ? A notre connaissance, Personne !

D'un de nos envoyés spéciaux au Togo.

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