UNION AFRICAINE/LIGUE ARABE : Le départ du Maroc et de ses alliés arabes fait échouer le Sommet

La question est de savoir : qui a invité le Maroc à participer à ce Sommet de l'Union africaine (UA), organisation dont il s'est exclu, volontairement, il y a une vingtaine d'années ? Toutefois, le Maroc est membre à part entière de la Ligue arabe, organisation à laquelle la République arabe sahraouie démocratique (RASD) n'appartient pas. La diplomatie du pays organisateur aurait, donc, dû anticiper ce conflit qui était inévitable. Elle ne l'a pas fait. Tout part de cette faille.

Le retour du Maroc, au sein de l'Union africaine (UA), après une vingtaine d'années d'absence, ne présage rien de bon. L'UA risque de revenir aux guerres de tranchée qu'avait connues la défunte OUA (Organisation de l'unité africaine), avec d'un côté, les « pays modérés » qui soutenaient le Maroc et le refus de l'adhésion de la RASD, et de l'autre, les « pays progressistes » avec comme chef de file, l'Algérie, qui soutenaient une telle adhésion. Ce conflit avait fini par paralyser le fonctionnement de l'OUA jusqu'au départ du Maroc de l'organisation. Son grand retour risque, aussi, de signer le retour des problèmes qu'on connaissait dans le passé. Pour preuve, il vient de faire échouer un Sommet de l'UA en ralliant à sa cause, les pays arabes les plus riches, présents à ce Sommet : Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Bahrein, Qatar, Sultanat d’Oman (notre photo montrant l'arrivée du délégué d'Oman), Jordanie et Yémen. Presque tous de grands bailleurs de fonds. Pour l'organisation de ce Sommet, l'Arabie Saoudite avait, par exemple, alloué une aide de 2,5 millions de dollars à Malabo. La Somalie s'est ajoutée à la liste des partants. Par contre, l'Egypte et le Koweit sont les rares pays arabes à n'avoir pas suivi le mouvement, sans parler de l'Algérie.

La délégation marocaine a pris cette décision pour protester contre "la présence de l'emblème d’une entité fantoche dans les salles de réunions", a indiqué le ministère marocain des Affaires étrangères et de la Coopération (MAEC) cité par l'agence de presse marocaine, MAP.

Le Maroc considère le Sahara occidental, qu’il contrôle, comme partie intégrante du royaume, alors que le Front Polisario, qui milite pour l’indépendance de cette ancienne colonie espagnole, réclame un référendum d’autodétermination. Si la RASD est membre de l'UA, elle n'est, par contre, ni membre de la Ligue arabe ni membre des Nations-Unies. Or, il s'agit d'un Sommet organisé par l'UA et la Ligue arabe, organisation où le Maroc compte de solides attaches. Voilà le problème qui a fait capoter le Sommet.

Le "coup d'éclat" du Maroc a été, sévèrement, jugé par certaines délégations africaines. Car il signe l'échec du Sommet, en refusant de faire cas le fait que le Sommet se tenait chez l'un de ses grands alliés de l'Afrique centrale, la Guinée équatoriale. La question est de savoir pourquoi la diplomatie équato-guinéenne n'a rien vu venir pour anticiper cette crise ? Beaucoup de responsables africains regrettaient d'avoir fait un déplacement inutile.

Selon la note d’orientation officielle de ce Sommet, les chefs d’Etat devraient entériner la création d’un Fonds arabo-africain en cas de catastrophe, ainsi que, différents accords liés à la problématique migratoire et à la lutte contre le terrorisme. Au programme, aussi, l’adoption d’un rapport sur la mise en oeuvre des initiatives de l’émir du Koweït sur l’investissement et le développement.

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