ZIMBABWE : Alassane Ouattara (le pion de l'Occident en Afrique) demande à Camarade Bob de quitter le pouvoir

On ne tardera pas à savoir quelle capitale occidentale a mandaté Alassane Ouattara pour faire savoir au président zimbabwéen, Robert Mugabe, qu'il était temps pour lui de quitter le pouvoir (notre photo montre la rencontre entre Tony Blair et Alassane Ouattara à Abidjan le 13 novembre 2017). Au nom de qui parle-t-il alors que l'Union africaine et la SADC appellent au respect de l'ordre constitutionnel ? La constitution du Zimbabwe pour le président ivoirien ne serait qu'un chiffon de papier ? Il est, vraiment, étonnant et curieux qu'Alassane Ouattara, qui est l'un des rares présidents (avec son homologue sénégalais Macky Sall) à être accusé de (grand) pion de l'Occident en Afrique et qui soutient, mordicus, le maintien du F CFA avec toutes ses fonctionnalités (coloniales), malgré le refus des élites africaines, veuille donner son avis (sans que personne ne la lui ait demandé) alors que les pays de la SADC au premier rang dans cette crise, observent une prudence à toute preuve, au regard de la grande complexité de la situation. Ouattara, une fois de plus, donne du grain à moudre aux Africains qui pensent qu'il est le prototype de chefs d'Etat (venus au pouvoir pour défendre les intérêts étrangers) dont les Africains n'ont plus besoin.

« De quoi je me mêle », pourrait, logiquement, rétorquer l'entourage de Robert Mugabe. Mais, tôt ou tard, Camarade Bob lui répondra, avec sa façon de dire les choses.

Car, contre toute attente, la sortie du président ivoirien a surpris plus d'un dirigeant africain quand il a affirmé, vendredi, 17 novembre, à Abidjan (soit 5 jours après avoir rencontré l'ancien premier ministre britannique, Tony Blair, à Abidjan), que le président zimbabwéen, Robert Mugabe, confronté à un coup de force de son armée (qui ne dit pas son nom), devrait "quitter ses fonctions dans la dignité" : "Il faut que le président Mugabe puisse quitter ses fonctions dans la dignité. C'est le message que j'ai transmis au président de l'Union africaine (le Guinéen Alpha Condé). Le président Mugabe est une personnalité qui a consacré une bonne partie de sa vie à son pays et à la libération de son pays de la colonisation", a déclaré Ouattara, en marge d'une cérémonie à Abidjan.

Pour lui, le chef de l'Etat zimbabwéen, âgé de 93 ans, "a été objet de respect et même d'adulation de beaucoup d'Africains et de jeunes Africains, mais, le monde a changé et ce qui se passe au Zimbabwe interpelle tous les hommes politiques et pas seulement les chefs d'Etat africains". Traduction : les dirigeants occidentaux (au premier rang desquels ceux de Washington et de Londres), responsables, en grande partie de la situation actuelle du Zimbabwe, à cause de leur volonté manifeste de faire chuter le régime de Mugabe, ont leur mot à dire.

"Evidemment à son âge et compte tenu de la durée de ses fonctions, tout le monde est conscient qu'il est temps qu'il cède son fauteuil à une nouvelle génération", a poursuivi le président ivoirien.

Il s'agit d'une sortie du président ivoirien qui est très mécontent de la normalisation lente mais progressive de la situation au Zimbabwe. Ouattara sait que le feu ne couve plus sous la cendre et que Camarade Bob reprend, timidement, le contrôle de la situation. Cette position démagogique du président ivoirien est contraire à celle de l'Union africaine qui a demandé le respect de l'ordre constitutionnel (tout comme la SADC dont le président sud-africain est son président en exercice), et que Robert Mugabe a refusé de démissionner, malgré l'insistance de l'armée.

Ouattara sait, aussi, que malgré la présence massive de l'armée dans Harare, Robert Mugabe a repris du service, comme président de la République, et que le parlement et le gouvernement (moins les trois ministres des Finances, de l'Education et de l'Administration, arrêtés par l'armée pour cause de proximité d'avec Grace Mugabe), travaillent normalement sans aucune entrave.

Ouattara sait que les Zimbabwéens vaquent, aussi, à leurs occupations sans aucun problème.
Et que le problème zimbabwéen est lié à la personne de la première dame, Grace Mugabe, qui avait l'ambition de succéder à son mari, un vœu qui rencontre d'énormes réticences au sein de la Zanu-PF et de l'armée. Ce problème peut se résoudre sans qu'on provoque un cataclysme dans le pays.

Cela dit, Ouattara a de la suite dans les idées : Robert Mugabe avait, farouchement, condamné l'intervention de Nicolas Sarkozy, en 2011, afin de déloger, militairement, Laurent Gbagbo du trou où il se terrait pour échapper aux forces françaises. Par la suite, il a, doublement, condamné le président, Alassane Ouattara, quand il prit la décision de faire convoyer Laurent Gbagbo à la CPI.

Ouattara, aujourd'hui, se venge en prenant cette position très politicienne à l'endroit de Camarade Bob. Cette position du président ivoirien n'est donc pas neutre. Elle est hypocrite et nourrie par une vengeance qui est l'arme la plus utilisée par le président ivoirien auprès de ses « partenaires » actuels du RHDP, à savoir, le PDCI, l'UDPCI et le MFA.

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