ZIMBABWE : Camarade Bob se réjouit-il de la défaite d'Hillary Clinton ?

Candidate malheureuse à l'accession à la Maison Blanche, Hillary Clinton compte beaucoup d'ennemis, et pas les moindres en Afrique. Est-ce parce qu'elle a trébuché que les langues se délient ? Toujours est-il que le quotidien d'Etat zimbabwéen, The Herald, se réjouit, ce jeudi, 10 novembre, de l'élection, à la présidence des Etats-Unis, du républicain, Donald Trump, dans un éditorial où il remercie le peuple américain de ne pas avoir élu la "belliciste" Hillary Clinton (notre photo). Le ton est, ainsi, donné. Au pays de Camarade Bob, on ne dit pas les choses à moitié, surtout, quand il s'agit d'une ennemie.

"Pour nous, au Zimbabwe, le combat destructeur (des Etats-Unis) s'est manifesté par des sanctions illégales contre le régime zimbabwéen (...) et le soutien d'activités de l'opposition et de guerres destructrices dans le monde entier", écrit The Herald.

"Si quiconque avait des doutes sur le désastre qu'une administration Clinton aurait annoncé pour le Zimbabwe, il n'a qu'à regarder les pleurs de l'opposition qui gémit comme si elle était endeuillée", poursuit le porte-voix du pouvoir zimbabwéen.

Le président Robert Mugabe, 92 ans, critique, régulièrement, les sanctions économiques imposées par Washington à son pays, à l'origine, jure-t-il, de sa désastreuse situation.

The Herard n'y est pas allé de main morte : "Les mains d'Hillary sont couvertes de sang, de la République démocratique du Congo à la Libye. Nous remercions encore les Américains d'avoir éloigné cette belliciste du pouvoir", insiste l'éditorial du Herald. Si ce n'est pas Camarade Bob qui a inspiré cet éditorial, il devrait être tout hilare en le parcourant, du haut de ses 92 ans. Pour prendre une telle liberté de ton sur un sujet aussi sensible, il a fallu que l'éditorialiste du Herald s'entoure d'un maximum de précautions et de contrefeux. Car il s'agit d'écrits qui peuvent donner lieu à rappel d'ambassadeur pour consultation.

Par contre, la réaction officielle du gouvernement d'Harare est restée plus mesurée.

Ainsi, le ministre de l'Information, Chris Mushohwe, a-t-il, tout simplement, rappelé, dans le même Herald, que le "Zimbabwe n'avait jamais été l'ennemi des Etats-Unis" et jugé "encourageant" le ton modéré du premier discours de Donald Trump, après sa victoire.

Le ministre espère que le "nouveau gouvernement va restaurer les relations historiques du Zimbabwe avec le peuple américain".

L'an dernier, Barack Obama avait profité d'un voyage au Kenya et en Ethiopie, le dernier, en Afrique, de sa présidence, pour critiquer les chefs d'Etat africains, qui s'accrochent au pouvoir. "Personne ne devrait être président à vie", avait-il dit. Mais, grand donneur de leçons devant l'éternel, ce même Obama est, ouvertement, critiqué qu'il n'ait, jamais, levé le moindre petit doigt, depuis son douillet Bureau Ovale, pour donner le plus petit coup de pouce, aux démocrates du Burundi, de la RDC, du Congo-Brazzaville, du Tchad ou de Gambie, quand ils en ont eu besoin, face à des pouvoirs dictatoriaux qui n'hésitent pas à utiliser les moyens de l'Etat pour arriver à leur fin.

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