ZIMBABWE : L'une des dernières batailles de Camarade Bob

La seule façon de se faire entendre, c'est la confrontation dans la rue. C'est à où se jugent les rapports de force. Voilà pourquoi le gouvernement et l'opposition se sont engagés, mardi, 13 septembre, dans un nouveau bras de fer, au Zimbabwe, avec l'interdiction, par la police, de nouvelles manifestations prévues contre le président, Robert Mugabe, que ses adversaires ont promis de défier.

Sur fond de fronde persistante contre le plus vieux chef de l'Etat en exercice sur la planète, le directeur général de la police, Newbert Saunyama, a prohibé tout rassemblement dans les rues d'Harare pour une période d'un mois à compter de vendredi. C'est inédit pour être signalé. Le Zimbabwe revient à l'époque où il était sous administration britannique avec l'appellation de Rhodésie.

Cette mesure vise "l'organisation des manifestations et défilés de toutes sortes (...) pour une période maximale d'un mois courant du 16 septembre au 15 octobre", a précisé le texte signé de sa main publié dans les colonnes du quotidien d'Etat Herald.

Même s'il ne le précise pas, cet ordre vise, explicitement, la nouvelle vague de manifestations de masse annoncées, dans tout le pays, pour samedi, par une coalition de partis d'opposition, emmenée par le Mouvement pour le changement démocratique (MDC).

"Que les partis d'opposition et tous ceux qui font le choix du chaos, du désordre et des manifestations violentes soient prévenus que notre patience a des limites", a lancé Camarade Bob (sur notre photo avec à ses côtés son épouse Grâce), le week-end dernier, devant le comité central de son parti, la Zanu-PF.

"Ils veulent terroriser les régions rurales en pensant à tort qu'ils peuvent ainsi intimider et harceler nos partisans. Qu'ils soient prévenus, ils ne gagneront pas cette guerre", a-t-il ajouté.

Immédiatement, après la publication de la nouvelle interdiction, les mouvements hostiles au régime ont assuré, mardi, 13 septembre, qu'ils passeraient outre et porteraient l'affaire devant la justice.

"Ce sont les derniers soubresauts d'un régime qui se meurt, nous n'espérions rien de mieux de sa part", a commenté un porte-parole du MDC, Douglas Mwozora. "Ils n'ont aucun respect pour le droit mais nous n'allons pas renoncer à nos droits constitutionnels", a-t-il ajouté.

"Nous ne tiendrons pas compte de cet ordre anticonstitutionnel de la police", a, pour sa part, promis Hardlife Mudzingwa, le porte-parole du mouvement #Tajamuka ("Nous sommes agités"), une des multiples organisations de la société civile à la pointe de la fronde contre le pouvoir.

La semaine dernière, les magistrats de la Haute Cour du Zimbabwe avaient, ouvertement, défié le gouvernement en levant une précédente mesure de la police prohibant tout rassemblement de masse dans les rues de la capitale jusqu'au 16 septembre.

L'opposition réclame, notamment, des réformes électorales, alors que des élections générales sont prévues en 2018. Camarade Bob compte se représenter, à nouveau, à la fonction suprême.

Les plus populaires