Politique

Bras de fer et parties de poker menteur, folles rumeurs et comportements irresponsables, plongent la population centrafricaine, dans le désarroi,  à quelques jours du 1er tour des élections présidentielle et législatives.

 

Le 14 décembre 2008, George W. Bush, instigateur d'une guerre injustifiée en Irak (Saddam Hussein ne détenait pas d'armes de destruction massives selon l’inspecteur de l’ONU Hans Blix.), venait d’achever une visite surprise en Irak. Pendant qu’il échangeait avec les journalistes irakiens, l’un d’entre eux, Mountazer al-Zaïdi, qui était assis au 3e rang et qui travaille pour la chaîne sunnite, al-Bagadadia, jeta, subitement, ses deux chaussures sur le président américain en criant : “C'est le baiser de l'adieu, espèce de chien. Vous êtes responsable de la mort de milliers d'Irakiens.” Mountazer al-Zaïdi fut certes condamné à un an de prison pour “agression contre un chef d’Etat en visite officielle”, mais, pour beaucoup dans le monde arabe, c’était un héros. Il fut libéré après 9 mois de prison. Quand on lui demanda ce qu’il pensait de son acte, il répondit : “Ce que je regrette, c’est de n’avoir pas eu à ce moment-là une autre paire de chaussures. Les soldats américains doivent quitter l’Irak immédiatement.”

 

On ne blague pas au Chili avec la loi. Le président chilien, Sebastian Pinera, a écopé d’une amende de 3 500 dollars après avoir réalisé un selfie avec une belle jeune inconnue, sur une plage. Le chef de l’Etat a enfreint les règles mises en place dans le pays pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. Peut-on imaginer la même chose dans un pays africain ? C'est dire que le niveau de démocratie dans d'autres pays du tiers-monde dont le niveau de développement est comparable à ceux d'Afrique est tellement avancé qu'on est obligé de constater que l'Afrique (avec le soutien hypocrite de ses bailleurs de fonds et partenaires de développement) ne fait que reculer. Pour le bien de ces bailleurs de fonds.

 

La démarche du G5 en Centrafrique montre la façon (très laxiste) dont les questions africaines sont traitées à l'international. Parce que cela coûte cher à la communauté internationale, parce que pour une raison ou pour une autre, on ne veut pas s'en occuper, parce qu'on considère que c'est un éternel recommencement en Centrafrique, et pour d'autres raisons qu'on n'évoque pas forcément ici, le G5 a expédié la question de l'insécurité même si elle est est importantissime pour la tenue des élections centrafricaines.

Le G5 centrafricain est composé de la Russie, de la France, des Etats-Unis, de l'Union européenne, de la CEEAC et de la Banque mondiale. Plutôt un G6 qu'un G5. Ce G5 a beaucoup investi en Centrafrique pour une bonne tenue des élections en date du 27 décembre. Mais, dans ce domaine comme dans presque tous les autres, le gouvernement de Touadéra a été d'une inefficacité, d'une incapacité légendaire à répondre aux attentes des bailleurs de fonds. Quand l'argent n'a pas été détourné, il a été très mal utilisé. Conséquence : il est impossible de tenir des élections où 85% du territoire est contrôlé par 14 groupes armés (contre 50% du territoire tenu par 4 groupes armés quand Touadéra arrivait au pouvoir début 2016). En fermant les yeux et les oreilles sur le cri de désespoir de l'opposition, le G5 estime-t-il qu'il s'agit d'une AFFAIRE DES NEGRES et qu'ils n'ont qu'à s'entre-tuer, n'ayant pas réussi à bien utiliser l'argent qui a été mis à leur disposition pour faire des élections transparentes ?

Ce qui en réalité veut dire que, non seulement, le gouvernement du président Touadéra a échoué à utiliser l'argent du G5 pour une bonne tenue des élections (et tout le monde le constate), mais, le G5, au lieu de le sanctionner pour cet échec, l'autorise, au contraire, à organiser une élection qui n'en sera pas une car impossible de faire campagne dans un pays occupé à 85% par les groupes armés, ce qui ne peut qu'être une prime à la mauvaise gestion de Touadéra qui, lui, soutient, fermement, la tenue de ces élections à date parce que, lui, fait campagne par avion.

Sa destination est sans doute d'ores et déjà arrêtée, bien qu'elle soit, pour l'heure, gardée secrète. Question d'éviter la déstabilisation dans son camp. Cela dit, on croit savoir qu'il traverserait la frontière du Cameroun ou celle de la République démocratique du Congo, pour s'y réfugier. Au moins dans un premier temps. Il ne s'agit plus d'une hypothèse d'école. Et les Russes ? (Grand point d'interrogation).

 

Le chien aboie la caravane passe. Alors que le Centrafrique est en passe de brûler au point où la MINUSCA a mis tous ses effectifs en alerte maximum, mais aussi, les FACA (Forces armées centrafricaines), le président-sortant, Faustin Archange Touadéra, fait comme si de rien n'était. Il continue, imperturbablement, sa campagne comme si tout allait bien alors que les rebelles sont, déjà, dans les faubourgs de Bangui. Sur qui compte-t-il pour afficher une telle assurance ?

 

Dans les zones occupées par les milices, soit, environ 80 % du territoire, il ne serait pas surprenant que les milices armées exercent des pressions ou menacent des électeurs ou des candidats pendant la campagne électorale et le déroulement du vote. Pour les milices armées, il n'y a aucune raison de respecter de trêve pendant cette période. 

 

Après avoir dirigé le Burundi deux fois, de 1987 à 1993, puis, de 1996 à 2003, le général-major, Pierre Buyoya a tiré sa révérence, à Paris, terrassé par le coronavirus. Il avait été contaminé, début décembre, au Mali où il officiait comme représentant spécial (démissionnaire) de l'Union africaine.

 

Pire, le Centrafrique risque de plonger, à nouveau, dans un conflit militaire interne certain. Et pour cause, le président-sortant, Faustin Archange Touadéra, voulant un passage en force face à des candidats qu'il estime pouvoir battre facilement, il a manoeuvré au niveau de la Cour constitutionnelle pour que la candidature de l'ancien président, François Bozizé, soit invalidée. La seule candidature qui lui faisait peur. Touadéra est donc mauvais joueur. Car François Bozizé était très capable de le battre, sur terrain vert, si sa candidature avait été validée. Nul ne sait si Touadéra a eu ce mauvais conseil de la part de ses amis russes qui s'occupent de sa sécurité rapprochée. Mais, toujours est-il que Bozizé qui s'y connaît en matière de rébellion, s'active pour faire rendre à Touadéra, la monnaie de sa pièce. Bozizé n'est pas seul dans ce défi. Il est soutenu par les Français, mais aussi, par leur agent local, à savoir, le président tchadien, Idriss Déby Itno (qui fut à l'origine de l'éviction de Bozizé du pouvoir en 2013). C'est dire que les temps ont changé et que Faustin Archange Touadéra est d'une nullité incroyable pour se retrouver dans une telle situation aujourd'hui. Sa place, visiblement, n'est pas à la tête de l'Etat, mais, dans un amphithéâtre de l'Université de Bangui.

 

Le président, Emmanuel Macron, s’isolera pendant sept jours et assurera ses activités à distance, précise l'Elysée. Testé positif au coronavirus, il n'a pas précisé dans quelle circonstance il a dû contacter ce terrible virus. On sait juste que ses cas contacts sont par exemple, le premier ministre, Jean Castex, et le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand. Ces deux hauts responsables de l'Etat vont, également, s'isoler à titre de précaution.

 

Que ne ferait donc pas le jeune président pour essayer de diminuer la catastrophique image de la France en Afrique ? En Afrique, on a fini par comprendre que c'était une question de vie ou de mort pour la France : ou bien, elle adopte une politique transparente et digne d'un grand pays qui défend ses intérêts en Afrique de la façon la plus honnête comme l'Angleterre, l'ex-puissance coloniale, défend les siens en Afrique sans que cela ne puisse faire hurler personne. Ou bien, elle continue sa politique françafricaine qui consiste à soutenir contre vents et marées des dirigeants honnis par les peuples comme l'Ivoirien, Alassane Ouattara, qui fut placé à la tête de la Côte d'Ivoire, en 2011, par Nicolas Sarkozy afin de consolider les intérêts de la France dans les pays de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine). La France, du général de Gaulle au jeune président Macron, vibre au même diapason en Afrique : la gauche comme droite, c'est du pareil au même. Les deux font la même politique en Afrique : soutien aux dictateurs placés à la tête des Etats pour préserver les intérêts hexagonaux le cas échéant en fermant les yeux lors des fraudes électorales, manœuvres diverses afin que l'armée française, présente sur le continent, ne le quitte jamais, afin de reconquérir certains espaces, parfois, en faisant semblant d'oeuvrer pour la paix après avoir agi en sous-main pour qu'il y ait des crises. Les exemples sont multiformes et peu de pays francophones d'Afrique échappent à cette analyse. C'est l'intervention du sapeur pompier après avoir été le pyromane en chef.

Une telle attitude vue, actuellement, au Nord-Mali où les militaires arrivés au pouvoir par un coup d'état salvateur, cherchent à changer la donne en négociant directement avec les Maliens du Nord devenus djihadistes par la force des choses, est de plus en plus dénoncée dans les réseaux sociaux. Les Africains sont, donc, de plus en plus au courant de la façon dont l'impérialisme (qu'il soit occidental, russe, chinois ou turque) se comporte dans leurs pays. C'est un grand pas en avant pour les Africains car une maladie bien diagnostiquée est à moitié guérie.

 

Ce n'est un secret pour personne que le retour de l'ancien président, François Bozizé, en Centrafrique, s'est effectué sans l'accord préalable du président, Faustin Archange Touadéra, comme cela aurait dû, logiquement, se faire. Ce sont les Français qui avaient organisé son périple depuis Kampala via la France, avant son atterrissage à Bangui, en décembre 2019, à la barbe des services secrets russes, qui n'avaient rien vu venir. Touadéra, lui-même, a dû se sentir en insécurité devant cette grosse défaillance des services de renseignement russes. Forcé à quitter le pouvoir en 2013, François Bozizé, qui, entre-temps, s'est réconcilié avec les Français, courait, bien entendu, en Centrafrique pour pouvoir se présenter à la présidentielle du 27 décembre. En tant qu'ancien président, il faisait office de candidat sérieux face au président sortant. Mais, voilà que la Cour constitutionnelle s'en est mêlée, aidée, activement, en cela par Touadéra, qui est prêt à tout (comme on l'a vu sous d'autres cieux africains) pour avoir son deuxième mandat. La France va donc devoir se chercher un autre candidat, son opération de transbordement de Bozizé depuis l'Ouganda ayant échoué dans son objectif essentiel, à savoir, se présenter à la présidentielle. Voire la gagner.

Le premier ministre du royaume africain d'eSwatini est mort, dimanche, 13 décembre, dans l'après-midi, dans un hôpital sud-africain, selon le gouvernement de ce pays, ex-Swaziland, dans un communiqué, sans préciser la cause de ce décès. «Sa Majesté m'a demandé d'informer la nation du décès triste et prématuré» du premier ministre, «cet après-midi alors qu'il était soigné dans un hôpital en Afrique du Sud», a déclaré le vice-premier ministre, Themba Masuku, dans un communiqué. Ambrose Dlamini, premier ministre de la dernière monarchie absolue du continent, avait 52 ans. Il avait été hospitalisé en Afrique du Sud pour y être soigné, début décembre, deux semaines après avoir été diagnostiqué positif au Covid-19.

 

Des hommes armés ont attaqué un établissement d'enseignement secondaire dans l'Etat de Katsina, dans le Nord du Nigeria, enlevant plusieurs élèves selon des témoignages d'habitants. Ces élèves enlevés sont de futurs bombes humaines de la secte. Autrement dit, dans les prochains mois, s'ils ne sont pas rapidement libérés, ces élèves kidnappés à l'issue d'une petite formation, porteront des ceintures à explosifs pour perpétrer des attentats dans les marchés et autres lieux publics. Le pouvoir pour le pouvoir ! Muhammadu Buhari avait été élu pour éradiquer la secte Boko Haram, qui avait fait éjecter l'incapable, Godluck Jonathan, du pouvoir. On se rend, malheureusement, compte que tout général qu'il soit, même s'il a démissionné de l'armée pour faire de la politique politicienne, Buhari est un incompétent notoire. Sa longue silhouette montre une fragilité qui n'échappe plus à personne. Son indolence a fini par sidérer même ses plus fervents supporteurs. Cela dit, il est tel qu'Allah l'a fait, c'est-à-dire, fébrile, nonchalent, incapable de réaction même quand Boko Haram décime des régiments entiers de sa piètre armée nationale. Buhari est le symbole de l'échec patent de cette armée où il a fait l'essentiel de sa carrière.

 

Le journaliste iranien, Rouhollah Zam, qui a vécu un temps en exil en France, a été exécuté, samedi, 12 décembre, rapporte la télévision d’Etat en Iran. La Cour suprême iranienne avait confirmé mardi la condamnation à mort de ce journaliste jugé coupable d’incitation à la violence lors du mouvement de contestation de 2017.

 

Le 27 décembre, c'est la date de l'élection présidentielle en Centrafrique. 17 candidats ont été admis à concourir et beaucoup d'autres ont été recalés dont l'ancien président, François Bozizé. En ce moment, le président-candidat, Faustin Archange Touadéra, l'ancienne présidente de transition, Catherine Samba-Panza, et, l'ancien premier ministre, Martin Ziguélé, multiplient les déclarations d'intention et de profession de foi. On n'entend pas beaucoup les autres. Viennent-ils en aventuriers ?

 

La Cour internationale de Justice (CIJ) a débouté, vendredi, 11 décembre, Malabo dans le bras de fer juridique qui l'oppose à Paris autour de l'affaire dite des "biens mal acquis", impliquant le fils du président équato-équatorien, Teodoro Obiang.  Cette question se pose : la justice internationale a-t-elle des comptes à rendre en Guinée équatoriale au point d'ignorer le contenu des lois de ce pays ?

 

Alors que le « clown » de la Maison Blanche continue d'activer ses réseaux afin que la justice aboutisse à l'annulation de sa défaite, le président élu, Joe Biden, et la vice-présidente élue, Kamala Harris, ont été désignés, jeudi, 10 décembre, « Personnalités de l'année » du magazine Time. Pendant que « Joe l'endormi » ou « Joe le dormeur » (comme le surnommait Trump avant sa défaite), avance dans la composition de son futur cabinet, après avoir reçu les félicitations de la quasi-totalité des dirigeants du monde, qui le reconnaissent comme le président élu des Etats-Unis, le futur sortant en est encore à espérer conserver son poste grâce à la Cour suprême qui compte 6 juges sur 9 de la tendance républicaine. C'est dire qu'il rêve en plein jour.

 

Guy Parmelin, membre du parti de la droite populiste, UDC, a été élu, mercredi, 9 décembre, à la présidence de la Confédération helvétique.

L'assassin de Samuel Paty a été enterré dimanche, 6 décembre, en Tchétchénie. Il a été célébré comme un héros national par une partie de la population.