Politique

Romain Bedel Soussa, comme beaucoup de Congolais, a été affecté par la mort du professeur des professeurs, Pascal Lissouba. Victime du coup d'état perpétré en octobre 1997 par celui que le président, Pascal Lissouba, qualifiait (à juste titre) de « général félon », c'est-à-dire, Denis Sassou Nguesso, il avait dit adieu à la politique en installant ses quartiers à Perpignan en France. Fidèle conseiller pendant tout son parcours présidentiel au point qu'il se voyait à son image (les deux hommes ont d'ailleurs des Antillaises comme épouses), Romain Bedel Soussa a, naturellement, suivi son mentor en exil. C'est donc un témoignage de cœur qu'il livre ce matin et qui est le reflet d'une sincérité qui n'avait jamais fait défaut au bien distingué professeur des professeurs.

La tenue des élections présidentielles centrafricaines est  prévue pour le 27 décembre prochain, sauf imprévu. La liste des candidats s'allonge au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'échéance. C'est a priori un bon signe pour la démocratie. Cependant, on ne peut qu'être surpris de la médiocrité du discours politique et du flou artistique qui entoure les programmes. Il est peut-être encore trop tôt pour en dire plus.

Après avoir ébranlé le pouvoir d'Emmanuel Macron en 2018, les Gilets Jaunes reviennent en force. Ils s'annoncent en pleine rentrée perturbée par le regain du coronavirus par une première manifestation, qui leur donnera l'occasion de demander ni plus ni moins la démission d'Emmanuel Macron.

Guillaume Soro, exclu de la liste pour le scrutin présidentiel du 31 octobre en Côte d'Ivoire, en appelle à Emmanuel Macron afin qu'il prenne position contre Alassane Ouattara, le président sortant qui brigue un troisième mandat alors que la constitution ivoirienne limite à deux le nombre de mandats. Voici la lettre qu'il vient de faire parvenir au chef de l'Etat français.

Autant les Africains peuvent désapprouver la politique que mena Barack Obama sur leur continent pendant ses deux mandats (aucune sanction contre les dictateurs qui sont au pouvoir depuis 3 ou 4 décennies, feu vert donné à l’OTAN pour assassiner Mu'ammar al Kadhafi et déstabiliser la Libye, permis de tuer délivré au voyou, Nicolas Sarkozy, pour installer un imposteur dans le fauteuil présidentiel en Côte d’Ivoire, pressions exercées sur les présidents africains pour que soit légalisé le mariage des personnes de même sexe, etc.), autant, ils reconnaîtraient facilement que le candidat Obama avait une “audace d’espérer”, la conviction qu'il pouvait être le premier Noir à diriger la première puissance mondiale, la foi capable de braver les obstacles de toutes sortes.

L'élection présidentielle aura lieu en Guinée le 18 octobre. Mais, à ce jour, malgré les appels du pied de son parti, le RPG, et des partis alliés de la majorité présidentielle, Alpha Condé n'a pas, encore, annoncé sa candidature. Ca craint sérieusement au moment où l'opposition, généralement, plus violente et radicale que celle de la Côte d'Ivoire, a indiqué qu'elle n'acceptera pas un 3e mandat de Condé car celui-ci est anticonstitutionnel. Inutile de dire que le climat politique est plus que tendu dans le pays.

Seul et unique chef d'Etat du Congo-Brazzaville moderne à avoir été, démocratiquement, élu en 1992, Pascal Lissouba a rendu l'âme, à Perpignan, dans le Sud-Ouest de la France, où il résidait depuis de très longues années, à l'abri de ses indignes héritiers, qui n'ont jamais su relever le défi que leur avaient lancé le général, Denis Sassou-Nguesso, et ses cobras.

‘Bernard Cardinal Yago, passionné de Dieu et de l’homme’, est le titre d’un ouvrage de feu Lebry Léon-Francis. Passionné de Dieu, le prêtre ou l’évêque est aussi passionné des hommes, ce qui signifie qu’il ne peut pas ne pas rejoindre ceux-ci dans leurs luttes pour plus de justice et de liberté, qu’il ne peut pas s’enfermer dans la sacristie car “L'Eglise, ou elle est en sortie ou ce n'est pas l'Eglise. Ou bien elle est en annonce ou bien elle n'est pas l'Eglise. Si l'Eglise ne sort pas, elle se corrompt, elle se dénature. Elle devient une autre chose” (cf. François, ‘Sans Jésus nous ne pouvons rien faire.

Jeudi, 20 août, le Togo a organisé les funérailles dignes de ce nom pour saluer le départ vers l'au-delà d'Edem Kodjo. Digne fils comme le Togo en connaît très peu, cet ancien diplômé de l'ENA de Paris fut tour à tour secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine (OUA, ancêtre de l'actuelle Union africaine) et deux fois premier ministre du Togo. Coordonnée par le ministre des Affaires étrangères, le professeur, Robert Dussey, cette cérémonie d'hommage en son honneur, avait rassemblé tout ce que Lomé compte de beau monde : le premier ministre chef du gouvernement, la présidente de l'Assemblée nationale, les anciens premiers ministres du Togo, de la République démocratique du Congo et les anciens présidents de l'Assemblée nationale du Togo, les grands dignitaires de l'épiscopat du Togo, le ministre congolais des Affaires étrangères, Jean-Claude Gakosso, dépêché pour la circonstance par le président congolais, Denis Sassou-Nguesso, au nom de l'amitié et de la fraternité qui le liaient au défunt, le représentant spécial du secrétaire général des Nations-Unies en Afrique de l'Ouest et du Sahel, les ministres, l'ensemble du corps diplomatique, ainsi que, les membres de l'état-major des forces de défense et de sécurité.

Alassane Ouattara est désormais « surveillé » par ses homologues de la CEDEAO, qui refusent son jusqu'au boutisme au Mali. Ils ont fini par comprendre que sa position au Mali était définie par rapport aux questions de politique intérieure en Côte d'Ivoire. Ses propositions ne passent donc plus comme une lettre à la poste. Il commence même à être vertement combattu.

Ils commencent à beaucoup mourir, de leur belle mort, au Togo. Beaucoup de responsables de premier plan, qui firent, à leur niveau, l'histoire du Togo, tirent leur révérence. Après avoir enregistré la mort coup sur coup de deux anciens premiers ministres, Yao Agboyibo et Edem Kodjo, ces quatre derniers mois, c'est au tour du ministre, Kpabré Silly Batienne, de quitter la scène, après un décès survenu de suite d'une longue maladie.

Malgré une grand-messe virtuelle, épidémie de Covid-19 oblige, les démocrates ont réussi à afficher un large rassemblement autour de leur candidat, Joe Biden, qui peut, aussi, compter sur les voix de plusieurs ténors républicains à l'instar de l'ancien président républicain, George Walker Bush, et de son chef de la diplomatie, le général, Colin Powell. Même si Hillary Clinton invite à travailler, encore, activement, à un vote « massif » en faveur de Joe Biden et de ne pas compter sur son actuelle avance de « trois millions de voix », comme ce fut son cas, il y a 4 ans, avant d'être battue, à la surprise générale, par Donald Trump, on peut, légitimement, penser qu'avec la vigilance, cette fois, des services secrets américains, qui entendent ne plus se faire surprendre par les services (ennemis) russes (comme il y a 4 ans), les dés sont, d'ores et déjà, jetés en défaveur de Donald Trump. A moins d'un miracle pour le républicain, Melania Trump, l'actuelle First Lady, devrait, bientôt, faire les valises pour rejoindre leurs appartements privés du Trump Tower.

Au Mali, depuis le 18 août, le pouvoir n'est plus entre les mains d'IBK (Ibrahim Boubacar Keïta) dont la mal-gouvernance était dénoncée par tout le peuple malien y compris par les députés de sa propre majorité. Son incompétence est symbolisée par deux chiffres : 7 ans de pouvoir, 7 premiers ministres. Une (contre)performance à inscrire dans le livre des records. Heureusement qu'Allah est grand ! Le pouvoir, désormais, est entre les mains du peuple. Ce peuple s'appelle l'armée à travers le CNSP (Conseil national de salut public), le Mouvement du 5 juin, l'opposition et la société civile. Et c'est à ce moment que l'Union africaine vient jouer les trouble-fête, après l'échec patent de la CEDEAO à ramener le calme au Mali. On ne voit pas pourquoi, après avoir été absente (comme d'habitude) pendant que le peuple manifestait sa souffrance et son dégoût de cette mal-gouvernance, dans la rue, l'Union africaine vient, aujourd'hui, fourrer, grossièrement, son nez dans les affaires du Mali, en le suspendant de ses instances et en exigeant le rétablissement d'un pouvoir constitutionnel. De quoi je me mêle ? Il en est de même de la CEDEAO qui est actuellement dirigée en sous-main par Alassane Ouattara via son président de la Commission, Jean-Claude Kassi Brou. La CEDEAO demande le rétablissement d'IBK dans ses fonctions. C'est une totale méconnaissance de la situation qui prévaut au Mali. Mais, une fois de plus, Ouattara est à la manoeuvre. IBK ne retrouvera pas ses fonctions. Y en a marre de contourner les textes de loi à des fins de pouvoir personnel au Mali comme ailleurs en Afrique. L'Union africaine (si elle veut être prise au sérieux un jour en Afrique) doit être à l'écoute des peuples d'Afrique, surtout, quand ils manifestent leur mécontentement à l'endroit d'un pouvoir autocratique. C'est par exemple le cas aujourd'hui en Côte d'Ivoire où Alassane Ouattara, après avoir fait ses deux mandats, veut s'accrocher au pouvoir, en faisant un 3e, puis, un 4e mandat, que le peuple rejette catégoriquement. Le troisième mandat de Ouattara ne passera pas (point). Paroles du peuple de Côte d'Ivoire dans sa majorité. Si l'Union africaine se veut utile, c'est aujourd'hui qu'elle doit intervenir dans ce pays en ramenant Ouattara à la raison. Elle peut le faire par un communiqué public pour prendre date. Si elle ne le fait pas, qu'elle ne s'invite pas demain, en donneuse de leçon, quand la situation aura dégénéré. Car le peuple est décidé à barrer la route au 3e mandat de Ouattara. Message transmis au président en exercice, Cyril Ramaphosa, et au président de de la Commission, Moussa Faki Mahamat.

Alassane Ouattara a peur. Car les Ivoiriens ont découvert son jeu. Les Africains de l'Ouest aussi. Un jeu, excessivement, dangereux, qui avait produit en décembre 1999, son premier coup d'état en Côte d'Ivoire. Mais, bien qu'il ait confisqué toutes les manettes du pouvoir des institutions de la sous-région entre ses seules mains, il ne va pas s'en sortir cette fois-ci.

Les événements qui mettent le Mali, aujourd'hui, en avant, ne nous étonnent pas. Afrique Education les avait prévus. Et pour qu'ils ne surviennent pas, un article avait été posté, mardi, 28 juillet, à 12h54, et envoyé aux dirigeants de la CEDEAO, à Abuja, afin que les dispositions soient prises pour éviter le pire qu'on sentait venir.

Le 11 août 2020, celui qui se fait appeler “l’âne du Christ” a produit un texte qui, tout en appelant à juste titre à l’unité et au dialogue pour parvenir à des décisions consensuelles avant la participation à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020, n’en laisse pas moins perplexe à cause de quelques âneries que j’y ai dénichées. Ces âneries, je les exposerai et je dirai pourquoi elles sont des positions irrecevables.

Quelques jours, seulement, après avoir gagné l'élection présidentielle avec plus de 80% des voix, le président de Biolorussie, Alexandre Loukachenko, est prêt à jeter l'éponge. Lundi, 17 août, il a déclaré vouloir quitter le pouvoir après la tenue d’un référendum constitutionnel et d’un nouveau scrutin présidentiel, pour mettre fin aux manifestations qui ont suivi sa réélection contestée, le 9 août. Qui l'eût cru pour ce dictateur (très haut de gamme) d'une République tellement fermée qu'on se demande même où se trouve la Biolorussie ? Le principal protecteur d'Alexandre Loukachenko n'est autre que le président russe, Vladimir Poutine. Mais, chose curieuse : son soutien à l'endroit du président de Biolorussie est plus que tiède, ce qui est interprété comme la volonté du Kremlin de tourner la page dans ce pays. Ce vent qui est en train de tourner en Biolorussie devrait donner du courage aux Ivoiriens qui luttent contre le 3e mandat du président ivoirien, Alassane Ouattara, installé au pouvoir, contre la volonté des Ivoiriens, par la France de Nicolas Sarkozy. Rien ne pouvant résister à un peuple (qui sait ce qu'il veut), la France sera obligée de retirer son poulain si les Ivoiriens multiplient les signes qui montrent leur colère contre le 3e mandat de leur président : marches, blocages de villes, manifestations visant à paralyser le fonctionnement de l'économie et des institutions, etc. sont les seules armes (démocratiques) susceptibles de le faire plier. La France qui compte énormément d'intérêts en Côte d'Ivoire, serait obligée de dire à son poulain « STOP » et l'élection présidentielle se tiendrait alors sans Ouattara (le fourbe).

Samedi, 15 août, de 14h30 à 19h30 (heure de Paris), les Ivoiriens de la région parisienne ainsi que les Africains de la diaspora, ont battu le pavé parisien, pour dire NON au 3e mandat que le président, Alassane Ouattara, voudrait s'octroyer au grand mépris de la constitution dont il est le garant. Ils étaient plus de 10.000 personnes à effectuer le trajet entre la Place Trocadéro et l'avenue Raymond Poincaré, siège de l'ambassade de Côte d'Ivoire à Paris.

Le professeur, Théophile Obenga, est un savant. Disciple de Cheikh Anta Diop, ses enseignements sont une mine d'or au point qu'on avait cherché à l'avoir comme chroniqueur à Afrique Education. Il reste une grande source de connaissances. Une véritable bibliothèque ambulante. Sur RFI, le 15 août 2020, à l'occasion du 60 ème anniversaire de l'indépendance du Congo, il a distillé quelques vérités utiles au réveil du grand peuple de ce pays.
P.T.

Les Français ont-ils la mémoire courte ? A voir comment ils traitent les Africains dans leur pays, il y a lieu de se poser cette question. Les deux guerres mondiales ne sont pourtant pas loin des souvenirs. Qui ne se rappelle que les deux victoires françaises furent préparées en Afrique et que les combattants africains y prirent une part notable ? Aujourd'hui où la France a consacré son amitié avec le pays qui la dominait hier, l'Allemagne, elle a oublié ceux qui étaient là pour l'aider à ne pas se coucher : les combattants africains. Cherchez les noms de combattants africains morts pour la France. Vous ne trouverez (à peu près) rien. Quelle ingratitude !