RDC : Katumbi demande le départ de Kabila

RDC : Katumbi demande le départ de Kabila

Même si le parti au pouvoir à Kinshasa, le PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie) a qualifié mercredi, 30 septembre, de "non-événement" la démission de ses rangs du gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi (c'est son nom) a pris date dans son pays. Et que le pouvoir le veuille ou non, un tel départ, a fortiori, celui du gouverneur de la très stratégique et riche province du Katanga, ne peut laisser personne indifférent dans les instances du pouvoir. C'est mentir son corps comme on dit à Kin la belle que de l'affirmer.

Après la rupture du Groupe des 7, la majorité présidentielle va bientôt devoir compter ses réels partisans en faveur du maintien de Joseph Kabila à la tête de l'Etat.

Joseph Kabila, rappelle-t-on, dirige la République démocratique du Congo depuis 2001, et la Constitution, malheureusement, lui interdit de briguer un nouveau mandat lors de la présidentielle de novembre 2016.

Même s'il est berné par des charognards qui pillent allègrement le très riche ex-Zaïre et qui rechignent à laisser la place à d'autres, Kabila, dans les moments qui viennent, ne va pas tarder à se rendre à l'évidence. Le temps des putschs constitutionnels comme celui qu'il souhaite faire, est révolu. Il n'a qu'à voir la souffrance qui gagne, progressivement, son homologue de l'autre rive du Congo, qui souhaite, aussi, rester au pouvoir à Brazzaville, sans grand succès. Sassou est poussé dehors par le peuple congolais alors que son souhait à lui, c'est de mourir au pouvoir pour échapper à la justice.

Richissime et populaire, Moïse Katumbi est le président du célèbre club de football TP Mazembe de Lubumbashi, la capitale du Katanga (Sud-Est), qui avait pris ses distances, publiquement, avec le chef de l'Etat, depuis plusieurs mois.

Dans une déclaration publiée, mardi soir, 28 septembre, il enfonce le clou : "Les faits indiquent que depuis maintenant un an, tout est mis en œuvre pour ne pas respecter la Constitution" alors que "nous (...) entrons dans la dernière ligne droite du dernier mandat constitutionnel du président de la République" (fin de citation).

Sans se déclarer ouvertement candidat, il s'oppose "fermement à tout prétexte pour retarder les élections" et dénonce les "dérives inacceptables" de la période pré-électorale, comme les "arrestations arbitraires", les "intimidations" ou les "répressions policières de plus en plus violentes".

Katumbi ayant jeté le masque, les choses sérieuses vont, sans doute, commencer en République démocratique du Congo. Car que le PPRD le veuille ou pas, Moïse est un candidat de taille à la succession de Kabila.