Sassou joue avec son échec, se moque donc de tous nos malheurs... Mais jusqu’à quand ?

Les députés congolais ont une bouche mais ne parlent pas, comme dit le psaume 115

Nous avons vu, au cours de la précédente partie, comment Renard Sassou Nguesso veut tourner en bourriques ses renardeaux devenus grands et comment ceux-ci ne veulent pas se laisser ainsi traiter. Non, ils ne veulent pas que la ruse qui a été le comportement suprême au sein de la tanière PCT depuis le creusement de celle-ci (31 décembre 1969) leur soit appliquée. Leur vieux – Sassou Nguesso avait – avait, solennellement, promis, en 2002, qu'il abandonnerait la chefferie de la tanière, en 2016, au plus méritant de son parti. Mais à l'approche de cette date, il jongle, il rase, il veut, toujours, être grand chef, modifier les règles de la tanière.

Nous avons pris acte de la colère, de la révolte des renardeaux devenus grands. Nous leur avons dit : « Nous vous comprenons ». Mieux : nous avons salué leur volonté de révolte. Mais à une condition : qu'ils ne se rebellent pas par simple intérêt personnel. C'est- à-dire en demeurant dans le cadre de leur tanière aux lois et coutumes perverses. Ils doivent se révolter en enterrant leur tanière dont ils connaissent tant le désastreux passé. Ils doivent saisir l'occasion de la ruse qui s'organise dans leur tanière à l'approche de 2016 pour crier devant leur incorrigible ancêtre : « Trop c'est trop ! Nous t'enterrons au fond de la tanière. Nous voulons changer de mœurs. Nous voulons avoir d'autres lois et d'autres mœurs. Nous voulons abandonner la vie de tanière ; nous voulons vivre au grand jour. Toujours replier au fond d'une tanière et y vivre toujours du « sang des autres, ça suffit » !

Bravo, renardeaux devenus et qui veulent ensabler à jamais la tanière PCT ! Qui ne veulent plus revivre des tragédies comme celles du 22 février 1972, du 18 mars 1977, du 5 février 1979, des guerres comme celle d'Owando au mois de mai 1997; celle de Brazzaville dite du 5 juin suivant ; celle contre tout le Sud du Congo (1998-2003) dite encore « Mouebara, c'est-à-dire : à la gloire de la mère du grand Sassou Nguesso ». Oui, un fils qui honore, joyeusement, la mémoire de sa mère avec le sang des fils d'autres mères !

II – Bravo, jeunes gens qui voulez sortir de terre, de la tanière PCT ; qui voulez renoncer aux lois et mœurs de ce parti dont la dernière en illustration est cette ruse qui brille à l'horizon 2016 : Sassou trahit son serment, Sassou veut changer sa constitution. Sassou veut encore être président.

Bravo, mais attention ! Vous ne pouvez pas vous dire renardeaux en révolte. Vous ne pouvez pas passer pour une génération qui aura ensablé la tanière PCT, mis un terme à sa longue marche chaotique et dramatique si vous vous contentez, seulement, de faire partir le vieux renard Sassou Nguesso du pouvoir. Non, vous ne devez pas réduire votre tragédie à un personnage : Sassou Nguesso qui ne veut pas quitter le pouvoir en 2016, conformément, à son serment. La tragédie qui monte à l'horizon doit être analysée par vous comme un chaos. Ce n'est pas un individu – Sassou – qui joue avec son sort ; ce n'est pas la tanière PCT qui court un risque d'ensablement. C'est tout le Congo qui est en danger, qui risque d'être sous les eaux, de connaître un nouveau déluge.

A partir de cette nouvelle vision des choses, 2016 cesse d'être un horizon limité à la personne du Kaka ngué Denis Sassou Nguesso et du crime de la trahison de son serment qu'il médite ou dont il met le schéma chaque jour. A partir de ce réveil, de cette révolte, les renardeaux révoltés de la tanière PCT doivent rejoindre, une fois, réellement, sortis de terre, l'espace où l'on critique très raisonnablement, l'espace où ils ont grandi, ou plutôt, végété, où le vieux renard traître les a, non élevés, mais retardés. La preuve : il veut les faire mener, les faire marcher à la ruse vers l'horizon 2016 après leur avoir enseigné que cet horizon serait celui de leur arrivée au pouvoir, que lui prendrait sa retraite.

III – Une fois solidement convaincus que 2016 n'est pas une année à « enjeux tanière PCT » mais une date de résurrection du Congo, de sortie de ce pays du chaos dans lequel Sassou l'avait replongé en brisant tous les beaux chemins d'avenir tracés par la belle Conférence nationale de 1991 et la constitution de 1992, une fois convaincus de cela, les renardeaux en révolte changeront l'histoire de leur tanière, de leur espèce même. Ils s'ouvriront réellement à la démocratie, à la nation, à l'Etat, au scrutin, au vote, à l'élection, au citoyen, toutes références banalisées jusqu'ici au fond de cette tanière.

Tanière creusée au temps du monopartisme, tanière emmurée jusqu'ici dans des conceptions totalement sectaires à ces égards, tanière abritée derrière des labyrinthes comme celles qui protégeaient la demeure du monstre minotaure, le PCT ne peut s'ouvrir aux temps nouveaux qu'en se mettant lui-même en cause et non seulement en envoyant le monstre Sassou Nguesso au repos ! Le mal n'est pas dans un monstre régnant mais dans les lois et les mœurs établies, qui lui permettent de perpétuer le chaos.

IV – Les renardeaux devenus grands au sein de la tanière PCT et qui se révoltent contre la culture de ruse de leur vieux Sassou Nguesso, agissent de telle sorte que personne ne leur lance : « Bah, les renards changent de taille, de pelage, de paroles, jamais, de nature, de caractère. Ils restent toujours les mêmes ».

Comment changer de nature, de caractère en quittant la tanière, en abandonnant cette zone où Nation, Etat, présidence de la République, citoyenneté, constitution, vote, scrutin, droit, se corrompent, se réduisent à des dimensions. C'est une question que nous aborderons au cours d'un prochain développement. Car la tanière PCT n'est pas le seul « parti » au Congo voué à la désintégration condamné à s'écrouler. Les deux autres partis qui ont comme lui, recouru à la guerre civile, en 1993, 1994, 1997, 1998, 1999, etc..., à savoir, le MCDDI et l'UPADS, doivent être déclarés partis proscrits, criminels, indignes de porter leur nom, plein de crimes et de sang, dans une démocratie digne de ce nom. Et ce d'autant plus que ces trois partis ambitionnent de diriger le pays sous leur nom pleins de sang et de haine, de mépris, de rejet mortel de l'autre.

V – Non, 2016 n'est pas plein de dangers au regard seulement de Sassou Nguesso et de sa tanière PCT. Si Sassou n'est pas candidat, de tous côtés apparaîtront des postulants qui risquent de régner comme lui, vu la nature de la constitutionnette en place, vu les mœurs de division nationale et de mépris des règles publiques en place.

Depuis son retour au pouvoir par les armes en 1977, c'est-à-dire, depuis l'écrasement des autres à la suite de sa victoire, il ne cesse de dire : « J'ai rétabli la paix, j'ai reconstruit le pays ». En réalité, le pays agonise sous sa domination. Et cette domination est inscrite dans la « constitution », une constitution qui ne comporte qu'un pouvoir organisé : celui du général d'armée, chef de l'Etat, président de la République, chef du gouvernement, chef du parlement : « le Kaka » (l'unique) Denis Sassou Nguesso. C'est cette base inique que défendent ceux qui crient : « Ne touchez pas à la constitution ». Et c'est elle qui replacera un nouveau tyran si elle n'est pas ôtée en même temps que celui qui l'a posée. Ne pas étendre le problème du départ de Sassou à celui du jet à l'eau de sa tunique empoisonnée qu'est la constitutionnette de 2002, c'est maintenir la tyrannie, l'Ebola au-dessus du pays. Oui, ce sera la ruée de tous les partis vers la continuation, vers la mauvaise gouvernance organisée par et dans cette constitution empoisonnée.

VI – Comme on le voit, 2016 au Congo ne pose pas seulement le problème du départ du centaure Sassou Nguesso. Il pose aussi et surtout celui du retour du pays à son équilibre, de son replacement sur la bonne base bâtie par toutes les mains assemblées avant que le monstre Nguesso ne vienne tout détruire, tout remettre à néant.

Oui, ceux qui espèrent un changement au Congo – au plus tard en 2016 – doivent en avoir une vision très large car le pays a été détruit par le monstre Nguesso à tous les niveaux – ce qui signifie qu'il se pose au Congo un problème de restauration générale de ce pays à tous les niveaux, l'Ebola Sassou Nguesso ayant tout empoisonné, détruit.

Oui, c'est à une transition de restauration de tout qu'il faut songer au Congo et non seulement au départ de Sassou Nguesso, le père de l'Ebola qui a mis notre pays par terre. Son mal a tout détruit, tout contaminé. Ce qui signifie qu'il faut voir la question du redressement, de la reconstruction du pays en termes qui dépassent la personne de ce maudit destructeur et ses auxiliaires ou collaborateurs immédiats.

En écrivant ces lignes, je pense à un grand patriote congolais qui m'a, un jour, dit : « Comment sortir le Congo du chaos ? ». Je lui ai répondu : « En restaurant ce que le violent centaure Kaka ngé a détruit ».

- « C'est-à-dire ? », m'a-t-il encore demandé. « En nous remettant sur le beau chemin tracé par la belle Conférence nationale souveraine de 1991 et applaudi et suivi par le peuple en 1992. Beau chemin que le monstre actuel a dynamité et détruit en 1997. »

- « Revenir sur le beau chemin de 91 », a- t-il murmuré, longuement,

- « Oui, revenir sur ce chemin, œuvre de toutes les mains réunies en 1991, et le consolider afin qu'aucun nouveau Sassou ne vienne encore le détruire », ai-je encore ajouté.

- « Dis-le nous, dans un article, dans AfriquEducation, parle-nous de cette nécessaire restauration. Par quelle voie pratiquement ? Démocratique ou violente ? Civile ou militaire ? », a-t-il poursuivi.

- « C'est l'attitude finale du centaure Nguesso qui dictera au peuple la digne réponse à leur donner ».

VII – Une digne réponse du peuple. Nous n'employons pas cet objectif digne tout à fait au hasard car nous venons d'apprendre que même au sein de son gouvernement, le dictateur se heurte à des actes de fronde, que des ministres se refusent à soutenir son intention d'abjurer son serment de quitter le pouvoir l'an prochain, qu'au sein de son « terroir biologique » (tribu mbosi), des voix se font entendre pour demander, pour exiger un peu de dignité à leur grand « mwéné » (grand chef) Sassou Nguesso. Signe que la tanière PCT n'est pas le seul endroit gagné par l'esprit, voire, le vent du refus de la servitude volontaire.

Demain, c'est tout le gouvernement, c'est toute l'Assemblée nationale, c'est tout le sénat, c'est l'armée, c'est la gendarmerie, c'est la police, c'est le peuple, qui risquent de se retrouver dans la rue et crier : « Kaka ngé, va- t'en ! » - Demain, même, les sorciers, marabouts du régime sortiront de leur monde nocturne et répandront des « vérités cachées (sic) sur le Kaka ngé... ».

Conclusion : Fronde des renardeaux devenus grands, fronde au sein du gouvernement, fronde au niveau du « terroir biologique du mwéné, fronde à celui de l'opposition refusant désormais tout dialogue « kaka », fronde à celui des marabouts et grands voyants et sorciers protecteurs du régime, fronde à celui de « ceux qui savent tout et qui n'ont rien révélé jusqu'ici » (sic), bref, tout craque autour du Kaka ngé. Signe qu'en 2016, le Kaka ngé ne s'en sortira pas, facilement, par la ruse, comme par le passé.

De toutes parts, il est encerclé par le mal qu'il a semé dans le pays, pendant plus de 30 ans. « Des ronces géantes l'entourent comme un filet de chasseur » (sic). « Le Kaka ngé » est pris dans un petit filet qui s'appelle sa propre ruse. Sa ruse qui date officiellement depuis le 18 mars 1977.

Pour vu que ceux qui se rendent enfin compte qu'ils marchaient avec un renard, qu'ils dormaient dans la tanière d'un roublard, qu'ils avaient même des poils de cette bête sur le corps, se ressaisissent et s'appliquent, résolument, à changer de domicile, de pelage et... de caractère (même si l'on dit, à propos du dernier point, que la chose n'est pas facile pour les descendants d'un renard).

Dans ma lettre de démission du gouvernement Marien Ngouabi en 1972, j'avais fondamentalement assis ma décision sur deux bases intérieures, à savoir, la première, ne pas trahir en aucun cas ma fierté de fils de ceux qui ont défendu le Congo sans s'avilir, la seconde, ne pas traîner dans la boue, ma culture de juriste acquise dans une belle université française. « J'ai l'âme trop fière et juridique » pour continuer avec vous au sein d'une marche dont nul ne peut plus dire ni d'où elle est partie ni où elle se trouve ni vers où elle se dirige en ce moment.

J'avais quitté Marien Ngouabi, en 1972. Et cinq ans après, son plus proche compagnon, Sassou Nguesso, l'a assassiné. Un crime sur leur bateau errant, mais que l'assassin revenu sur la rive du départ, n'a pas hésité à attribuer à d'autres.

Un monstre Sassou Nguesso. Il revient, aujourd'hui, sur son serment de quitter le pouvoir en 2016 et donc, cherche, encore, à verser beaucoup de sang d'innocents au Congo. Motif : sa constitution de 2002 est devenue un navire qui le conduit vers où il ne veut plus aller. Ses voiles ne captent plus les vents d'enfer qu'il adore depuis le 18 mars 1977 et même avant.

 

« CELA SIGNIFIE QU'IL A ECHOUE »

(Président Barack Obama)

Sassou un président qui a échoué ? Tout son parcours d'homme de tragédie en témoigne. Aucun malheur n'est jamais survenu au Congo au cours des 4 décennies passées, c'est-à-dire, depuis 1977, sans qu'il ait pour origine une manœuvre de ce cruel renard. Arrivé au pouvoir par le sang de son frère (Marien Ngouabi), il s'y maintient, selon sa propre formule, par « le sang et les larmes des autres ». C'est-à-dire qu'il échoue toujours. Echec qu'il élève toujours au rang de grande victoire (voir son dernier discours bilan).

Cette absurde et cruelle stratégie a été démasquée par le président, Barack Obama, dans son dernier discours d'Addis Abeba : « On entend un chef d'Etat dire : je suis le seul à... En réalité, il a échoué ».

Le dernier discours bilan de Sassou a été un « Je suis le seul » à garantir la paix au Congo, à tracer des routes droites dans ce pays, à rassembler celui-ci du Nord au Sud... En réalité, il a échoué. Tout le monde a reconnu dans cette phrase le Kaka ngé du Congo.

Oui, Sassou Nguesso a toujours échoué. Le fait qu'il vient de choisir la date de la fête nationale pour se couvrir de lauriers de grand semeur de paix et bâtisseur de prospérité, est une preuve plus que flagrante à cet égard. Un chef d'Etat, un président de la République, un chef de gouvernement digne de ce nom, ne peut pas utiliser un climat de fête nationale pour parler de lui. C'est un sacrilège. Le climat de fête nationale est fait pour parler de la nation, de ses héros, de ses grandes espérances et de sa marche commune vers l'avenir. Sassou a commis un sacrilège de plus en transformant le climat de la fête nationale du 15 août dernier en un moment de glorification de sa petite personne et de ses grandes réalisations prétendues.

Nous disons grandes réalisations prétendues. Même les visages des députés et sénateurs qui sont obligatoirement assemblées en Congrès pour l'écouter quand il prononce ses discours à la nation portent des doutes sur leurs vues de « grands » auditeurs réquisitionnés et donc, d'applaudisseurs contraints et forcés. Les « honorables » et « vénérables » bravos qu'ils lui jettent comme des feuilles de lauriers disent en réalité : « Tu as échoué. La preuve : nous t'applaudissons contraints et forcés. En d'autres termes, encore, nous applaudissons l'état de misère et de tension dans lequel tu maintiens le pays depuis ton arrivée au pouvoir par les armes ».

Oui, les députés et sénateurs applaudissent Sassou Nguesso comme des gens qui voient bien qu'ils sont le contraire de leur titre officiel : député, sénateur, représentant du peuple. Ils siègent comme représentants du peuple réduit en état de servitude, ils voient qu'ils sont issus d'urnes qui ne portent pas le mandat du peuple. Ils sentent bien qu'ils sont ce que dit le psalmiste à propos des personnages de simple statue : « ils ont des yeux qui, en réalité, ne voient pas ; ils ont des pieds mais ne marchent pas ; des oreilles mais n'entendent rien ; des mains qui ne touchent à rien, une bouche qui ne parle pas. Oui, les députés et sénateurs sous Sassou Nguesso, sont comme ces dieux néant ridiculisés dans le célèbre psaume 115 : yeux, bouche, oreilles, nez, mains, pieds, mandat du peuple (dit-on), ils ont mais ils ne savent pas se lever, s'avancer, monter à la tribune de leur assemblée et parler, dire au moins : « le peuple n'a pas d'eau » (1). Ils portent de simples titres sonores : Honorables, Vénérables...

Ces faux élus et représentants du peuple doivent être démasqués demain au même titre que le renard qui les a mis en place. Assemblée nationale et sénat actuels ne sont rien d'autre que des recoins de la sordide tanière PCT. Des recoins à ensabler donc demain au même titre que le Bureau politique, etc. de ce « parti ». Ne parlons pas du gouvernement qui ne gouverne rien. L'ensablement de la tanière PCT, cela va s'en dire, signifie aussi enterrement des partis qui ont voulu hier ou veulent encore aujourd'hui avoir une place au Congo par « le sang et les larmes des autres ». PCT, UPADS, MCDDI, sont des sigles de sang et de larmes dans l'histoire de notre pays. Ce n'est pas parce que le premier a vaincu les deux autres le 15 octobre 1997 et les maintient en vie comme partis soumis ou porteurs de tipoye du Kaka ngé que leur part de responsabilité dans les guerres civiles passées doit être négligée, voire, oubliée, effacée pour autant (2).

On le voit, demain, ce n'est pas seulement ôter Sassou Nguesso, ensabler sa tanière, mais aussi, arracher au-dessus du sillon de notre pays, toutes sortes d'ivraies ou mauvaises herbes qui ont empêché hier et continue d'empêcher la belle semence de 1991 de germer.

Non, demain, ne constituera pas seulement à voir partir Sassou Nguesso, à faire suivre ses adieux par des applaudissements irresponsables. Demain sera une délivrance, une sortie de notre peuple d'Egypte, un retour de Babylone. C'est-à-dire un grand moment à tous égards. Qui ne voit pas ainsi demain dans notre pays, ne comprend rien à l'horrible tragédie qui vide notre peuple de son sang depuis 4 décennies.

Pour les Congolais dignes de ce nom, demain ne doit pas être, seulement, se débarrasser de la personne du Kaka ngé Sassou Nguesso. Il faut aussi se libérer du carcan de servitude de tort, qu'il a tissé dans le pays, à tous les niveaux, notamment, depuis 2002. Comme le peuple juif libéré d'Egypte, nous devons revenir là où nous avons été arrachés à la liberté, là où nous avons été arrachés à ce qui faisait notre dignité, c'est-à-dire, notre dernière constitution, réellement, issue de toutes les mains assemblées (Conférence nationale souveraine de 1991).

Nous devons revenir à ce point qui rassemble jusqu'ici dans notre histoire, comme un Sinaï. N'avons-nous pas juré, au terme de ce grand moment de concorde que nous devions sauvegarder et consolider ce que l'esprit de lumière, de paix et de fraternité avait fait descendre sur nous tous ? Nous devons sortir du régime que Sassou Nguesso est venu établir depuis plus de deux décennies, sur ce socle sacré (Extrait de « Le profanateur de la constitution de 1992 »).

Comment y revenir ? C'est la question que nous aborderons dans notre prochaine communication.

 

Me Aloyse Moudileno Massengo, Ancien premier ministre et ancien ministre de la Justice du Congo

 

(1) Ne parlons pas du gouvernement. Sassou ne l'a pas réuni 2 fois depuis le début de cette année qui va s'achever bientôt. Il vient de nommer de nouveaux ministres. L'idée ne lui est pas encore venue de les présenter à ceux qu'il a maintenus en charge. Les nouveaux serviteurs ne savent même pas quel programme du gouvernement ils doivent poursuivre après la mise à la porte des exclus. Quel Kaka ngé !

(2) Il y a eu trois guerres dites civiles sous le gouvernement du président Lissouba (1992-1997). La première a opposé l'UPADS au MCDDI (milices cocoyes contre milices ninjas) de novembre 1993 à août 1994. La deuxième a opposé le PCT au RDD de Yhomby Opango à Owando (mai 1997). La troisième : l'UPADS et le MCDDI coalisés contre Sassou et ses cobras (5 juin-15 octobre 1997). On peut parler d'une quatrième : la guerre Mouébara (1998-2003). Vainqueur le 15 octobre 1997, Sassou va lancer cette guerre de parachevement de sa victoire. Il lui donne le nom de sa mère, Mouébara. Un massacre gratuit des populations devenues sans défense depuis la fuite de Lissouba et Kolelas le 15 octobre 1997.

Cette guerre Mouébara prendra ensuite le nom Ntoumi dans la région du Pool où il fallait plus massacrer, plus détruire qu'ailleurs. Et pour cela, Sassou se servit d'un fils du coin, Ntoumi (transformé en faux rebelle local). Cette stratégie Ntoumi employée par Sassou lui permit de briser le rêve caressé par Lissouba et Kolelas de revenir en armes. Sassou a récompensé Ntoumi comme il sait le faire : par le mépris – Ntoumi ne semble plus se souvenir d'où il est parti ni vers où il va, tandis que Sassou rit sur lui comme sur tant d'autres qu'il a amenés au fond d'un grand puits et les y a abandonnés comme un habile renard.