Ali Bongo Ondimba.

La 17e session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale) du 30 juillet, présidée par le Gabonais, Ali Bongo Ondimba, président en exercice de la CEEAC, a consacré l’entrée en vigueur du Traité révisé de l’institution. Grâce au président gabonais et à son ancien dynamique ministre des Affaires étrangères, Alain-Claude Bilie-By-Nze, la CEEAC a réussi sa mutation interne. Il ne lui reste plus qu'à se mettre au travail en imitant la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) dont le rythme des réformes est tout à fait satisfaisant, notamment, celle qui engage l'organisation dans la mise en place de la monnaie ECO en lieu et place des monnaies existantes dont le F CFA. Les président et vice-présidente de la nouvelle Commission de la CEEAC s'appellent, l'Angolais, Gilberto Da Piedade Verissimo et l'Equato-Guinéenne, Francisca Tatchouop Belope. L'Angola et la Guinée équatoriale sont deux pays qui ne sont à proprement parler pas dans le giron d'influence de la France. Il leur appartiendra, donc, d'initier des études en vue de la mise en place d'une monnaie commune dans un environnement où l'économie de certains pays comme la RDCongo, le Burundi, est, réellement, abîmée et requiert beaucoup de sacrifices. Cela dit, on notera que la présidence en exercice de la CEEAC donne la primeur au président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso. On ne sait pas par quelle alchimie il a devancé Paul Biya du Cameroun qui était favorisé par l'ordre alphabétique. Cela dit, l'activisme de Sassou n'est pas neutre. On imagine qu'il utilisera la CEEAC à fond dans le cadre du contentieux électoral que son pays risquera de connaître à l'occasion de sa réélection (contestée) en mars 2021. D'ores et déjà, il préfère s'entourer d'un maximum de garanties et de canaux de protection à des fins personnelles. Les choses vues sous cet angle, Paul Biya ne pouvait qu'être très compréhensif pour laisser passer son tour. Aux Congolais d'être vigilants.

Que c'est difficile pour un dirigeant de ne pas trouver l'oiseau rare pour occuper un poste qui fait problème ? Ali Bongo Ondimba (ABO) avait, parfaitement, débuté sa présidence en 2009, en confiant des responsabilités à des personnalités qui le lui rendaient bien, pour le bien des Gabonais et des Gabonaises. Mais, quelques années après, les mauvaises habitudes des uns ont pris le dessus sur le bon fonctionnement de l'ensemble de la superstructure du gouvernement. Le fonctionnement de l'administration de la présidence de la République a, aussi, été impacté par de mauvaises pratiques. Pourtant, ABO n'a pas changé. Il est resté égal à lui-même. Fort de l'expérience emmagasinée aux côtés du patriarche, il est venu avec de très bonnes idées pour permettre au Gabon d'aller de l'avant. Ces idées habitent toujours en lui. Rose Ossouka les fera-t-elle éclore ? C'est le principal enjeu de sa nomination.

Le directeur de cabinet du président, Ali Bongo Ondimba, voulait-il l'écarter du pouvoir pour prendre sa place ? A Libreville, cette question ne se pose plus. Laccruche a trahi l'homme, le président, l'Etat du Gabon. Il mérite par conséquent une sanction exemplaire, sans appel. Les Gabonais sauront-ils en tirer les leçons ?

« Je les tiens tous, j'ai leurs dossiers... Julien Nkoghe Bekale a détourné des milliards quand il était au pétrole, Ali Onanga a piqué l'argent de la Banque islamique de développement, Anicet Mboumbou Miyakou avait volé l'argent à Gabon Télécom. Pacôme Moubelet, Régis Immongault et Bilié-By-Nzé traînent d'énormes casseroles. Quant à Mborantsuo, elle est plongée jusqu'au cou dans l'histoire du marché sans appel d'offres offert à son beau-frère pour la construction du siège de la Cour constitutionnelle... Ce sont tous des voleurs ». Voilà comment Brice Laccruche Alihanga, l'ancien directeur de cabinet du président, Ali Bongo Ondimba (ABO), pensait tenir en respect, certains collaborateurs stratégiques du chef de l'Etat. Au même moment, il organisait un pillage systématique des deniers de l'Etat. Les enquêtes diligentées depuis son limogeage, le 7 novembre, commencent à donner une idée de l'ampleur des dégâts.

L'opposition avait invité les Gabonais et les Gabonaises à être très attentifs aux faits et gestes de leur président convalescent, qui allait présider le 59e anniversaire de l'indépendance. Toujours affecté par les séquelles d'un AVC survenu en octobre 2018, alors qu'il était en Sommet en Arabie Saoudite, le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, a, fortement, limité ses sorties publiques depuis son retour, fin mars, au pays. La fête du 17 août à laquelle il était tenu de présider donnait l'occasion à l'opposition de montrer l'incapacité du président à diriger le pays : « On allait voir ce qu'on allait voir », clamait-elle. Effectivement, les Gabonais et les Gabonaises ont vu ce qu'ils devaient voir, à savoir, un président de la République apte à assurer les hautes charges de l'Etat.

Guy Nzouba Ndama, Alexandre Barro Chambrier et Zacharie Myboto semblent reprendre des couleurs. Grâce à la convalescence prolongée du chef de l'Etat, Ali Bongo Ondimba, au Maroc. Ils ne font pas leur sortie politique pour solliciter l'aide du Seigneur Dieu afin que le président de la République rentre, le plus rapidement, retrouver ses fonctions au Palais du Bord de Mer, mais, pour actionner le levier de la vacance du pouvoir selon l'article 13 de la constitution, puisque, dans les courriers qu'ils ont fait parvenir, le 21 décembre, au premier ministre chef du gouvernement, Franck Emmanuel Issoze Ngondet, et à la présidente de la Cour constitutionnelle, Marie Madeleine Mborantsouo, avec ampliation à la présidente du Sénat, Lucie Milebou Aubusson épouse Mboussou, il est indiqué l'atteinte des 60 jours d'absence du président qui devrait déclencher la procédure de la vacance du pouvoir. Le trio en question sollicite, aussi, la désignation d'un collège de médecins pour évaluer l'état de forme générale du président de la République, ainsi que, sa capacité à assurer ses fonctions.

L'Angola dont le président, Joao Lourenço, assiste, rarement, aux Sommets organisés dans d'autres pays, a invité, au moins, cinq chefs d'Etat, à Luanda, pour discuter d'un ordre du jour qui avait trait à la République démocratique du Congo (RDC), au Soudan du Sud, entre autres. Sur les cinq chefs d'Etat attendus, au moins, seuls le Gabonais, Ali Bongo Ondimba et le Congolais, Denis Sassou-Nguesso, ont effectué le déplacement de Luanda. Les principaux concernés, à savoir, le RDCongolais, Joseph Kabila, et le Soudanais du Sud, Salva Kiir, ont brillé par leur absence, tout comme, les deux parrains de la sous-région, l'Ougandais, Yoweri Museveni et le Rwandais, Paul Kagame, qui préside, actuellement, l'Union africaine (UA) dont le président, le Tchadien, Moussa Faki Mahamat, s'est fait représenter par son conseiller, le Mauritanien, Ould Lebatt. Non seulement, l'utilité de ce Sommet était à démontrer, mais, le président, Joseph Kabila, qui a accepté de quitter le pouvoir sans modifier la constitution, comme certains de ses voisins, a eu raison de ne pas venir se faire applaudir par les fossoyeurs de la démocratie africaine.

Si chacun de nous était à la place d'Ali Bongo Ondimba, qu'aurait-il fait de mieux ? C'est la question qu'on doit se poser au lendemain de la formation du nouveau gouvernement de Franck Emmanuel Issoze Ngondet, qui fait l'objet de toutes sortes de commentaires. Si c'est la meilleure équipe possible pour le président de la République et le premier ministre afin de livrer la bataille du redressement économique et financier du Gabon, le gouvernement Issoze Ngondet II n'aura que huit (petits) mois pour démontrer son savoir-faire, les élections législatives d'avril 2018 devant entraîner la composition d'une autre équipe gouvernementale. Au moment où les passations de service se font dans les ministères, que chaque ministre sache, donc, dès maintenant, à quoi s'en tenir.

On commence à se demander (à Paris et dans d'autres capitales occidentales) si c'est le Jean Ping qui fut le très fidèle et efficace chef de la diplomatie de feu le patriarche Ondimba ? Si c'est ce Jean Ping qui présida, admirablement, la 59e Assemblée Générale des Nations-Unies en 2004-2005 avec un savoir-faire indéniable ? Si c'est le même Jean Ping qui officia à la présidence de la Commission de l'Union africaine (UA) pendant quatre ans, prêchant, partout, la tolérance, la paix, la modération, oeuvrant, sans cesse, pour le dialogue entre frères et sœurs d'Afrique, comme moyen (unique) de règlement des conflits ? Est-ce le même Jean Ping qui veut, aujourd'hui, mettre le feu dans son pays, le Gabon ?

Il n'est en rien,directement, concerné dans l'affaire des « Biens mal acquis ». C'est son fils, le vice-président de la Guinée équatoriale qui a été attaqué au tribunal. Pas lui directement. Pourtant, c'est lui qui compte, désormais, mener l'offensive contre l'ONG Transparency International, afin qu'elle puisse, elle aussi, répondre de faits de diffamation et autres griefs qui lui seront reprochés et que les avocats ne manqueront pas de trouver. Cette future plainte rappelle celle sur la diffamation faite, en 2000, contre François Xavier Vershave et l'ONG Survie par les présidents du Gabon, Omar Bongo Ondimba, du Congo, Denis Sassou-Nguesso et du Tchad, Idriss Déby Itno. Les trois chefs d'Etat avaient comme avocat unique, Jacques Vergès, qui leur permit d'avoir gain de cause dans cette affaire. Entre temps, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et la notion même de justice et de droits de l'homme a, beaucoup, évolué de telle sorte que ce qui était possible hier, l'est, nettement, moins de nos jours. Dans tous les cas, la plainte du doyen Obiang va ouvrir une nouvelle page dans cette affaire qui devient juridico-politico-diplomatique.