Altermondialiste.

“Tout homme doit mourir un jour mais toutes les morts n’ont pas la même signification”, confiait Franklin Boukaka, poète engagé du Congo-Brazzaville, dans “Les Immortels”, sa chanson culte sortie en 1967. La disparition de Samir Amin, le 12 août 2018, à l’âge de 87 ans, n’a pas la même signification que celle d’un Mobutu qui possédait villas et voitures dans de nombreux pays pendant que son peuple croupissait dans la misère ; elle n’est pas, aussi, dévastatrice que celle du rebelle, Jonas Savimbi, qui mit son pays, l’Angola, à feu et à sang ; elle fait partie des tragédies qui anéantissent, littéralement, et dont on guérit difficilement. Pour un certain nombre de raisons.