Antonio Guterres.

Depuis le 10 octobre qu'il est interpellé, publiquement, et par voie diplomatique via son représentant sous-régional, Mohamed Ibn Chambas, Antonio Guterres faisait le mort. Jeudi, 22 octobre, il a pondu un communiqué d'une neutralité légendaire dans lequel il se garde de prendre position. Il s'est borné à rappeler ses grands principes onusiens. Douze jours après l'appel au secours formulé par le président, Henri Konan Bédié. Entretemps, on a compté plus de « 50 morts » dont les plus récents sont ceux de Dabou (une dizaine) qu'il évoque dans son message. Disons que c'est une mise en bouche, qui devrait donner de l'appétit au secrétaire général. Le plat de résistance (aloko et poulet DG), c'est pour bientôt. Il sera obligé d'entrer pieds et mains dans la facilitation comme cela lui est demandé par l'opposition.

Président en exercice de la CEDEAO et chef de l'Etat du Ghana, Nana Akufo-Addo a dépêché, dimanche, 18 octobre, dans l'urgence, une mission de deux personnes composée de sa ministre des Affaires étrangères, Shirley Ayorkor Botchwey, et du commissaire des Affaires politiques, Paix et Sécurité de la CEDEAO, le général, Francis Behanzin, dans le cadre de la prévention des conflits. A l'issue de la rencontre avec Henri Konan Bédié et Pascal Affi N'Guessan, dimanche, la ministre aurait déclaré que la situation était encore sous contrôle, en Côte d'Ivoire, malgré quelques agitations, et qu'elle ne nécessitait pas d'intervention extérieure au stade actuel du déroulement de la campagne. C'est une totale méconnaissance de la réalité.

Le chef de l'Etat ghanéen, Nana Akufo-Addo, président en exercice de la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), s'est rendu, dimanche, 11 octobre, à Bamako, où il a expliqué avoir « bon espoir » que les autorités de transition maliennes respecteront leurs engagements. Au Mali, comme on sait, le danger est derrière nous : il n'y a plus d'urgence à courir de ce côté car la transition est, désormais, sur les rails. Là où le feu couve sous les cendres et nécessite une intervention rapide et plus que vigoureuse de la CEDEAO, c'est en Côte d'Ivoire où une périlleuse élection est programmée pour le 31 octobre. Le tenant du pouvoir, Alassane Ouattara dit le « menteur d'Abidjan », veut à tout prix l'organiser pour passer en force et obtenir un 3e mandat que lui interdit la constitution, tandis que l'opposition unie derrière l'ancien président, Henri Konan Bédié, a lancé la désobéissance civile pour l'en empêcher, tant qu'il n'organisera pas une table ronde pour remettre à plat les conditions dans lesquelles cette présidentielle est appelée à se tenir. C'est donc dire qu'il y a, ici, un dialogue de sourds, qui nécessiterait une intervention urgente du président en exercice de la CEDEAO, Nana Akufo-Addo. Mais, on ne l'entend pas. C'est comme s'il évitait de s'attaquer au problème ivoirien à moins qu'il n'attende que plusieurs centaines de morts puissent être comptabilisés avant de réagir. Ou alors, attend-il la survenue d'un coup d'état militaire (comme au Mali d'où il vient) pour imposer des sanctions à la junte qui aura mis toutes les parties ivoiriennes au conflit d'accord. Il faut noter qu'il y a déjà eu une trentaine de morts au lendemain de l'annonce, le 6 août, de la candidature du « menteur d'Abidjan » pour un 3e mandat jugé anticonstitutionnel.

La Côte d'Ivoire est dans l'impasse. Quoi qu'on dise, Alassane Ouattara est coincé. Convoquée pour le 31 octobre, l'élection présidentielle (à laquelle il est candidat) n'aura, sans doute, pas lieu. Et pour cause, l'opposition a engagé, samedi, 10 octobre, ses militants lors d'un giga-meeting tenu au Stade Félix Houphouët-Boigny, à mettre en œuvre, sur toute l'étendue du territoire, la désobéissance civile dont le but est d'empêcher le « menteur d'Abidjan » de briguer un 3e mandat anticonstitutionnel. De son côté, Alassane Ouattara s'est engagé à organiser une élection dans la paix, la sécurité et la totale transparence. C'est donc un dialogue de sourds. Conséquence, la Côte d'Ivoire entre dans une période trouble, incertaine où tout, absolument, tout peut arriver à cause de l'entêtement d'un couple présidentiel qui a du mal à abandonner la jouissance du pouvoir qu'il a occupé (sans partage) pendant dix ans. Le 10 octobre, le président, Henri Konan Bédié, qui a permis, à deux reprises, à Alassane Ouattara de gagner l'élection présidentielle (en 2010 et en 2015), a expliqué pourquoi la présidentielle du 31 octobre ne se tiendra pas. Il a demandé au secrétaire général des Nations-Unies de se saisir du dossier ivoirien avant qu'il ne soit trop tard. Ancien président de la République et patron de la plateforme de l'opposition, il sait de quoi il parle.

Cela a été très facile de détruire la Libye en 2011 et d'assassiner son dirigeant, le colonel, Mu'ammar al Kadhafi, parce qu'on voulait, nous dit-on, y installer la démocratie (occidentale). Aujourd'hui, les assassins du colonel et destructeurs de cet Etat jadis très riche et très prospère, peinent à le remettre sur les rails. Comme quoi, si la CPI (Cour pénale internationale) faisait un travail impartial et digne d'intérêt, elle aurait beaucoup à faire dans ce dossier. Côté occidental bien sûr !

Parmi les principaux pays d'accueil des migrants, très peu devraient être représentés au niveau le plus élevé, à Marrakech, au Maroc. Si la chancelière allemande, Angela Merkel, par exemple, est annoncée, le Français, Emmanuel Macron, sérieusement, embourbé dans des problèmes internes de mal-gouvernance, n'y sera pas, alors qu'il y était aussi annoncé. Toute la semaine dernière, une vidéo a circulé dans les réseaux sociaux en France pour dénoncer la volonté d'Emmanuel Macron (une volonté qu'on lui prêtait) de signer un pacte onusien qui consacrerait l'ouverture des frontières à l'immigration internationale. C'était une Fake News qui a finalement été dénoncée par les autorités françaises, après l'avoir laissé circuler pendant plusieurs jours.

L'idée est géniale. Exemple à suivre, Nelson Mandela inspirera les dirigeants du monde de passage aux Nations-Unies. Le Portugais, Antonio Guterres, son secrétaire général a, en effet, dévoilé, lundi, 24 septembre, une statue du grand homme qui montre que la reconnaissance post-mortem, revient à ceux qui le méritent de leur vivant. On est Grand Homme de son vivant de par ses actions, son œuvre. Un bien fait de son vivant ne s'oublie jamais.

La mission des Casques bleus de l'ONU en Centrafrique "est débordée" et "les menaces contre le personnel du maintien de la paix continuent de s'accroître", a affirmé, jeudi, 21 juin, au Conseil de sécurité, Parfait Onanga-Anyanga, l'émissaire onusien pour ce pays. La difficulté, c'est que les Nations-Unies restent sans solution. C'est comme si elles étaient dépassées par le problème centrafricain.

Le président rdcongolais, Joseph Kabila, traîne les pieds pour quitter le pouvoir. Depuis fin 2016, date à laquelle il aurait dû céder sa place à un chef d'Etat, démocratiquement, élu, il ne cesse d'inventer des raisons pour garder son fauteuil. Il n'a que cure de la mobilisation de l'épiscopat, de la société civile et de l'opposition, qui, ensemble, lui demandent d'organiser la présidentielle sans avoir modifié la constitution, et de prendre une retraite méritée. Après Nikki Haley, l'ambassadrice des Etats-Unis aux Nations-Unies, en 2017, ce sont les patrons, cette fois, des Nations-Unies, Antonio Guterres, et de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, qui sont attendus, à Kinshasa, dans les prochains jours, pour faire entendre raison à Joseph Kabila. Plus l'échéance de décembre 2018 approche, date à laquelle Kabila dit vouloir organiser la présidentielle, plus la pression sur lui devient forte.