Assimi Goïta

La tentative de putsch du 21 décembre dont vient d'être victime la junte, ce mois de décembre, a rappelé qu'il lui était interdit de dormir sur ses lauriers. En arrivant au pouvoir, les militaires étaient portés par une grande aspiration populaire. Plus de quatre mois après, ils bénéficient, toujours, d'un fort crédit au niveau de l'opinion, mais, le coup d'état raté est toutefois là pour montrer qu'au sein même de l'armée, il existe de profonds désaccords.

 

« Le président de la République  confirme  la libération de Soumaïla Cissé et Madame Sophie Pétronin.  Les ex-otages sont en route pour Bamako ». Cette information de la libération du chef de l'opposition malienne, Soumaïla Cissé et de l'humanitaire française, Sophie Pétronin, a été rendue publique, jeudi, 8 octobre, par la présidence malienne. Fortement manipulée par le président ivoirien, Alassane Ouattara, au point de lui faire perdre son crédit auprès de la population, la CEDEAO a, ici, la preuve (par neuf) que le CNSP (Comité national pour le salut du peuple) malien n'a pas pris le pouvoir pour se la couler douce. Ni se remplir les poches comme le pouvoir déchu. En l'espace de deux mois, il a débloqué une situation qui avait dépassé le pouvoir (très démocratique) d'Ibrahim Boubacar Keïta, qui bénéficiait des soutiens de ses partenaires français et des Nations-Unies, avec un résultat à peu près nul.

La pression était à son maximum, exercée, spécialement, par le chef de l'Etat de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, qui, à travers une telle fermeté entend décourager toute possibilité de coup d'état dans son propre pays. Mais, faut-il être absolument le président de transition au Mali pour peser sur la transition ? Que non ! Les militaires reconnaissent d'ailleurs le colonel Bah N'Daw comme l'un des leurs. Le Mali sera un pays dirigé sous une forme collégiale avec comme principale force d'inspiration, le CNSP (Comité national pour le salut du peuple) qui a permis sa libération.