Bozizé

La ballade de François Bozizé en Centrafrique où il voulait prendre le pouvoir, s'est soldée par un échec lamentable aussi bien pour lui-même que pour son commanditaire la France (très officielle), qui la soutenait dans cette entreprise avant de se rétracter après avoir constaté l'impossibilité de la réalisation d'une telle mission.

 

Bras de fer et parties de poker menteur, folles rumeurs et comportements irresponsables, plongent la population centrafricaine, dans le désarroi,  à quelques jours du 1er tour des élections présidentielle et législatives.

 

Le chien aboie la caravane passe. Alors que le Centrafrique est en passe de brûler au point où la MINUSCA a mis tous ses effectifs en alerte maximum, mais aussi, les FACA (Forces armées centrafricaines), le président-sortant, Faustin Archange Touadéra, fait comme si de rien n'était. Il continue, imperturbablement, sa campagne comme si tout allait bien alors que les rebelles sont, déjà, dans les faubourgs de Bangui. Sur qui compte-t-il pour afficher une telle assurance ?

 

Pire, le Centrafrique risque de plonger, à nouveau, dans un conflit militaire interne certain. Et pour cause, le président-sortant, Faustin Archange Touadéra, voulant un passage en force face à des candidats qu'il estime pouvoir battre facilement, il a manoeuvré au niveau de la Cour constitutionnelle pour que la candidature de l'ancien président, François Bozizé, soit invalidée. La seule candidature qui lui faisait peur. Touadéra est donc mauvais joueur. Car François Bozizé était très capable de le battre, sur terrain vert, si sa candidature avait été validée. Nul ne sait si Touadéra a eu ce mauvais conseil de la part de ses amis russes qui s'occupent de sa sécurité rapprochée. Mais, toujours est-il que Bozizé qui s'y connaît en matière de rébellion, s'active pour faire rendre à Touadéra, la monnaie de sa pièce. Bozizé n'est pas seul dans ce défi. Il est soutenu par les Français, mais aussi, par leur agent local, à savoir, le président tchadien, Idriss Déby Itno (qui fut à l'origine de l'éviction de Bozizé du pouvoir en 2013). C'est dire que les temps ont changé et que Faustin Archange Touadéra est d'une nullité incroyable pour se retrouver dans une telle situation aujourd'hui. Sa place, visiblement, n'est pas à la tête de l'Etat, mais, dans un amphithéâtre de l'Université de Bangui.

 

Et si le coup d'état, en Centrafrique, dénoncé par la présidente de la transition, Catherine Samba Panza, s'expliquait par le fait que la justice va bientôt mettre certaines personnes hors course des affaires de l'Etat ?