Burundi

Cela fait près de dix ans qu'il se la coule douce, au sein des arcanes de l'Union africaine (UA), organisation panafricaine où l'éthique n'est pas la principale qualité. L'élection présidentielle en Côte d'Ivoire et en Guinée vient encore de le montrer. Haut représentant de l'UA au Mali et au Sahel, un excellent fromage pour cet ancien faiseur de coups d'état, le général-major, Pierre Buyoya, ancien président du Burundi de son état, vient, très sagement, de démissionner de son poste où il contribuait à salir encore plus l'UA, à cause d'une condamnation par contumace pour ses forfaits passés. Car il faut dire que le brave major, tout haut fonctionnaire de l'UA qu'il était, ne peut pas mettre les pieds dans son Burundi natal de peur de se retrouver en prison.

 

Le Burundi a célébré, vendredi, 26 juin, les obsèques nationales de l'ancien président, Pierre Nkurunziza, décédé subitement le 8 juin, à l'âge de 55 ans. La cérémonie, très émouvante, a été présidée par le nouveau président, le général, Evariste Ndayishimiye, qui lui a rendu un vibrant hommage.

L’Assemblée nationale du Burundi,  a approuvé, mardi, 23 juin, la nomination d'Alain-Guillaume Bunyoni au poste de premier ministre chef du gouvernement. Cette nomination s'est faite sans la présence de la grande majorité des députés des partis d'opposition qui avaient préféré ne pas participer à cette cérémonie de vote. Le promu ne s'est pas taillé une réputation de tendre pendant les 15 années de pouvoir du président, Pierre Nkurunziza.

Comme nous l'avions écrit, récemment, Pierre Nkurunziza, l'ancien président du Burundi et « petit despote de Bujumbura » comme l'avait surnommé Afrique Education, s'en est allé définitivement. Non candidat à sa succession pour un 4e mandat, lors de l'élection présidentielle du 20 mai, il est décédé du Covid-19, le 9 juin dernier. Son successeur, le général, Evariste Ndayishimiye, a prêté serment, jeudi, 18 juin, avec deux mois d'avance sur la date prévue, à cause de ce décès soudain de son prédécesseur. En effet, Pierre Nkurunziza aurait dû quitter le pouvoir le 20 août. Deux mois, plus tôt que prévu, le général prend, donc, en mains, les destinées d'un pays divisé, isolé, appauvri et confronté à plusieurs autres maux.

Comme l'exigeaient les généraux, véritables propriétaires du Burundi, le nouveau président, le général, Evariste Ndayishimiye, qui est un des leurs, sera investi "le plus rapidement possible". C'est la décision prise ce vendredi, 12 juin, par la Cour constitutionnelle du Burundi, à leur demande pressante, après le décès prématuré du président sortant, Pierre Nkurunziza. Si on avait respecté la constitution, le mandat de Pierre Nkurunziza, devrait s'achever le 20 août.

La télévision d'Etat du Burundi ne le dira sans doute jamais. Mais, aujourd'hui, dans l'ensemble du pays, la nouvelle est sur toutes les lèvres : le président, Pierre Nkurunziza, est mort du coronavirus. Ce virus qui avait contraint la première dame, Denise Nkurunziza, à aller, au Kenya, la semaine dernière, pour y suivre des soins anti-Covid-19 appropriés, une maladie qu'elle est en train de braver, contrairement, à son mari dont la situation très conflictuelle entretenue pendant son 3e mandat controversé, fait qu'il ne sortait plus de son pays, même pour aller chez ses voisins immédiats. Pierre Nkurunziza ne s'entendait avec personne.

Ce 9 juin 2020 est un très mauvais jour pour le Burundi. Son président, en fin de mandat (puisqu'un nouveau président vient d'être élu), Pierre Nkurunziza, est décédé, lundi, 8 juin, à l'âge de 55 ans des suites d'un «arrêt cardiaque», annonce, ce mardi, 9 juin, la présidence burundaise dans un communiqué. Cette mort inattendue survient alors que son épouse, Révérende pasteure, Denise Nkurunziza, suit un traitement anti-Covid-19 au Kenya, depuis quelques jours.

On comprend pourquoi la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale) est à des années lumière de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), sur tous les plans. Si la CEDEAO peut obtenir, à peu près, une note de 20/20, cette organisation sous-régionale essayant de fonctionner selon les standards internationaux de démocratie et de droits de l'homme, en Afrique centrale, on en est encore à l'ère des républiques bananières d'Amérique latine. Dès lors, devrait-on s'étonner du satisfecit donné par le secrétaire général de cette institution à la mascarade électorale qui vient d'avoir lieu au Burundi ? Commençons par dire que la CEEAC n'a pas obtenu du pouvoir de Pierre Nkurunziza (le petit despote de Bujumubura) qu'elle observe cette présidentielle pas plus qu'elle n'a autorisé aucune autre organisation internationale à le faire. Seule l'église catholique locale a déployé plus de 2.700 agents électoraux sur le terrain. Ceux-ci n'ont vu que des fraudes majeures. Ces fraudes ont été dénoncées par les candidats de l'opposition comme Agathon Rwasa et la société civile, et continuent à l'être même au sein des églises. Mais, Nkurunziza a déjà signé le décret de sa succession. Ce sera son général et personne d'autre. C'est dans cet élan de désapprobation mondiale et de contestation nationale de ce scrutin que la CEEAC et son secrétaire général, le Tchadien,Ahmad Alam Mi, ont choisi de sortir de leur mutisme habituel pour dire du bien de cette élection qui n'aura été ni vue ni observée. Veut-on que l'Afrique centrale suive le mouvement derrière d'autres organisations comme la CEDEAO ou la SADC quand trônent encore à la tête de telles instances, des individus comme l'ambassadeur Ahmad Alam-Mi ?

Quatre experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) au Burundi, dont son représentant dans le pays, seront expulsés vendredi, 15 mai, a annoncé le ministère burundais des Affaires étrangères. Non contents de faire le jeu des multinationales pharmaceutiques qui ont littéralement pris l'OMS en otage, les employés de cette organisation (devenue mafieuse au plus point) au Burundi ont poussé leur provocation jusqu'à s'ingérer dans les décisions souveraines du Burundi.

La mère des batailles (présidentielle) devrait avoir lieu en mai prochain, si cette date n'est pas modifiée. Elle devrait se tenir en même temps que les élections législatives et municipales, avec un second tour éventuel le 19 juin. C'est donc la grande mobilisation dans le pays où on a même tendance à ignorer l'existence du coronavirus, qui a provoqué le report du deuxième tour des élections municipales en France. Ainsi que le CHAN, la Coupe d'Afrique des nations pour les joueurs locaux, qui a été repoussé à une date ultérieure.

Après avoir réussi à mater son opposition politique et celle à l'intérieur de son parti, le CNDD/FDD, le petit despote de Bujumbura, Pierre Nkurunziza, avait un boulevard devant lui. Car sans opposition digne de son nom, il aurait pu se représenter pour un quatrième, un cinquième, voire, un sixième mandat. Bref, la nouvelle constitution lui garantissait le pouvoir jusqu'en 2034. L'un de ses principaux conseillers en la matière, le Congolais, Denis Sassou-Nguesso, avait financé sa campagne, il y a trois ans, pour briguer un troisième mandat qui lui était interdit. Par la suite, il continuait d'oeuvrer, à ses côtés, pour qu'il reste, plus longtemps, au pouvoir au Burundi, comme lui-même tente de le faire au Congo-Brazzaville, malgré l'exaspération de l'opposition et de la société civile. Mais, contre toute attente, Nkurunziza a choisi de jeter l'éponge. Pourquoi ? Pour sa succession, plusieurs noms circulaient mais c’est celui du secrétaire général du parti qui a été retenu. Ainsi, le général, Evariste Ndayishimiye, essayera de succéder au président sortant, Pierre Nkurunziza, lors de la présidentielle du 20 mai prochain.

A la demande du président, Pierre Nkurunziza, la justice burundaise a ordonné la saisie des biens notamment immobiliers d’une trentaine d'opposants en exil et de neuf militaires condamnés à la perpétuité pour leur participation au coup d'état de 2015. Le « petit despote de Bujumbura » commence-t-il à préparer la présidentielle de 2020 en désorientant l'attention de l'opinion publique ?

Depuis que le général-major, Pierre Buyoya, est devenu une personnalité recommandable au point de travailler pour la paix pour le compte des Nations-Unies ou de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), il aurait bien souhaité que la page de sa vie d'ancien putschiste soit, complètement, effacée de sa biographie. Que non ! Le major a été un distingué déstabilisateur de son pays, le Burundi, pendant plusieurs années. Sa soif pour le pouvoir a causé la mort de beaucoup de Burundais. Maintenant que le petit despote de Bujumbura, Pierre Nkurunziza, le lui rappelle, il pique une crise hystérique, comme si le pouvoir de Bujumbura avait travesti la vérité. Doublement que non ! Le major, aujourd'hui, est, toujours, en costume cravate bien soigné. Il est devenu un faiseur de paix. Excellente reconversion après avoir participé à la mort de 300.000 Burundais. Malheureusement, pour lui, Nkurunziza n'est pas d'accord.

Président du Burundi jusqu'en 2034, au moins, Pierre Nkurunziza a annoncé, jeudi, 7 juin, qu'il ne sera pas candidat à sa succession en 2020. C'est une surprise de taille pour ceux qui croient encore à sa parole dont la dévaluation est inversement proportionnelle à la catastrophique situation économique actuelle du Burundi. Le pays vient d'adopter une nouvelle constitution qui fait de lui un président à vie. Rien de moins. Une constitution qui est le fait de sa seule et unique volonté. Après l'avoir votée, de peur de coaliser les mécontentements sur le plan international, il commence à mentir, à nouveau. La seule chose qu'il sache faire. Car le mensonge est une spécialité de Pierre Nkurunziza, qui se dit, par ailleurs, pasteur de la secte religieuse « Born Again ». Il avait, déjà, trompé le Conseil de sécurité des Nations-Unies, qu'il n'allait pas se présenter pour un troisième mandat, en 2015. Mais, il s'est représenté malgré le tollé général suscité y compris dans son propre parti, le CNDD-FDD, et a signé sa réélection au terme d'une parodie d'élection qui ne laissa aucune chance à aucun de ses adversaires. Nkurunziza est un très (très) gros menteur  à ne jamais prendre au sérieux.

Sans surprise, les Burundais ont, largement, approuvé, par référendum, une réforme de la Constitution qui va permettre au président, Pierre Nkurunziza, de rester en poste jusqu'en 2034, selon les résultats provisoires qui vont, sans aucun doute, être confirmés. En fait de 2034, il s'agit d'une présidence à vie qui ne dit pas son nom car Nkurunziza, le moment venu, pourra, à nouveau, changer la constitution pour proroger son bail à la tête de l'Etat. Le Burundi revêt, donc, aujourd'hui, les attributs d'un royaume. En effet, le « très populaire président africain du Burundi » a, définitivement, enterré les Accords d'Arusha, qui régissaient le vivre-ensemble entre Burundais. Qu'on ne s'étonne, donc, pas si le pays renouait avec son cycle d'instabilité passé. Car tel que c'est parti, seule la force des armes pourra régler le problème. Fini le dialogue si dialogue il y a réellement eu. L'opposition de ce pays doit se demander, légitimement, le sens à donner à l'expression « Communauté internationale », c'est-à-dire, Nations-Unies, Union africaine, Etats-Unis, France, Belgique, etc.

La coalition d'indépendants Amizero y'Abarundi (Espoir des Burundais) a annoncé, samedi, 19 mai, qu'elle ne reconnaissait pas les résultats du référendum constitutionnel de jeudi au Burundi, qui doivent permettre au président, Pierre Nkurunziza, de rester en poste, au moins, jusqu’en 2034. De manière générale, pour l'opposition, c'est Niet !

Bien qu'il ait réussi à museler tous les partis politiques du Burundi, la société civile et les médias indépendants, le président, Pierre Nkurunziza, n'est pas rassuré d'obtenir le jackpot, lors du référendum du 17 mai. Un scrutin pour le moins très contesté qui devrait lui ouvrir la porte d'une présidence à vie à la tête du Burundi. Pourtant, les partisans du Non ont été empêchés de faire campagne. Leur vie ayant été mise sur la balance, beaucoup ont dû renoncer à faire des meetings. Dans tous les cas, le climat politique dans le pays est électrique. Et personne ne sait, à commencer par Nkurunziza lui-même, de quoi le Burundi sera fait, après ce référendum très contesté.

Le président du Burundi, Pierre Nkurunziza, a signé, lundi, 23 avril, un décret portant ouverture de la campagne électorale pour le référendum constitutionnel burundais du 17 mai prochain. Quand le Burundi plongera-t-il dans l'abîme car ce n'est qu'une question de temps maintenant ? Avec ce référendum, Pierre Nkurunziza ne fait qu'enfoncer son pays, encore plus, dans une crise qu'il a créée de toutes pièces. En effet, en se représentant, en 2015, pour avoir un troisième mandat qui lui était, formellement, interdit, non seulement, par les Accords d'Arusha, mais aussi, par la constitution, il faisait valoir une lecture bien personnelle de ces Accords et indiquait à qui voulait l'entendre que c'est au terme de son troisième mandat qu'il quittera la présidence de la République. Mais l'appétit venu en mangeant, il a pris goût à la fonction et c'est la constitution qu'il va, maintenant, « déformer » pour rester au pouvoir, au moins, jusqu'en 2034, alors que le pays qu'il préside est, déjà, sur le ban de la communauté internationale. Totalement isolé, Nkurunziza a la phobie du coup d'état. Résultat, il ne sort plus du Burundi depuis trois ans, et ce sera le cas aussi longtemps qu'il restera président du Burundi dans les conditions actuelles. Son maintien forcé à la tête du pays est condamné par les Nations-Unies, l'Union africaine, la Francophonie et les grands partenaires bilatéraux occidentaux. Seules la Chine et la Russie lui trouvent des circonstances atténuantes, au nom de leur politique extérieure qui est fondée sur le principe de la non-ingérence dans les affaires d'un autre Etat.

On ne s'attendait pas au limogeage de quatre ministres, et non des moindres, juste un mois avant le référendum constitutionnel du 17 mai prochain qui va faire de Pierre Nkurunziza un président à vie. On pensait que Nkurunziza et ses 20 ministres formaient un bloc de granit, bien soudé à toute épreuve, pour affronter n'importe quel danger. C'est l'impression qui a, toujours, été affichée. Mais voilà que la façade de l'édifice se lézarde au point où de l'extérieur, on voit, aisément, les faiblesses du système.

Pierre Nkurunziza est devenu grave. Les décisions qu'il prend, depuis trois ans qu'il a plongé le pays dans une situation de crise irréversible, permettent de se demander s'il est, encore, en possession de toutes ses facultés d'homme ? Le 19 avril, dans un communiqué cosigné par les ministres de l'Intérieur et de la Formation patriotique, des Affaires sociales et des Droits de la personne humaine, et de la Sécurité publique, les personnes mendiantes sont, désormais, "sommées de quitter les rues", sous peine d'internement. C'est une mesure qui se passe de commentaire au regard de la très grande misère qui prévaut au Burundi à cause justement de la mal-gouvernance de Nkurunziza.