Côte d'Ivoire

Parce que, pour eux, “l’art n’est pas une réjouissance solitaire [mais] un moyen d’émouvoir le plus grand nombre d’hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes”, parce qu’ils partagent l’idée selon laquelle l’artiste “ne peut se mettre au service de ceux qui font l’histoire [mais] il est au service de ceux qui la subissent”, parce qu’ils “croient que “la noblesse de [leur] métier s’enracinera toujours dans deux engagements difficiles à maintenir : le refus de mentir sur ce que l’on sait et la résistance à l’oppression” (Albert Camus, discours du 10 décembre 1957 à l’Hôtel de Ville de Stockholm), Yodé et Siro ne pouvaient pas ne pas rappeler, lors de leur concert du 29 novembre 2020, à Yopougon, que le président du RDR ne respecte pas la loi, que Richard Adou est le procureur d’un seul camp, qu’un mort, c’est un mort et qu’il ne sert à rien de “chercher les petits Baoulés dans les villages pendant que les gens sont ici avec des machettes et qu’ils sont bien identifiés”.

Le numéro double 492-493 de décembre 2020-janvier 2021 d'Afrique Education est disponible chez vos marchands de journaux. Depuis avril, le confinement nous freine, et beaucoup même, mais il ne nous empêche pas de mettre votre magazine à votre disposition. En temps et en heure. Malgré les difficultés, nous plions mais nous ne rompons pas. Inch'Allah nous sommes et serons sur le marché pour vous informer toute l'année 2021, comme il se doit, avec des analyses qui font parfois froid au dos et que vous ne trouvez nulle part ailleurs. Nous ne roulons pour personne, sinon, pour l'Afrique et les Africains.

 

Apprendre que “le mot d’ordre de désobéissance civile lancé par Bédié est et demeure en vigueur” (Valentin Kouassi, président de la Jeunesse du Parti démocratique de Côte d’Ivoire) et que, pour le président du PDCI, “il n’est pas possible de continuer le dialogue politique sans la libération des militants incarcérés, la levée du blocus autour des résidences de certains et le retour sécurisé de ceux qui ont été forcés de fuir à l’étranger”, a probablement mis du baume dans le cœur de ceux qui pensaient que le CNT (Conseil national de transition) était mort et que ses initiateurs étaient sur le point de reconnaître Ouattara comme vainqueur de la fausse élection du 31 octobre 2020. Peut-on pour autant affirmer que la méfiance et la suspicion ont complètement disparu ? Rien n’est moins sûr au regard de certains propos du numéro 1 du PDCI.

 

Il s'agit des sénateurs PDCI, Séri Bi Guessan, Bassy Koffi Bernard et Valérie Yapo, qui ont été libérés, de la MACA, dans la nuit du 25 au 26 novembre. Il faut rappeler que ces sénateurs étaient enfermés dans la prison d'Abidjan, depuis le 3 novembre, sans levée préalable de leur immunité parlementaire. Ce qui montre que la Côte d'Ivoire du « menteur d'Abidjan » est tout sauf un état de droit. Tout se fait à la tête du client. Pendant ce temps, les députés de l'opposition arrêtés au même moment, croupissent, toujours, en prison, avec une autre quinzaine de responsables de l'opposition et de la société civile. Qui a dit que "le menteur suprême" voulait la paix ?

 

Que le président français se soit rallié à l’idée que Dramane Ouattara voulait partir du pouvoir mais qu’il a décidé de se représenter pour la seconde fois par devoir, qu’il l’ait félicité ensuite pour sa “réélection” ne peut choquer que ceux qui ont déjà oublié que ce dernier fut installé au pouvoir en avril 2011 par le voyou et inculte Nicolas Sarkozy à coups de bombes qui firent des milliers de morts et de blessés graves. C’est l’inverse, c’est-à-dire, la condamnation du viol de la Constitution ivoirienne par celui qui est censé la protéger, qui eût surpris.

 

La politique de la France sur les statistiques ethniques ne permet pas de dire combien il existe d'Africains-Français qui votent en France. Car au regard de la constitution française, un Français est un Français qu'il soit de souche, d'origine ou par le lien du mariage. La devise (liberté, égalité, fraternité) le prouve. Cela dit, sur les 48 millions de Français en âge de voter, plus ou moins, un bon dixième est d'origine africaine, l'Afrique vue ici au sens large avec les trois pays du Maghreb qui apportent le plus gros bataillon d'électeurs. Mais, tout compte fait (et en excluant les Africains-Français originaires des Antilles et dont les modes de pensée ne sont pas éloignés de ceux de leurs frères qui viennent du continent noir, on n'est pas loin du million.

 

Ce n'est pas Afrique Education qui a inventé le chiffre de 8%. Validé par les Occidentaux (la France en tête et repris par la presse française), ce taux est celui du nombre de votants ivoiriens, et non les 53% de la CEI (aux ordres) que préside Ibrahime Coulibaly. De la pure rigolade car personne ne sait où il est parti chercher ces 53%. Autrement dit, « le menteur d'Abidjan » n'a pas grand monde qui le soutient en Côte d'Ivoire même s'il jure que si l'opposition unie avait permis le vote, il aurait obtenu beaucoup plus de votants. Peut-être. Mais, la réalité d'aujourd'hui est que pas grand-monde l'a élu.

 

Pendant que le « menteur permanent » a rendu la Côte d'Ivoire en cessation de paiement (https://afriqueeducation.com/politique/l_appel_d_abidjan_jour_j_2_pour_prendre_le_palais_pr_sidentiel_ouattara_l_usurpateur_la_c) à cause de ses folles dépenses électorales, la CPI, elle, ne s'est pas désintéressée des massacres qui sont perpétrés par le régime de l'ancien président Ouattara, depuis plusieurs semaines. Si Photocopie reçoit les ordres de son frère Ouattara, ceux-ci sont mis en œuvre par le général, Youssouf Kouyaté, dont le dossier est, déjà, quasiment, complet à la CPI. C'est le premier sécurocrate du « menteur permanent » à vraiment s'inquiéter de ce qui pourra lui arriver prochainement.

 

Le compte à rebours commence à tirer à sa fin. La Côte d'Ivoire est à deux jours du rassemblement à Abidjan (L'Appel d'Abidjan) qui va permettre aux Ivoiriens et aux amis de la Côte d'Ivoire de MARCHER, les mains nues, sur le palais présidentiel où l'imposteur Ouattara continue de résider alors que son mandat, au regard de la constitution, a pris fin le 31 octobre 2020. En convoquant un Conseil politique du RHDP, mardi, 17 novembre, « le menteur d'Abidjan » cherche à mobiliser, dans son camp, pour sauver sa tête.

 

 

C'est vendredi, 20 novembre, que les Ivoiriens (mais aussi les amis de la Côte d'Ivoire) se donnent rendez-vous, à Abidjan, pour MARCHER sur le palais présidentiel où continue de se réfugier l'ancien président Ouattara alors qu'il n'a plus le droit d'y être depuis le 31 octobre. Après avoir effectué ses deux mandats de 5 ans, la constitution lui impose de passer la main. L'opposition unie et l'armée que le peuple ivoirien a appelées pour le faire partir, n'ayant pas été à la hauteur, le peuple entend se charger lui-même de cette question.

 

 

La désobéissance civile de ce lundi, 16 novembre, a connu un grand succès sur l'ensemble du territoire où beaucoup d'activités étaient paralysées. Plus la peine de vous conter les voitures brûlées, les routes barrées par des arbres coupés et l'incendie de certains édifices publics. En effet, ceci fait partie du lot quotidien de la désobéissance civile. Ce qui est, par contre, nouveau alors que le bras de fer durcit entre l'ancien président Ouattara et le président du Conseil national de transition (CNT) et du PDCI, Henri Konan Bédié, c'est la fermeté de ce dernier conformément aux vœux des militants de l'opposition qui ont juré d'en découdre avec « le menteur d'Abidjan » dont ils ont marre. Voilà pourquoi le président du CNT et du PDCI a cru bon réunir, en sa résidence, cet après-midi, l'opposition unie pour la remobiliser et lui donner de nouvelles consignes. Pour le président du CNT et du PDCI, la désobéissance civile (en marche) effraie le pouvoir, et le fera s'asseoir à la table de négociations sous l'égide de facilitateurs neutres et crédibles.

 

L'opposition unie a prescrit la poursuite de la désobéissance civile, après la rencontre du président du Conseil national de transition (CNT) et du PDCI, Henri Konan Bédié, avec l'ancien président Ouattara, au Golf Hôtel. Elle est même allée jusqu'à solliciter la « montée en puissance » de cette mobilisation en toute responsabilité des militants de l'opposition, « dans la paix » et avec « détermination ». Comme lundi, 9 novembre, où la Côte d'Ivoire fut paralysée dans tous ses compartiments, la manifestation de ce lundi, 16 novembre, entend récidiver et figer l'ensemble du pays avec zéro activité. Pour cela, l'opposition unie fait circuler le mode d'emploi ou des recommandations utiles, à travers les réseaux sociaux et les organes d'information indépendants.

 

L'ancien président Ouattara fait tout ce qu'il peut pour ne pas être lâché par un pouvoir qui ne veut plus de lui. Vendredi, 13 novembre, la RTI, (la télévision aux ordres) a consacré la moitié de son journal de 20 h à écouter les balivernes du président de la Commission électorale indépendante, Ibrahime Coulibaly, qui a expliqué comment il a pu ressortir le chiffre de 53% de votants alors que les observateurs les plus neutres ont constaté que moins de 10% d'Ivoiriens avaient, effectivement, voté. De la sorcellerie pure et simple.

 

L'ancien président Ouattara suit son plan arrêté de longue date, à savoir, forcer la tenue de l'élection présidentielle par tous les moyens et la gagner, ensuite, faire un semblant de dialogue national, enfin, former un gouvernement d'union. C'est ce qu'il essaie de faire actuellement. Sauf qu'il n'est plus reconnu comme étant le président de la République de Côte d'Ivoire. L'opposition unie (à commencer par le président du Conseil national de transition, Henri Konan Bédié, l'appelle « Monsieur Alassane Ouattara » et non le président Alassane Ouattara). « Le menteur d'Abidjan » cherche, par conséquent, à diviser l'opposition en lançant des cacahuètes par terre à tel leader de l'opposition, quelques miettes de thon à tel autre, des grains de maïs à tel autre encore. Bref, tout est fait selon ses humeurs. Ouattara doit, une fois pour toutes, savoir qu'il n'arrivera pas, cette fois, à diviser l'opposition unie. Il va quitter le pouvoir parce qu'il n'a pas droit à un 3e mandat. Toute l'opposition, Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo en tête, oeuvrent pour l'organisation d'une nouvelle élection présidentielle inclusive.

Essayant de gagner du temps pour affaiblir l'opposition, ayant corrompu les généraux et les colonels de l'armée qui viennent de percevoir, avant le 31 octobre, la bagatelle de 18 milliards de F CFA pour le soutenir dans sa volonté de se cramponner au pouvoir, le peuple, lui, dit Non à un 3e mandat. Et s'organise pour le déloger du palais présidentiel le 20 novembre prochain.

Le mot d'ordre est clair : qu'ils soient du Nord, du Centre, de l'Est, du Sud, de l'Ouest ou de la ville d'Abidjan, tous les Ivoiriens sont invités à MARCHER sur le Palais présidentiel le 20 novembre 2020. Objectif : déloger Ouattara s'il n'aura pas encore fui le pays.

Cette démarche suprêmement citoyenne n'empêche pas l'opposition unie de dérouler son propre plan de dialogue avec le satrape. Voici la déclaration conjointe du PDCI et du FPI relative au dialogue politique, qui nécessite la nomination d'un FACILITATEUR accepté par l'opposition.

 

« A sa demande, j'ai accepté ce mercredi, 11 novembre 2020, de rencontrer Alassane Ouattara au nom de toutes les plateformes politiques de l'opposition. J'étais, pour cette occasion, accompagné du vice-président du PDCI-RDA, le général, Gaston Ouassenan Koné. Lors de cet entretien, il a principalement été question de la préservation de la paix en Côte d'Ivoire. Nous avons convenu de nous revoir prochainement.

Avant cette nouvelle rencontre, il semble indispensable, pour les plateformes politiques de l'opposition, de faire le point sur leurs attentes et leur vision de l'avenir. Je les invite à cet effet à une rencontre, le vendredi, 13 novembre 2020, à 12 h » (fin du court message publié par le président du Conseil national de transition (CNT) et du PDCI, Henri Konan Bédié, quelque temps après sa rencontre-surprise avec l'ancien président Ouattara, au Golf Hôtel).

 

 

« Le menteur d'Abidjan » sait tellement mentir qu'à l'écouter, on pourrait penser, réellement, qu'il appelle, de tout cœur, son « aîné », Henri Konan Bédié, à un dialogue « franc » et c'est ce dernier qui refuse. Que nenni ! « Le menteur suprême » ment tellement qu'il oublie que la Côte d'Ivoire a toujours observé ses faits et gestes. Dans le communiqué ci-dessous signé du professeur, Niamkey Koffi, secrétaire exécutif par intérim du PDCI (le titulaire de la fonction le professeur Maurice Kakou Guikahué ayant été mis en prison par Ouattara), le lecteur peut, aisément, se faire sa propre religion sur la personne du « menteur permanent » et sa façon de concevoir des relations.

 

Ceci n'est plus à démontrer : Antonio Guterres et les Nations-Unies soutiennent « le menteur d'Abidjan ». Il en est de même de l'Union africaine et Moussa Faki Mahamat dont la démission est demandée pour partialité flagrante dans le dossier Côte d'Ivoire. Il en est aussi de la CEDEAO dont le président en exercice, le Ghanéen, Nana Akufo Addo, est le première personnalité au monde à féliciter l'ancien président Ouattara pour sa « brillante » réélection. La campagne présidentielle du président ghanéen avait été financée par « le menteur permanent ». Tous ces organismes ont vu Ouattara piétiner la constitution de son pays pour se représenter et n'ont rien dit malgré l'appel au secours de l'opposition unie. L'élection du 31 octobre a eu lieu au prix d'une centaine de morts et de beaucoup de biens détruits. Résultat, 8% des électeurs ont pu voter, un scrutin que ne reconnaît aucun Ivoirien normalement constitué et encore moins l'opposition. D'où la création du Conseil national de transition (CNT) qui est la conséquence de ce bras de fer entre Ouattara et l'opposition. Cette situation donne lieu à un génocide qui vient et s'annonce au vu et au su de tous. Personne ne devra dire, je ne savais pas.

 

D’abord, sa candidature était anticonstitutionnelle ; ensuite, 8% fut le taux de participation à cette fausse élection au cours de laquelle il ne se priva même pas de tricher et de bourrer les urnes. Quelques jours plus tard, comme s’il fallait afficher plus de cruauté et d’arbitraire, il fit encercler les domiciles de certains opposants, fit enlever d’autres pour les faire torturer dans des lieux secrets avant de se faire proclamer vainqueur par un Conseil constitutionnel godillot. Et c’est cet homme allergique au respect de la loi qui ose appeler au dialogue ! Et c’est avec ce sosie d’Arnaud du Tilh qui fit croire pendant 8 ans qu’il était Martin Guerre tenu pour mort (cf. Pierre Lunel, ‘Les plus grands escrocs de l’Histoire’, Editions First, 2015) que les adeptes d’un certain ordre constitutionnel voudraient que nous discutions ! Mais ces derniers, où étaient-ils quand Ouattara violait la Constitution ivoirienne et reniait sa promesse de ne pas briguer un troisième mandat ? Que lui dirent-ils à ce moment-là ?

 

« Je voudrais rappeler que la Côte d’Ivoire revient de loin, après la crise post-électorale de 2010 - 2011, et nous ne pouvons accepter de la voir reculer. C’est pourquoi, je demande à la plateforme politique qui a choisi d’agir en dehors de l’ordre constitutionnel de mettre un terme définitif à ses initiatives ». Voilà la substance du message lu hier, lundi, 9 novembre, au journal de 20 h GMT de la télévision ivoirienne par le « menteur permanent », quelques heures après la validation de sa fraude électorale par le Conseil constitutionnel (à ses ordres).

 

C'est la première fois, depuis plusieurs années, qu'on voit la Côte d'Ivoire dans cet état. Où rien ne fonctionne car pays bloqué. Pour répondre à l'arrestation des leaders de l'opposition unie et au placement en résidence surveillée du président du Conseil national de transition (CNT) et du PDCI, Henri Konan Bédié, et d'autres responsables de l'opposition, à force d'être moquée dans les réseaux sociaux par les jeunes burkinabé qui affirment que le supplice que l'ancien président Ouattara fait endurer au peuple de Côte d'Ivoire, est, tout simplement, impossible et inimaginable dans leur pays, la jeunesse ivoirienne a décidé de prendre son destin en main, en paralysant purement et simplement, l'ensemble de la Côte d'Ivoire, depuis ce lundi, 9 novembre et ce, jusqu'au départ du « menteur permanent », jure-t-elle. La première journée de blocus connaît un succès total. Il n'y a rien à redire. Même la proclamation de la victoire du « menteur » par le Conseil constitutionnel, ce jour, s'est déroulée dans une indifférence totale, dans une salle quasi-vide (puisque les manifestants avaient menacé d'incendier les voitures de ceux qui s'aventureraient dehors).